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Sujet
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Dans la cuisine du monde, un bol a raconté
L’histoire d’une amitié et d’une dualité.
Le Sel, sage vieillard, aux rides de cristal,
Portait l’austérité d’un principe moral.
Il donnait du relief, une saveur de fond,
Mais, en trop grande dose, il devenait le fardeau.Le Sucre, jeune étincelle, riait de son éclat,
Promettant la liesse et l’oubli du trépas.
Il charmait les palais, enchantait les esprits,
Mais derrière la douceur, un mal se tapit.
Son excès engourdissait, voilait les autres goûts,
Laissant un vide amer, un souvenir de doute.Le Grand Cuisinier, d’un geste délibéré,
Mêla les deux destins, les fit se rencontrer.
Alors, le Sel murmura : « Frère, vois-tu ce sort ?
Nos natures contraires sont notre plus beau port
Je suis la vérité qui parfois peut blesser,
Tu es le doux mensonge, que l’on veut caresser.
Sans toi, je suis trop dur ; sans moi, tu es trop vain.
Ensemble, nous créons un équilibre divin. »Ainsi, dans nos vies, ces deux forces s’affrontent,
L’une qui nous élève, l’autre qui nous affronte.
Le vrai mot, sans détour, qui blesse mais éclaire,
La complaisance, facile, qui nous leurre.
Apprenons à les connaître, à les doser avec art,
Pour que notre existence ne soit pas un départ
Vers un goût trop amer, ou une douceur fade,
Mais une saveur juste, une mélodie parfaite.Le cycle « La sagesse en vrac »
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