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Sujet
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Le soleil brille de mille feux, il entre insidieusement
par les petites fentes du volet de ma chambre.
Mon radio réveil n’a pas encore sonné que les
rayons me fouettent le visage, je me lève.Man a déjà préparé le petit déjeuner.
Elle m’attend avec son sourire protecteur.-Tu as bien dormi mon chéri ?
-Oui man, faut que je me dépêche car j’ai
plein de choses à faire.Et toi, ton boulot ça va ?
-Oh oui… Monsieur Lefait n’est pas agréable
ces derniers temps, mais je ne fais pas attention
à ses remarques car dans le fond c’est un bien
brave homme.La quincaillerie n’est plus ce qu’elle a été, cela
pourrait expliquer les sautes d’humeur de mon patron.-Surtout ne te laisse pas faire !
Ah ! J’allais oublier de te dire qu’aujourd’hui je
me présente aux élections de délégué de classe.-Je pense que tu seras un très bon candidat.
-Ca tu peux le dire, Man !Mince, il est l’heure, faut que j’y aille man.
Durant tout le trajet du bus, je pense au
discours que je vais présenter devant les
copains, j’ai une trouille indescriptible.Pour moi être délégué, c’est donner de son
temps pour améliorer le quotidien de chaque
élève de la 4B.Des idées, j’en ai à profusion, de quoi remplir
un dictionnaire.Mon seul adversaire n’est rien de moins
que; l’enfoiré de Leduc.Ce gars n’est vraiment pas cool, il a toujours
des notes maxi dans tous les cours!Faut pas lui demander un coup de main pour
une interro car il travail en solo.Il n’est pas apprécié, mais un premier de classe,
ça rassure!Dans la cour de récré, un groupe de copains
m’interpellent au sujet de ma candidature.-Faut pas rêver Momo, t’as pas de chance
face à Leduc ! Faut se dépenser sans compter…
Si tu vois se qu’on veut dire?J’ai pas le temps de répliquer, que la nana la
plus chouette de l’école leur cloue le bec en
me prenant par le bras.-Viens Momo, perds pas ton temps avec
ces minus.Nat, en plus d’être très jolie, est l’une des filles les
plus intelligentes des quatrièmes.Je suis fier d’être son pote.
-Tu a raison de te présenter, pour moi tu es
le gars le plus indiqué pour ce poste.-Ouais ! Mais j’ai la frousse de présenter mon
projet devant la classe, j’espère que Dufoze
acceptera que je le fasse à la fin de son cours.-T’en fais pas, ça ira, à plus…
Evidemment, le premier cours est celui de
Madame Impote. Ce lundi commence bien !Aujourd’hui elle est en forme :
Interro surprise !Panique parmi les élèves car personne
ne s’y attendait.Rex comme on la surnomme, n’est apprécié
de personne car elle fait tout pour nous être
désagréable.Du moins, c’est ce qu’on se dit, pour avoir
bonne conscience.SUITE……….
Quand elle est malade nous sommes fous
de joie !
Bien souvent, je me demande ce qui se
cache derrière cette façade antipathique.
Heureusement que ce n’est qu’une demi- journée!Man dit souvent qu’il y a en chacun de nous
une immense bonté.
J’ai difficile de la croire en voyant Rex : nez
pointu, lunettes des années préhistoriques,
maigrichonne, sévère, enfin c’est Rex !Ouf! C’est la récré de dix heures ! Je m’enfile
une barre de chocolat ni vu ni connu…Faut bien ça pour me remettre de l’interro de Rex.
Je file droit sur la machine à sodas comme
dit Dufoze.Le coca que je bois goulument me fait le
plus grand bien.Nat viens me rejoindre.
-Momo, une soirée tektonik est organisée
samedi par les filles, dans le local de
musique.Je peux compter sur toi ?
-Ben…Je ne sais pas quoi te dire ?
-Tu n’as qu’à dire oui !
