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Mariage et naissances (Lui)
Maman Suzette vit maintenant à Sanary chez son compagnon Marc à temps complet et ne passe que pour aérer de temps en temps. Elle l’accompagne pour ouvrir, remettre tout en route et l’aider à faire le ménage. On fait coucou à la voisine Christiane Chalons. Elle lui présente son Capitaine préféré, maintenant à la retraite et on n’échappe pas à l’apéro.
Ce dimanche, repas en famille à La Frégate, face à la mer. Plateau de fruits de mer, loup grillé, un cabécou, arrosés au Bandol, et un sorbet. Il faut au moins ça, ce n’est pas souvent qu’il se retrouvent. On en est au café. Suzette est inquiète de savoir son fils sans «situation»
? T’en fait pas, Maman, ça va s’arranger, je vais bien trouver quelque chose. En attendant, profitons de ce printemps, il y a le ciel, le soleil et la mer; on voit bien les Embiers. Elle est pas belle la vie?
Ils rejoignent la villa de Marc pour siroter un cognac de derrière les fagots. De la terrasse on jouit d’un vue panoramique du cap Sicié jusqu’aux Lecques. Ils sont vraiment bien les amoureux. D’un coup , il pressent sur quoi va venir la conversation. C’est Marc qui se jette à l’eau:
? Tu sais Antoine, avec ta mère qui travaille à l’agence et ma retraite nous sommes confortables. Je n’ai pas d’enfant et nous souhaiterions officialiser notre couple. Suzette voulait t’en parler mais elle avait peur que tu lui en veuilles par rapport à ton père. Serais-tu chagriné si nous nous marions?
? J’aurais mauvaise grâce à m’en formaliser. Vous en avez bien le droit et cela n’affecte en rien la mémoire de Papa.Sa mère se jette dans ses bras, soulagée et heureuse. Ça sera pour septembre, ils partiront en voyage, une croisière en Méditerranée. En fait il s ont déjà réservé, les tourtereaux; sa bénédiction fait simplement taire ce qui reste de leurs scrupules. Une fois rentré, il s’avise que, dans ce cas, rien ne s’oppose à la vente de la maison, et donc qu’il pourra disposer de sa part. Une opportunité pour se lancer?
Grosse consommation de timbres-poste en pure perte: toujours pas d’échos notables. Le panorama local n’est pas très porteur: Les chantiers ont fermé et ceux de la Ciotat ne devraient pas tarder. Un emploi à l’arsenal de Toulon comme gratte papier en sous traitance? Très peu pour lui. Sur Marseille il y aurait bien le complexe pétrochimique de Fos, mais son expérience est déjà ancienne et il n’ont pas répondu à ses offres de services. Il n’a pas envie de se retrouver à Paris. Peut-être voir sur Lyon, les Zimmerman devraient avoir quelques pistes à lui donner.
Justement, quand on parle du loup? Un appel de Michel qui annonce, tout ému, qu’il est père de deux jumelles, et l’invite a venir les voir quand il pourra. Félicitations, c’est super, ça s’est bien passé? Bien sûr qu’il viendra, mais dans une démarche plus large, il s’emploie à trouver une location meublée, un QG pour prospecter, car il n’est pas question qu’il s’incruste chez ses amis.
Ils ne sont pas revus depuis Paris, mais téléphoné régulièrement. Ils se savent mutuellement remis de leur mésaventure. Antoine a loué un grand studio à Caluire avant de faire acte de présence. Les Zimmerman habitent une maison cossue à Champagne au mont d’Or. Il savait que Michel était dans le milieu bancaire, mais vu leur habitation, il ne devrait pas occuper un strapontin.
Embrassades, on s’extasie sur les berceaux, on assiste, attendris, à la tétée avant de passer à table. La soirée permettra d’approfondir leur relation. En fait, Michel est directeur d’une agence bancaire, affiliée à une banque d’investissements et gestion de patrimoine siégeant à Genève. Angèle, sa collaboratrice, à la double nationalité et ses parents sont actionnaires de la maison mère. Lui, brillant expert comptable, a intégré la place après son mariage. Une mésalliance en quelque sorte qu’on a fini par lui pardonner: il est vraiment doué, le petit. Ils sourient en racontant leur histoire. Leur bonheur fait plaisir à voir.
C’est à son tour d’évoquer son histoire, au-delà de ce qu’il a pu confier jusqu’à présent. Il raconte sobrement ses jeunes années à la Seyne, les arts et métiers avortés, son Père, l’armée, puis en restant dans le vague, son expérience de chargé de mission d’information et de journaliste qui l’on amené à beaucoup voyager, son désir de se poser, sa recherche actuelle après sa démission. Leurs échanges durent tard dans la nuit.A suivre… et à bientôt
Parceval
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