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Les accents de nos viespar Charef Berkani
Je suis l’accent aigu, j’éclaire l’horizon,
Je guide les voyelles comme un discret flambeau.
Sans moi le mot se perd dans l’ombre ou la prison,
Avec moi il s’élève, il respire plus haut.Je suis l’accent grave, enraciné, solide,
Je ramène à la terre un verbe trop léger.
Je retiens la parole, et d’un geste placide,
Je rappelle aux amants qu’il faut bien s’ancrer.Je suis le circonflexe, une ombre de mémoire,
J’abrite les vestiges des lettres d’autrefois.
Je veille sur les mots comme on veille un grimoire,
Je leur rends la noblesse et l’écho de la voix.Je suis le doux tréma, deux points comme des larmes,
Je sépare les sons que le temps veut confondre.
Je garde la clarté sans ôter à leur charme
Aux mots entrelacés qui s’éprennent et s’effondrent.Nous sommes les accents, éclats de vérité,
Petits traits invisibles, mais lourds d’éternité.[/center]
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Texte en prose – La confidence des accents
Les accents sont ces signes modestes qu’on oublie d’écrire, et qui pourtant changent le sens d’un mot, parfois d’une vie. Ils ne sont pas de simples ornements : ils portent la respiration, la nuance, la mémoire des choses. L’accent aigu est l’élan, l’appel vers la lumière, comme un cœur qui s’ouvre. L’accent grave, lui, est la retenue, le rappel que tout amour a besoin de racines pour durer. Le circonflexe garde les fantômes, les lettres tombées dans l’oubli, il est la cicatrice de l’histoire. Quant au tréma, il rappelle que même dans la plus belle des unions, chacun doit garder sa voix distincte.
Ainsi, les accents racontent l’existence humaine. Ils sont nos élans, nos chutes, nos souvenirs et nos séparations. Ils disent que la vie n’est qu’un mot en perpétuelle réécriture, et que parfois, un accent manquant suffit à faire basculer un destinCharef Berkani
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