-
Sujet
-
[font=Georgia]Plus de doute, en ce jour, l’hiver s’est installé ;
Les chaleurs sont finies car s’installe le givre.
Et c’est ce froid glaçant qui saisit et nous livre
De longs festons tout blancs en filin déballé.L’herbe sous nos pas lourds, en frémissant, craquelle
Car la nuit a posé sur elle sa rosée.
Le silence en point d’orgue, harmonie imposée,
Indique au preux marcheur d’avancer avec elle.Elle, elle est ma compagne et se meut à bon train
Mais quand elle respire elle émet un blanc souffle.
Elle ahane fort peu et cela m’époustoufle
C’est une dure à cuire et j’en fais ce quatrain.*****
Le lac est bien gelé sur toute sa surface,
Plus un cygne ne vient dauber les patineurs.
Pas de vague non plus, pas de baratineurs,
Tout est dans la froidure et la solide glace.Chacun est bien vêtu de son chaud anorak
Se mêle sans peiner à la très belle danse.
En effet tous ces gens de synchrone cadence
Semblent donner spectacle en ignorant le trac.Sur la berge, en retrait, une sobre guinguette
Permet aux gens frileux de se revigorer.
On y sert des vins chauds, des trucs à picorer
Tandis que les enfants affûtent une baguette.De capes et d’épées ils semblent s’amuser
Même si leur manteau n’a point l’air d’une cape.
D’autres bien plus âgés adorant la varappe
Escaladent les rocs, ne sachant pas muser.****
Je disais que le lac n’avait plus une vague
Même si le vent froid soufflait à tout plier.
La ginguette en bordure étant le seul pilier
Les frigorifiés la prenaient pour Madrague.Ces jours-ci, vu le froid, on y sert la galette
On la mange avec faim en buvant quelque thé.
La serveuse agréable est toujours en bonté
Et sert les doux menus attifée de voilette.La neige est en chemin et s’en vient en rafale.
Ne pensons plus avoir une courte accalmie !
Je presse lors mon pas et presse mon amie
Qui trébuchant soudain me crie qu’elle s’affale.****
Puisqu’il faut une suite à mon petit récit
Je dirai sans traîner qu’à la dite guinguette
Je trouvai fort rêveuse une fille en goguette
Attendant d’aborder un échange précis.Elle avait le corps beau, j’avais l’air d’un renard.
Puis-je donc vous parler, sans en faire un fromage,
De ce temps hivernal nous offrant cette image ?
Vîntes-vous ici même en transport fort pénard !Monsieur ! Vous me semblez ne pas manquer de cran,
Mais montrez, sans peiner, si tendre politesse
Que je me sens faiblir à très grande vitesse !
Du coup je vais quitter ce trop vorace écran !****
Vous sentant tous séduits par ma belle aventure
Je me suis dit tantôt : « Sers en un autre pli. »
Je sais que mon récit d’intérêts bien empli
Fait que vos échos soient de solide monture.Je disais que la môme à l’allure si terne
Me kiffa sans tarder pour mon disert discours.
Elle aimait disait-elle autant mes francs détours
Que mon parler direct qui plaît quand il alterne.Je lui payai le coup, la boisson qu’elle prise
Lui disant que le sort voulait que l’on soit deux
A tirer de bons plans sans parcours hasardeux.
Elle me dit enfin : « Soignons bien l’entreprise ! »****
Au sortir du bistrot baptisé la guinguette
Équipés d’après skis nous partîmes tantôt.
Poursuivant le débat commencé bien plus tôt
Nous allions près du lac sans que nul ne nous guette.La neige était bien fraîche et nos pas y craquaient.
Cependant remontés comme quelque pendule
En suivant ce long bord d’un transport incrédule
Nous aimions le bruit sec des fanions qui claquaient.La météo du jour prévoyant de la bise
Nous portions, sur nos chefs, prudemment un bonnet.
L’ayant bien ficelé avec un cordonnet
On eut dit qu’elle allait affronter la banquise !****
La bise était cinglante et donnait du tonus
Pour pouvoir avancer d’une fervente allure.
Nos anoraks faisaient une chaude pelure
Protégeant nos deux corps. C’était ça le bonus.Les traces de nos pas disaient où nous passions.
Nous retrouver alors serait bien plus facile
En suivant cette sente à la courbe gracile.
C’était le tout début de nouvelles passions.Le bon sens obligeait à tenir ses bâtons
Car la neige amassée était parfois glissante.
Sans avoir Ô jamais la force faiblissante
Nous allâmes toujours de l’avant à tâtons.***
Sur le versant de droite un tout petit chemin
Semble se faufiler sur la pénible pente.
Il passe entre les pins en boyau qui serpente
Interdisant l’accès à tout seulet gamin.Un panneau recommande aux parents de garder,
En marchant tout près d’eux, leur jeune descendance.
Une erreur de parcours pourrait par imprudence
Demander aux secours de venir sans tarder.Mais nous deux, en tenant nos bâtons bien en main,
Nous foulons cette neige en soufflant notre haleine,
Qui se givre aussitôt, dans l’air, sans grande peine.
Nous allons, bons vivants, sans penser à demain.
[/font]
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.




