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Sujet
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L’année du bac … Et après?
Nelly Messonier, seynoise, lycéenne à Beaussier. Première partie du bac en poche. Une élève brillante. Les vacances scolaires, avant la terminale. Bien sûr la plage des Sablettes. baignades et pivolos, les copains les copines, la pizza sur le pouce , les parties de volley, courses de pédalos, ballades en périssoire. Soirées danse et musique au Miramar ou au Tamtam; ils ont beaucoup flirté aussi, à fleurets mouchetés. Enfin pour la plupart. La bronzette et les coups de soleil: La totale.
Pour elle tout a commencé au Tamtam fin septembre, ce garçon empressé, qui dansait comme un ange. Elle n’a pas très bien su pourquoi elle lui a demandé de la raccompagner, laissant là les copines. Pourquoi elle s’est trouvée les pieds nus sur le sable, que tout a basculé comme dans un nuage. S’en est fallu d’un fil et elle a eu très peur: non, pas comme ça, mais une fois rentrée, elle était décidée, ce serait avec lui. Sa première fois, préparée avec soin, une attente patiente, souvenir ébloui, début d’une romance. Ils s’étaient bien trouvés et bien organisés, comme de vieux routiers. Enfin surtout elle, il manquait de métier. Élèves studieux, objectif après bac, ils ont potassé dur pour assurer et affiné leur relation.
Elle s’en tire avec la mention bien. Qu’a-t-on prévu pour elle?
Ce sera la fac de droit à Aix, sur dossier. Et lui, Tony, il a passé et réussi le concours pour les Arts et Métiers à Paris. Ils profitent des vacances pour obtenir leur permis B, puisqu’ils ont l’age requis. Il va falloir bientôt se séparer. Dur, dur, mais cap sur l’avenir. Ils ont des ambitions. Elle vise la robe d’avocate et lui ingé en compta gestion. Leur histoire ne devrait pas s’arrêter là. Déjà, sans se l’avouer, elle a des projets où il est toujours présent. Amoureuse, amoureuse. Pas au point de se confier à sa mère, qui, fine mouche, a fini par deviner que sa fille unique avait grandi. Fais très attention, a-t-elle soufflé, et c’est elle qui lui fournit les plaquettes qui évitent le miracle de l’immaculée conception.
Ses parents tiennent un commerce en bas du Cours Louis Blanc à La Seyne – mercerie confection- qui marche bien, avec deux employées. Donc pas de problème, ils lui loueront un studio à Aix. Merci Papa, merci Maman. Elle pourra rentrer tous les week-ends. Mais lui, Paris c’est loin, et elle a cru comprendre que ses parents a lui, sans être vraiment gênés, malgré son statut de fils unique, auraient quelque difficulté à lui assurer logement et entretenir là-haut.
Octobre, le mois de transition. Installation d’abord, surtout trouver ses marques: la fac ce n’est plus le lycée. Ils s’écrivent beaucoup, échangent des mots doux, érotisent leurs lettres, usant de mots tabous: elle a écrit je t’aime. Noir sur blanc des je t’aime. En deux semaines elle s’est bien intégrée dans le campus. Lui, ça a l’air plus hard, le milieu est nettement moins favorable question logement, et l’année de prépa, ce ne sera pas de la tarte.
Une embellie en décembre: au premier jour des vacances, il l’a rejointe à Aix. Pour deux jours. Ils n’ont quitté le studio que pour ne pas mourir de faim. Après, retour à Paname pour son Tony: il a pris un job étudiant pour les fêtes. Bien rémunéré et ce n’est pas du luxe.
La voilà à fond dans son cursus, hyper motivée. D’un commun accord, leurs échanges épistolaires deviennent hebdomadaires.
Les vacances de Pâques sont pour bientôt. Tiens, elle n’a pas eu de courrier cette semaine. C’est sûr, il veut lui faire surprise et la rejoindre à Aix comme à Noël. Mais non, pas de Tony et pas de mot. Elle le relance sans obtenir de réponse, puis lassée et vaguement inquiète, elle rentre chez ses parents à La Seyne… Il ne donnera pas signe de vie pendant les vacances. Elle lui écrira sans avoir de retour. Elle voudrait bien en avoir le cœur net , mais se heurte au choix fait de garder leur histoire secrète. Elle n’est jamais allée chez lui, n’a même pas son adresse au col d’Artaud, le domicile de ses parents, pourtant pas très loin de chez elle.
Elle se fait un sang d’encre, puis le doute s’installe, corroboré pas ses lettres retournées par la poste avec la mention: n’habite pas à l’adresse indiquée. Elle terminera son année de fac en proie à la plus amères des désillusions: c’est toujours silence radio. Malheureuse comme les pierres, déprimée, touchée au plus profond. Elle a envie de tout laisser tomber. Juillet venu, elle reprend contact avec les copains de lycée, demande des nouvelles. C’est le coup de grâce: L’un d’eux pense l’avoir aperçu à Toulon fin juin. Elle en conclut amèrement qu’il ne veut plus d’elle.
Est-ce vraiment le cas ?(A suivre)
Parceval
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