-C’est pas si facile que ça. Man a besoin de
moi à la maison.-Je comprends, mais si tu changes d’avis
contacte-moi.Bon sang ! Mentir à ma meilleure amie, je ne
suis qu’un lâche.
Bien sûr que ça m’aurait plu.Mais voilà, mes cent vingt kilos sont indécents.
La sonnette retentit, ce qui me délivre de ces
pensées.Ouf! Enfin, le dernier cours de la journée.
Dufoze nous attend au pas de la porte.-Entrez, chers messieurs.
Ce n’est pas dans ses habitudes, de nous attendre
comme cela. Y a du louche là-dessous…A peine assis, je lève mon doigt.
-Oui Delaigne, que puis-je pour vous ?
-Ben, pourrais-je présenter mon projet de
délégué de classe à la fin du cours? S’il vous plait ?-Je pense que cela pourrait être dans les possibilités.
Mais qu’est-ce qu’il lui prend, me demandai-je?
Il parle bizarrement!Pas le temps de cogiter mon idée, que le cours de
sciences commence.-Je ne tournerai pas autour du pot Messieurs.
Aujourd’hui, nous entrons dans la phase pratique
des investigations sur la pollution.Par groupe de quatre, vous devez réaliser un
travail sur une source de pollution de votre
choix.SUITE…..
Evidemment, ces sources serons situés dans le territoire notre commune.
Et de grâce ne venez pas avec des photos de vos WC!
Le travail le mieux présenté et le plus complet sera
remis à l’échevin de l’environnement.Ceci, dans le cadre de l’action citoyenne menée
par notre commune.
Attention! Je veux des photos, des échantillons,
bref du travail de scientifique.
-Pour quand? Demande Cruchon, surnommé ainsi
par la classe, car il est petit et boit tout le temps.
-Et bien, pour la semaine prochaine par exemple…
-C’est le coup de massue pour toute la classe!
Big travail, en plus avec un rapport à la clé.
Le cours reprend après le brouhaha qu’a provoqué
la nouvelle de Dufoze.
Si on peut appeler ça une nouvelle!
Tout le monde est concentré sur l’article
distribué par Nanar.
On frappe à la porte. Vingt neuf élèves relèvent la
tête, comme un seul homme.
C’est Madame Matize ! Tous les élèves sont
bouche bée.
-Elle est vraiment canon!
Me dit, Nanar, assis derrière moi.
C’est vrai, elle est grande, élancée, maquillée juste
ce qu’il faut. Pour nous c’est Sophie Morseau, l’actrice.
-Bonjour les enfants dit-elle d’une voix douce.
-Tous en chœur, nous répondons « bonjour maaadaaame ».
Elle se tourne vers Dufoze, lui demande s’il viendra
boire un café dans la salle des profs.Dufoze est devenu un autre homme, embarrassé il bégaye,
rougit et finit par dire oui.Je me dis » Mon œil oui, il n’y a plus personne à
cette heure là dans la salle des profs »Elle se retire tel un ange, ses pas étant rythmés
par le son de ses hauts talons. Cela lui confère
une démarche de diva.Bref, nous voilà à la fin du cours.
-Monsieur Delaigne, il serait bon que vous
commenciez votre présentation de projet pour
les élections de délégués de classe.C’est avec la peur au ventre que je me rends
à l’estrade. Ma feuille est devant moi, je veux
commencer mais aucun son ne sort de ma bouche.
-Allons y Delaigne me dit Dufoze !
Voilà les copains, j’aimerais être votre délégué
de classe, je pense pouvoir vous représenter
pour des projets qui j’en suis sûr vous intéresseront.Tout d’abord, je tiendrai une permanence pour être
à votre écoute, ensuite ma première mission serait
d’améliorer la propreté de la cantine, ensuite…
Je n’ai pas le temps de terminer que la sonnette
retentit.
-Vous continuerez mercredi Monsieur Delaigne.
En sortant Leduc me rie au nez.
