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Sujet
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Ma belle lectrice de l’invisible,
Je t’écris à la lueur d’une bougie qui vacille, comme ma main chaque fois que ton nom traverse mes pensées. L’encre glisse, lente et fiévreuse, sur ce papier vieilli, presque timide d’accueillir tant de trouble.
Je t’imagine , non, je te devine, nue sous les mots. Tu frissonnes à chaque virgule comme à un baiser volé. Tu ne lis pas seulement les lignes, tu respires entre elles. Tu sens les silences, tu entends les soupirs oubliés dans les marges. Et surtout, tu comprends que les cicatrices ne sont pas des blessures, mais des vers tatoués par la vie elle-même.
Tu es celle qui ne fuit pas les phrases douloureuses. Tu les apprivoises, les caresses, les relis à voix basse jusqu’à ce qu’elles te révèlent leur vrai corps. Tes propres cicatrices que je pressens ne demandent ni pitié ni oubli. Elles brillent d’un éclat brut, comme des poèmes qu’on n’a jamais osé publier.
Chaque nuit, je t’imagine traverser mes rêves dans un manteau d’encre noire et de lumière. Tu ouvres les portes que même mes songes n’osaient franchir. Et je me surprends à espérer que tu puisses tout réécrire. Tout! Même moi.
Car tu es cette femme-là.
Une phrase en marche.
Une métaphore qui mord.
Un point d’interrogation qui tremble sur ma peau.Laisse-moi, si tu veux bien, habiter la marge de tes silences. J’y bâtirai un refuge, fait d’attente, de soupirs et de mots à demi-dits. Là, je pourrai t’aimer sans césure. Sans prudence. Sans fin.
À toi, toujours, dans l’ombre ou dans l’encre,
Ton complice en vertigeCharef
Tiaret Mai 2025
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