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Le murmure qui brûle

  • Ce sujet contient 8 réponses, 8 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par ahmed kristou, le 20-12-2025 15:17.
  • Créateur
    Sujet
  • #2724376
    CHAREF
      • Sujet: 527
      • Réponses: 3389

      [center]

      Le murmure qui brûle

      Je parle en son secret, sous l’ombre qui murmure,
      Car c’est son cœur, en moi, qui cherche sa brûlure.
      Elle aurait tant voulu confier aux nuits d’hiver
      Ce feu doux qu’elle tait, par pudeur, par mystère.

      Je regarde la flamme et j’entends ses pensées,
      Ses frissons retenus, ses élans nuancés.
      Elle aurait voulu, elle, au bras de ma nuit,
      Reposer comme un souffle au velours de l’ennui.

      La cire qui s’écoule est le chant de sa peur :
      Craindre de trop aimer, d’en brûler sa pudeur.
      Pourtant, chaque lueur révèle en son éclat
      Cette femme de nuit que le jour ne voit pas.

      Et lorsque l’aube approche, avec ses doigts timides,
      Je sens son âme encore offrir des feux perfides ;
      Elle brûle en silence au secret de mon corps,
      Et me parle d’amour que ma voix livre à tort.

      Copyright©2025 Charef Berkani
      [/center]
      Monologue nocturne
      Je te regarde brûler, ma douce lumière, et j’entends dans ta flamme le murmure qu’elle aurait aimé me confier. Ce n’est pas ma voix qui parle vraiment, c’est la sienne, cachée derrière mes mots. Elle dirait que la nuit la touche là où personne ne voit, avec cette tendresse qu’elle refuse d’avouer en plein jour.

      Le chat repose contre toi comme elle aurait voulu reposer contre moi : tranquille, offerte, silencieuse, enveloppée d’une chaleur qu’elle cherche depuis trop longtemps. Dans le velours de son pelage, je sens son désir discret, ce désir qu’elle porte, elle, sans jamais oser le nommer.

      Tu te consumes lentement, comme si tu comprenais sa manière d’aimer : donner toute sa lumière en tremblant, répandre sa chaleur en ayant peur qu’on la remarque. Elle aussi se consume en secret, mais elle a appris à cacher ses flammes sous une pudeur qui n’appartient qu’aux femmes qui aiment trop.

      Parfois, j’aimerais poser ma main sur ton corps brûlant, juste pour sentir ce qu’elle ne dit pas. Je crois qu’elle aurait voulu que je l’effleure ainsi : doucement, sans mots, comme une peau qu’on devine avant de la toucher vraiment.

      Chaque goutte de cire, je la vois couler comme une confidence qu’elle laisserait tomber dans mes bras s’il faisait entièrement nuit. Elle aurait aimé se fondre contre moi, comme toi tu te livres à la nuit, sans rien garder.

      Et quand l’aube approche, je sens en moi la peur qu’elle ressent toujours : celle d’aimer assez pour durer, mais jamais assez pour retenir. Elle m’a confié, sans parler, que les nuits sont les seules à la comprendre.

      Alors je reste là, à te regarder, toi la bougie, comme on écoute une femme aimer dans le silence. Tu brilles à sa place. Tu brûles pour elle. Et moi, je fais semblant que cette flamme est ma voix… alors qu’en vérité, c’est son cœur qui parle à travers moi.

      [center]Copyright©2025 Charef Berkani

      Photo Haby Kouidri[/center]

      Chaque homme porte en lui l'enfant qu'il ?tait

      Charef

    Vous lisez 7 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3596654
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Charef,

          Sublime poésie étincelante de lumière tamisée en tes très beaux vers !

          Belle soirée Cher Ami poète Charef !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3596669
          Mascotte d'Oasis
          islander
            • Sujet: 2940
            • Réponses: 34198

            sublime, vous me faites penser à un livre de Bachelard  » la flamme d’une chandelle » ? merci poète, continuez de nous éclairer

          • #3596670
            ethiel
              • Sujet: 165
              • Réponses: 485

              C’est sublime.
              A la lecture ça coule tout seul.
              Il n’est rien que j’aime plus ( c’est très subjectif) que la musicalité d’une poésie…
              J’aime le fluide, la légèreté de l’eau qui s’empare parfois du plomb pour l’exporter en souffles aérien !
              J’aime de manière identique tout ce qui est vaporeux, volatile, fragile comme la flamme d’une bougie qui vacille… Mais qui coûte que coûte, jusqu’à son dernier bout de mèche brûlé, nous éclaire…

              Merci pour votre partage

            • #3596729
              Fran?ois
                • Sujet: 300
                • Réponses: 49951

                Bonsoir guepard, magnifique poème que propose la plume

                Amicalement

                La po?sie, c'est comme la cuisine, le mot faitout

                00063312-1

              • #3596759
                Sympatique
                  • Sujet: 615
                  • Réponses: 12189

                  sous l’ombre qui murmure,

                • #3596885
                  BOUCHARBA
                    • Sujet: 350
                    • Réponses: 1551

                    C’est sublime, poème et prose poétique. Et quelle métaphore! Merci poète.

                  • #3596892
                    CHAREF
                      • Sujet: 527
                      • Réponses: 3389

                      Bonsoir à vous, chers amis de plume,

                      Vos mots me touchent profondément.
                      Recevoir tant de lumière en retour d’un simple souffle de poésie, c’est un cadeau précieux.

                      À Sybilla, merci pour ta sensibilité.
                      Si mes vers ont pu projeter une lueur tamisée dans ton regard, alors la nuit en vaut la peine.

                      À Islander, ta référence à Bachelard me va droit au cœur.
                      La flamme d’une chandelle m’accompagne depuis longtemps ; qu’un écho apparaisse entre nos écritures m’honore et m’encourage à poursuivre ce petit travail d’ombre et de lumière.

                      À ethiel, vos mots coulent comme une source claire.
                      Vous parlez de musicalité, de fluidité, d’eau et de flamme… tout ce qui fait vibrer une poésie silencieuse.
                      Merci d’avoir entendu ce souffle fragile qui vacille mais persiste.

                      À EvilFranck, merci pour la bienveillance.
                      Une plume ne propose rien d’autre que ce qu’elle espère partager : un instant suspendu.

                      À Sympathique, merci de souligner ce vers.
                      L’ombre, parfois, murmure plus fort que la lumière.

                      À Boucharba, merci pour votre regard attentif à la métaphore.
                      C’est elle qui porte nos nuits quand les mots eux-mêmes hésitent.

                      Merci à chacun pour votre présence.
                      Vous faites vivre la poésie, non par les vers, mais par votre écoute.
                      Je vous suis reconnaissant de laisser une petite flamme continuer à brûler.

                      Avec toute ma gratitude,
                      Charef

                      Chaque homme porte en lui l'enfant qu'il ?tait

                      Charef

                    • #3597760
                      ahmed kristou
                        • Sujet: 90
                        • Réponses: 907

                        bonjour cher ami poète!

                         » Je regarde la flamme et j’entends ses pensées,
                        Ses frissons retenus, ses élans nuancés.
                        Elle aurait voulu, elle, au bras de ma nuit,
                        Reposer comme un souffle au velours de l’ennui. »
                        c’est vraiment extra.!

                        Ahmed

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