-Raccroche Momo, t’es pas à la hauteur. Quand
je vais me présenter, tu seras écrasé comme
une vulgaire mouche.
Ce qui fait rigoler aux éclats les têtes de la classe.
-A table! Me crie Man.
Je quitte mon ordinateur à mon plus grand regret.
J’étais sur une page passionnante, qui expliquait
les méthodes de la police scientifiques.La table est light comme on le dit dans les journaux,
pommes de terre vapeur, haricot vapeur, brocoli vapeur,
et un tout petit morceau de viande.
Bon sang! Y a pas pour nourrir un papou ! Je ne dis rien
à man car elle se donne un mal fou pour que je perde
du poids.
-Alors mon chéri, comment ça c’est passé à l’école ?
-Bof! Rien Man!
-Les élections de délégués se passent comment ?
– Ben, pour le moment je n’ai même pas réussi à
présenter mon projet.
Man a je ne sais quoi, elle me pose une question
puis elle semble être absente.
-Coucou ! Maman ?
As-tu entendu ce que je viens de te dire ?
-Oh, excuses moi Maurice, je suis préoccupée.
Les affaires de Lefait ne marchent vraiment pas.Aujourd’hui, il s’est énervé pour un bidon de cire
liquide qui n’était pas à sa place.
Il s’en est suivi une dispute, je lui ai dit ses quatre
vérités. Lefait est alors devenu plus calme, nous
sommes allés nous asseoir.Il m’a dit qu’il ne pourrait pas me garder longtemps
si les clients ne revenaient pas.
Lefait avait les larmes aux yeux.
-Satané Briko -Trafik, il n’en a rien à foutre du petit
commerce de proximité !
C’est eux qui devraient fermer.Man ne m’écoute de nouveau plus. Je n’insiste pas
car elle est soucieuse, je sais que tous les frais de
la maison reposent sur ses frêles épaules.
Je n’ai pas vu Le Furet depuis vendredi passé.
Que fait-il ? Ca me tracasse, il n’a pas
donné signe de vie.
J’arrive chez lui, je frappe à la porte de
l’abri de jardin. La porte s’entrouvre, par
l’entrebâillement s’échappe une fumée
âcre de tabac.
Je vois mon pote, affalé dans son vieux fauteuil,
la pipe au bec.
-Hé, quoi de neuf ?
-Pour seule réponse, je reçois une bouffée
de fumée de pipe dans la tronche !
Je m’assieds sur l’autre vieux fauteuil,
héritage d’une vieille tante du Furet.-Tout à coup ,Yannick sort de son état
léthargique. Il rajuste ses lunettes et
me fixe d’un air inquisiteur.-Momo! Pourra-t-on regarder droit dans les yeux,
les générations futures, si rien n’est fait pour
changer nos modes de vies et de consommation ?Je n’ai pas le temps de répondre qu’il continue
sans s’arrêter.-Les conséquences des changements climatiques
nécessitent des réponses urgentes!-Bon sang Yannick, de quoi tu causes ?
-Nom d’une pipe ! Momo le monde va mal, et toi
tu restes les bras ballants.
Sais-tu qu’à l’échelle mondiale, la température de
la planète s’est élevée de zéro virgule septante
quatre degré en cent ans ?
Cette hausse est liée à une concentration très
élevée de gaz à effet de serre, entre autres de
CO2 dans l’atmosphère
-Je vois, mais à notre niveau, pouvons-nous faire
quelque chose ?
Le Furet se met en colère, il devient tout rouge
prêt à bondir sur moi.
-Bien sûr, bougre d’écervelé ! Il faut diminuer la
consommation des ressources fossiles.
Arrêter la déforestation de l’Amazonie et des
forêts tropicales. Changer notre comportement
de consommation excessive d’eau.
Privilégier le vélo et la marche, au lieu de se
déplacer, pour un oui pour un non en bagnole.
Arrêter d’utiliser des produits pesticides dans
le jardin, ce qui nuit aux nappes phréatiques.
