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Sujet
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Après la lecture du poème de mon frère d’Algérie Mouloudi,ce poème bouleversant sur le suicide,je me suis rappelé ce texte que j’ai écrit ,il y a déjà quelques années sur le même sujet,bouleversé par le suicide d’un jeune diplômé de ma ville!
Je voudrais dédié ce modeste travail à mon frère d’Algérie pour son altruisme,son militantisme et sa générosité.Les désespérés
Ils marchent en silence les jeunes désespérés, dans leur nuit plus noire que la nuit… Ils marchent en silence… vers quelle aube? Pour quel devenir? Ces désespérés qui ont longtemps espéré, rêvé et patienté…
Ils ont cru, jusqu’à l’extinction de leur espoir à ce bonheur promis, à cette paix et à cette sécurité tant attendues… Mais rien ne se fait et rien n’arrive et rien ne se réalise et rien ne change…Ils demeurent égarés dans leur labyrinthe sans issue. Ils voient les autres qui ont tout et eux qui n’ont rien… Ils voient les autres manger, s’habiller, boire, rire, chanter, se divertir, voyager, goûter aux délices de la vie. Quel crime ont-ils commis pour ne pas leur ressembler? Pourtant, ils ont fait tout ce qu’il faut pour avoir un travail et une situation leur permettant de vivre dignement comme les autres. Ils ont terminé leurs études, ils ont leur bac, leur diplôme, leur licence, leur C.V, leurs papiers, leur dossier. Ils frappent à toutes les portes ne demandant que leur droit légitime au travail. Mais les portes restent closes. Ils ont beau frapper, ils ont beau pousser, les portes ne s’ouvrent pas, fermées à jamais. Que faire? Comment combattre ce monstre impitoyable qui dévore leur jeunesse, leur force, leur énergie, leurs rêves, leur vie? Impuissants, faibles et désarmés, que peuvent-ils faire? Sont-ils condamnés au chômage et à la misère toute leur vie? Que faire? N’y a-t-il aucun remède, aucune solution, aucune issue, aucun espoir? Alors quoi, tout est fini? Vont-ils rester comme ça, les bras croisés, regardant les autres «vivre»?…
Et c’est à cet instant là, quand l’horizon devient noir, que chacun pense à s’en sortir à sa manière. On n’a plus le choix, on est prêt à tout, on vendrait son âme au diable pour un emploi. Vous les voyez prendre les barques de la mort pour une Europe plus miséricordieuse, préférant risquer leur vie que de «vivre» dans l’indignation, parmi les leurs. Vous les voyez se prostituer, vendant leur corps aux touristes étrangers sachant très bien que le sida les menace à chaque aventure. Vous les voyez former des bandes de délinquants agressant des femmes et des hommes aussi pauvres qu’eux. Vous les voyez sombrer dans la drogue et l’alcool pour «oublier». Vous les voyez, vendeurs ambulants faisant le tour des cafés de la ville toute la journée. Vous les voyez cirer les chaussures et vendre les cigarettes au détail. Vous les voyez faire n’importe quoi pour survivre… Et il y en a qui ne font rien, qui vivent au dépend de leurs familles, refusant toute «activité» indigne d’eux, par fierté ou par lâcheté, qui sait? D’autres jeunes, plus sensibles ou plus fragiles atteignent même le seuil de la folie et perdent la raison à jamais… D’autres, plus désespérés, mettent tout simplement fin à leur existence inutile en se donnant la mort volontairement pour en finir une fois pour toutes! Sont-ils tellement lâches ou si courageux pour se donner la mort? Comment le chômage peut-il pousser un jeune à l’extrémité du désespoir : le suicide? Réfléchissez à la question pendant que je vous parlerai de «Chakir»: Samedi dernier (le 5/12/98), aux environs de 8 h du soir. un jeune diplômé-chômeur, résidant à «Dchayra», s’est suicidé par pendaison, chez lui! Il s’appelle «Chakir Guessous» et il est licencié en biologie depuis 1994. A peine âgé de 29 ans, il a décidé de partir, laissant cette maudite vie aux autres, tellement épuisé, tellement désespéré! Il a étudié, il a eu sa licence, il était prêt à travailler, pour lui, pour sa famille démunie, pour sa patrie. Il a tout essayé, il n’en pouvait plus. Son père est un homme pauvre et las, incapable de subvenir aux besoins de quatre fils tous diplômés-chômeurs (trois licenciés et un bachelier)! Chakir faisait partie de ces jeunes diplômés-chômeurs qui se sont cantonnés en sit-in au siège de l’UMT pendant trois mois, en vain! Ne pouvant plus voir les pleurs dans les yeux de sa mère, la peine et le chagrin dans le cœur de son père, le désespoir dans la tête de ses frères, il a décidé un soir de partir!
Il a accroché une corde et il s’est pendu! Avait-il tort ou raison? Était-il fou? Laissons cette question à part et posons-en une autre: Les responsables appliqueront-ils les promesses avancées en respectant les engagements pris à l’égard de ces jeunes qui ne cherchent qu’à faire prévaloir leurs droits légitimes? Laisseront-ils ces désespérés se suicider en disant : « ça n’arrive qu’aux autres»?Albayane, Samedi 12 Décembre 1998
Ma vie n'est plus une barque dans une mer enrag?e
Et je ne suis plus le naufrag?!
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Mostafa, point fat, seul, las, si doux, r?vant de sa mie!!!
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