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Le chaton
Il est arrivé un matin, sans bruit, comme une idée douce qu’on n’ose pas chasser. À peine entrouvris-je la porte qu’il était là, roulé sur lui-même, un souffle chaud tapi dans l’ombre du seuil. Ses yeux, d’un vert liquide, me regardaient sans chercher d’explication. Ils m’avaient choisi.
Le chaton était d’une beauté étrange, presque dessinée. Sa queue et ses oreilles étaient d’un brun profond, une encre tombée sur la soie. Mais son corps, lui, portait un dégradé lumineux : du marron clair caressé par le jour, qui s’estompait lentement vers les pattes, comme si l’aube avait glissé sur lui sans jamais s’effacer.
Quand il s’étirait, c’était un tableau mouvant. Ses mouvements avaient cette lenteur des choses qui n’ont rien à prouver. Il ronronnait avec assurance, comme s’il savait que le monde, pour un instant, tournait autour de lui. Il n’avait pas de collier, pas de nom, mais il avait cette évidence que seuls les êtres libres savent porter.
Je ne l’ai pas adopté. Il m’a accueilli dans son monde fait d’ombres douces et de soleils tamisés. Depuis, il habite mes matins, mes silences, et chaque recoin du parquet où il laisse le rêve d’un satin froissé.
Charef Berkani
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