Ne pas déverser nos déchets dans la nature.
Tu piges ?Puis d’un coup, il s’arrête de parler et retrouve
son fauteuil et sa pipe.
Je pense qu’il faut le laisser à ses pensées.
Je le salue, puis je reprends le chemin de la maison.
Il a bougrement raison me dis-je. Mais qu’est-ce
qu’il lui arrive ?
D’habitude, il se soucie plus d’affaires policières
que de respect de la nature.
Pour moi, il est sur un nouveau coup…SUITE…
Man est assise immobile dans la cuisine,
elle n’a même pas remarqué ma venue.-Ca va man ?
Elle se met à pleurer tout en me serrant
contre elle.-Man, tu vas me dire ce qui se passe ?
-En fait, mon chéri, j’ai perdu ma place.
Qu’est-ce qu’on va faire ?-Lefait , espèce de salopard !
-Non chéri, ce n’est pas de sa faute.
La concurrence n’est pas possible avec
le Briko-Trafik!Mon patron était très triste, il m’a même dit
que sa vie, maintenant n’avait plus de sens.-Man faut vivre avec ton temps.
Il y a un proverbe qui dit « Si tu ne peux vaincre
ton ennemis fais en toi un ami »-Maurice que veux- tu dire ?
-Ben voilà ; tu as une bonne expérience dans
la quincaillerie ?-Oui et alors ?
-Faut que tu présentes ta candidature
chez Briko-Trafik. Je suis sûr qu’ils te prendront.-Tu as raison Maurice, non seulement je vais
m’y présenter, mais pas tout seule.
Lefait nous a permis de nous en sortir pendant
des années, il viendra avec moi.
Evidemment, pour le travail de sciences
je me retrouve tout seul. Je décide d’aller trouver
Dufoze pendant la récré.A ma grande stupéfaction, sa porte est fermée…
Je frappe à la porte, pas de réponse.Je m’approche de la porte pour entendre, quand,
brutalement on me tire par l’oreille.-Alors Monsieur Delaigne vous écoutez aux portes ?
Nous allons en référer à mon supérieur.C’est Impote, cette vieille sorcière m’entraîne
vers le bureau du proviseur.La chance est avec moi, Dufoze sort de sa
classe les cheveux ébouriffés.
-Ah Delaigne, enfin vous voilà !-Ce monsieur, écoutait à votre porte mon cher.
-Si vous le permettez, Madame Impote, je vais
m’en occuper.-Je compte sur votre sévérité la plus absolue !
-Je vous remercie chère confrère.
La vieille s’en va, mais mon sort n’est pas enviable.
Que diable faisait Dufoze ? Pas le temps de trouver
la réponse que Dufoze me tire par le bras.Je fais une entrée en classe, à la vitesse supersonique.
Je m’échoue sur une chaise, près du bureau du prof.-Bonjour Monsieur Delaigne, me dit Matize, à ma
plus grande surprise!-Jour M’Dame.
Dufoze me torpille des yeux ,je crains le pire…
-Delaigne, que je ne vous y reprenne plus !
Est-ce clair ?-Oh, oui M’sieu.
-Votre punition sera de prendre en charge le
travail le plus difficile ; la contamination
des rivières et des sols.Je ne demande pas mon reste, je pars sur
les bouts des pieds. En sortant je reçois
une bonne tape sur l’épaule.Ma nouvelle mission me remplit de joie.
Je n’en dis rien aux autres, car je veux en
faire la surprise.Man va assurément être folle de joie.
Si seulement cette affaire d’emploi pouvait
se régler. S’il le faut j’irai travailler chez Garon;
le garagiste de Prontisse.La journée se finit par le cours de Géographie
qui est donné par Mademoiselle Martinet.
Elle veut donner cours avec passion, mais
les andouilles de la classe font chambard.Pourtant, le sujet du cours est; l’hydrographie
de notre province.
