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Sujet
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La roche s’effrite sous le poids de son âge
Et laisse percevoir ses mémoiresÇa et là
Des coquillages fossilisés émergent en souvenir
Par endroit même
D’anciennes trace de pas de dinosaures
Me font me sentir petitJ’aime la chaleur douce qui transpire de ce calcaire pâle
En y prêtant attention
Je crois qu’ici
La lune vit un peu
On y trouve le même éclat
Le même hallo mystérieux
La même présencePourquoi suis-je touché par ces bouts de roches ?
Je crois que mon âme s’est abreuvée au lait de pierre
Qui suinte en poésie dans les grottes les plus sombres
Certains le nomme stalactite ou stalagmite
Moi je connais dans ces formes l’allaitement de Vénus
Ma roche mèreParfois je m’allonge sur les langues de pierre de cette vieille montagne
L’odeur minéral s’invite ainsi à mes narines
Et dans ces instants je comprends l’éternitéPuis petit à petit
Je m’aperçois que je ne suis plus humainNon
Je suis golem
On a créé mon corps et mon esprit dans l’argiles roses des ruisseaux
La pluie le vent et le froid ont sculpté mes reliefs
Puis la vie m’a englouti
Ma peau s’est tatoué
De lichens de mousses de fleurs d’arbres de papillons
Dans mon ventre ont germés
Les serpents les lézards les salamandres
Dans les failles de mon crâne les rêves ont pris vie
Des nids des vols oubliés des cris de joies
Mon souffle s’est habité
Du brâme du cerf
Du cri du lynx
Du hurlement du loup
Et dans mes songes les plus sincères
Il manque encore une patte
Une trace dans ma chair
Le coeur de ces ancêtres batait avec le mien
Dans ces cavernes dans ces nuits
Je t’attends ours brun
Frère de pierre gardien de la poésie
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