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Sujet
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Le murmure qui brûle
Je parle en son secret, sous l’ombre qui murmure,
Car c’est son cœur, en moi, qui cherche sa brûlure.
Elle aurait tant voulu confier aux nuits d’hiver
Ce feu doux qu’elle tait, par pudeur, par mystère.Je regarde la flamme et j’entends ses pensées,
Ses frissons retenus, ses élans nuancés.
Elle aurait voulu, elle, au bras de ma nuit,
Reposer comme un souffle au velours de l’ennui.La cire qui s’écoule est le chant de sa peur :
Craindre de trop aimer, d’en brûler sa pudeur.
Pourtant, chaque lueur révèle en son éclat
Cette femme de nuit que le jour ne voit pas.Et lorsque l’aube approche, avec ses doigts timides,
Je sens son âme encore offrir des feux perfides ;
Elle brûle en silence au secret de mon corps,
Et me parle d’amour que ma voix livre à tort.Copyright©2025 Charef Berkani
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Monologue nocturne
Je te regarde brûler, ma douce lumière, et j’entends dans ta flamme le murmure qu’elle aurait aimé me confier. Ce n’est pas ma voix qui parle vraiment, c’est la sienne, cachée derrière mes mots. Elle dirait que la nuit la touche là où personne ne voit, avec cette tendresse qu’elle refuse d’avouer en plein jour.Le chat repose contre toi comme elle aurait voulu reposer contre moi : tranquille, offerte, silencieuse, enveloppée d’une chaleur qu’elle cherche depuis trop longtemps. Dans le velours de son pelage, je sens son désir discret, ce désir qu’elle porte, elle, sans jamais oser le nommer.
Tu te consumes lentement, comme si tu comprenais sa manière d’aimer : donner toute sa lumière en tremblant, répandre sa chaleur en ayant peur qu’on la remarque. Elle aussi se consume en secret, mais elle a appris à cacher ses flammes sous une pudeur qui n’appartient qu’aux femmes qui aiment trop.
Parfois, j’aimerais poser ma main sur ton corps brûlant, juste pour sentir ce qu’elle ne dit pas. Je crois qu’elle aurait voulu que je l’effleure ainsi : doucement, sans mots, comme une peau qu’on devine avant de la toucher vraiment.
Chaque goutte de cire, je la vois couler comme une confidence qu’elle laisserait tomber dans mes bras s’il faisait entièrement nuit. Elle aurait aimé se fondre contre moi, comme toi tu te livres à la nuit, sans rien garder.
Et quand l’aube approche, je sens en moi la peur qu’elle ressent toujours : celle d’aimer assez pour durer, mais jamais assez pour retenir. Elle m’a confié, sans parler, que les nuits sont les seules à la comprendre.
Alors je reste là, à te regarder, toi la bougie, comme on écoute une femme aimer dans le silence. Tu brilles à sa place. Tu brûles pour elle. Et moi, je fais semblant que cette flamme est ma voix… alors qu’en vérité, c’est son cœur qui parle à travers moi.
[center]Copyright©2025 Charef Berkani
Photo Haby Kouidri[/center]
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