Ce qui est passionnant! J’écoute sans perdre
un mot des explications.-M’Dame, pourrai-je avoir une carte des nappes
phréatiques de notre région ?Ma question provoque l’hilarité générale.
-Momo tu veux peut-être faire de la spéléo ?
-Pour flotter ça posera pas de problème,
pour le reste, regardes- toi, gros lard!
Me dit un autre.La classe s’esclaffe en scandant;
Momo le petit gros !A SUIVRE… Soyez sympa si vous aimer mon histoire laisser
un petit commentaire. Ca me ferait plaisir.Voici la suite …………………………………………..
Man est dans la cuisine , elle prépare le souper.
Je perçois une vive excitation sur son visage.
-Bonjour Man.
-Maurice viens dans mes bras.
-Quoi de neuf Man ?
Elle me serre si fort contre elle que j’en perds
mon souffle.
-Mon chéri, je viens d’être engagée.
-Où ça, comment, dis moi tout…
-Je suis aller me présenter chez Briko-Trafik ,
j’ai été reçu par Monsieur Filgras, le directeur
du magasin.
Ma candidature, pour un poste dans le rayon
quincaillerie, l’a intéressé.
-Oui, oui, et alors ?
-Voilà devant toi, une employée du magasin.
Son visage est illuminé de mille bonheurs, il y a
longtemps que je ne l’avais vue ainsi.
-Génial Man, ça alors ! En plus dans ton domaine.
Tu commences quand ?-Lundi prochain à sept heures précises, Monsieur
Filgras est à cheval sur la ponctualité.
-Qu’en est-il pour Lefait ?
-J’ai été le trouver, il reste cloîtré dans son magasin.
Mais je n’abandonne pas!
Demain, j’y retourne avec à la clé, une proposition
de Monsieur Filgras:le poste de chef de rayon.
-Je suis sûr qu’il acceptera.Je laisse ma mère dans sa cuisine pour descendre
à mon labo. J’en profite pour faire du rangement.
Le bigophone retentit.
-Allô, Delaigne au bout du fil.
-Momo, arrête ton charabia ! Je suis sur une affaire
louche.
Une des plus importantes de la décennie.
Je suis tombé sur un trafic de déchets. Je ne peux t’en dire d’avantages, il faut réunir
l’E.E.R.D.3.S (Elèves enquêteurs réunis de
troisième secondaire).
Les infos suivront, à plus…
Je n’ai pas le temps d’en placer une que Le Furet
me raccroche au nez.
Mon travail de sciences occupe tout mon temps
libre après l’école.
Aujourd’hui, j’ai décidé d’aller voir notre garagiste.Garon ; est le garagiste de la commune de Prontisse.
C’est un célibataire de 35 ans, il est le chouchou de
ses dames. Il aime rendre service…surtout aux dames…
Il a un bric-à- brac de tout .
Il dépanne tout ce qui peut l’être.
Notre mécano, aime faire des cadeaux aux femmes,
il vit au-dessus de ses moyens.
Et pour avoir plus d’argent, il fréquente des gens peu
convenables, qui font du trafic illégal.
Ce qui permet à Garon d’entretenir ses dames.
J’arrive au garage, personne !
-Monsieur Garon, vous êtes là ?Toujours pas de réponse, je décide d’aller faire un tour
près des vieilles bagnoles.Une barre de chocolat me fait le plus grand bien.
Malheureusement, ces voitures qui sont à
l’abandon, se trouvent près de la rivière Touraine.C’est un petit cours d’eau, mais à lui seul, il alimente
des nappes phréatiques. Je suis là pour parler d’une
possible pollution de la rivière.Quelques gouttes d’huile peuvent polluer des kilomètres
carrés d’eaux souterraines.J’espère le convaincre de virer ces voitures à la casse.
Je me baisse pour voir en dessous des voitures.Les joints des carters en liège se sont écaillés avec le
temps, ils n’ont donc plus joué leurs rôles.Le sol est souillé par de l’huile, pour moi, depuis longtemps.
Je sors mes pots, pour des prélèvements.
-Eh toi, que diable viens-tu faire ici ?
-Bonjour M’sieu Garon.Je suis là pour mon travail de sciences.
Si vous permettez, je désirerais faire des prélèvements
dans la rivière et sur votre terrain. -En voilà une idée ?Evidemment, que tu ne peux pas !
-Mais, il n’y a rien de mal dans ce que je veux faire.
-Vas donc jouer aux billes.
-C’est plus de mon âge, M’sieu!
C’est alors, qu’il me prend par la peau du dos et
m’envoie à l’autre bout de la rue.Si ça, ce n’est pas louche, je ne m’appelle plus Momo !
Il faut que je voie Le Furet.
Je lui envoie un sms : il y a du louche chez Garon,
appelle-moi.Il me répond de suite : » Pas de panique, je sais,
surveille les alentours, je te retrouve sur place »Je me cache dans les fourrés.
Garon a l’air préoccupé… Il tourne en rond comme
un lion en cage. On dirait qu’il attend une visite.Une heure s’est écoulée depuis le SMS de Yannick.
Bon sang que fait-il ?Le bruit d’un poids lourd se fait entendre.
Il s’arrête près des vieilles voitures.Garon fait signe au chauffeur , celui-ci se rapproche
d’une vieille Ford Taunus.C’est un camion citerne ! Que diable vient-il faire ici ?
Je prends note du nom de l’entreprise :Vidange Tout – Piton &fils.
Ma curiosité est à son comble . Le chauffeur sort un
tuyau de vidange.Pendant ce temps, Garon déplace la Taunus, qui démarre
au quart de tour comme par miracle!Alors là ! Je suis stupéfait !
Je vois une grosse plaque d’acier.
Garon sort de la voiture et soulève la plaque.
Le camionneur plonge le gros boyau dans une
sorte de citerne.Il va ensuite, enclencher la pompe du camion,
qui fait un vacarme indescriptible.Je profite de l’occasion, pour me rapprocher à pas de loup.
Ca alors ! C’est de l’huile usagée…Voilà pourquoi, Garon ne voulait pas de ma présence.
Tout à coup ! Une énorme main, s’abat sur mon épaule.
-Alors mouflet! Tu nous espionnes? me dit un gros
gaillard tout crado.Je suis ligoté et bâillonné en un clin d’œil. Le chauffeur
me met derrière le siège du camion.-L’opération de pompage prend quinze minutes.
-Piton, fait gaffe avec le mouflet.
-Te fais pas de mouron, je connais mon turbin.
-Ben, fait gaffe à la cargaison aussi!
T’as dix mille litres d’huile.
-Comme d’habitude, je ferai ni vu ni connu !
Le camion démarre, je n’ai aucune idée de la destination…
Là, je commence vraiment à avoir peur.
Après une demi-heure de route, le camion à l’air de se
garer dans un hangar.Je suis conduis dans une vieille remise sans fenêtres.
Le malfrat, me jette à terre comme un vulgaire sac
de pommes de terre.-Tiens-toi tranquille! Si non, je t’en ferai baver.
T’as pigé le mouflet ?
Je suis dans le noir le plus complet. Pas de panique
me dis-je. Le Furet est sûrement à ma recherche.Ma seule possibilité, est d’écouter ce qui va se passer.
Je me rapproche de la porte.-Hé Piton ! Viens te rouler une clope.
-Ouais Berlu, me vlà. Comment ça s’est passé
pour la vidange des vieilles huiles de chez Fritelle ?-Te fais pas de bile, je suis allé déverser la cargaison
dans le gouffre de la Montagne Saint-Paul.-On ne t’a pas vu ?
-J’ai été silencieux comme un loup.Bon sang , ils ont déversé des vieilles huiles dans
le gouffre de la Montagne Saint-Paul !Martinet nous a dit: » Le gouffre mène à des grottes
souterraines où il y a des petits cours d’eaux, ceux-ci
alimentent les nappes phréatiques »-Mais que fait Yannick ?
Mitraille, le patron de la casse ouvre les portes
du hangar, dans un vacarme de tôles ondulées
qui s’entrechoquent.Il entre accompagné de Berlu, le malfrat trafiquant
en tout genres.-Alors morpion, t’as réfléchi ? Dit-il en entrant.
Si tu causes pas de ce que t’as vu,
on te butera pas. Hein que c’est vrai le Berlu?-Ben peut-être que oui, peut-être que non…
Ca dépendra de mon humeur.
-Ah! Ah! Tu vois le mouflet, moi je suis un gentil,
mais pas mon pote !
On va réfléchir à ton sort, ptit gros !Les portes se referment avec le même fracas.
J’entends du fond de ma prison, un code que
seul Lefuret et moi connaissons.Le son est à peine audible, signe qu’il ne faut pas
éveiller les soupçons !Le code dit ceci ;
« Tous là… Allons te sauver… Pas de panique…Silence »Pendant mon attente, j’entends des pas, des chants,
une voiture qui démarre. Puis elle revient, je n’y
comprends rien !Une bonne heure s’est écoulée, ma montre Casio Illuminator
m’en donne l’indication. Elle est ma seule source de lumière.Enfin, la porte s’ouvre ! Tous courent vers moi.
Nat me défait les liens, elle me donne un gros bisou.Le Furet me donne une grosse tape dans le dos.
– Allez, Momo, on n’a pas le temps !
Il faut partir au plus vite.Nous courons vers la sortie sans oser regarder
derrière nous.Je leur propose de venir chez moi, pour faire un
débriefing de ce qui est arrivé.Maman est là, souriante, comme je ne l’ai vu
que rarement.-Ca va M’an ?
-Oui , très bien. Lefait a été engagé comme
chef de rayon.-Ben, M’an, t’es vachement persuasive quand
tu t’y mets !-Maurice, nous manquons aux règles de l’hospitalité.
Venez les enfants, j’ai fait une tarte aux pommes.
Maurice veux-tu bien servir de la limonade à tes copains.-Tous éclatent de rire.
Ma mère est embarrassée, elle ne comprend pas.
-On ne dit plus limonade depuis des lustres.
-Ah bon !
-Aujourd’hui, on dit du Fanta !
Tout le monde rigole de nouveau, ma mère a
compris, elle en rigole aussi.Man comprend qu’on voudrait être seul,
discrètement elle s’éclipse.-Mais comment saviez-vous que j’étais
emprisonné là-bas ?Le Furet résume les faits qui se sont déroulés
pendant ma séquestration.Tout d’abord, je me suis rendu chez Garon .
Je lui ai demandé s’il t’avait vu.
Il m’a dit qu’il n’avait vu que des voitures !Evidemment, je n’ai pas cru un mot de ce que
me disait Garon.J’ai cherché des indices, sans éveiller les soupçons
du garagiste.J’ai trouvé un emballage de barre chocolatée que
tu as l’habitude de manger.L’analyse de l’emballage a révélé des traces fraîches
de chocolat.Puisque tu n’étais pas là, j’ai conclu que tu avais
trouvé un indice compromettant.Les malfrats t’avaient emmené de force: des traces de
pieds sur quelques mètres le prouvaient.De plus, il y avait des empreintes de pneus de camion.
Garon s’est douté de quelque chose, il m’a dit de fiche
le camp.L’affaire se corsait, j’avais déjà soupçonné Videngetout
de faire du trafic avec certaines entreprises,
peu scrupuleuses.J’ai réuni le reste du groupe de l’E.E.R.D.3.S.
J’ai envoyé un SMS d’urgence aux membres : « réunion
chez moi, on a perdu Momo ! »En attendant leur arrivée, j’ai allumé une pipe pour mieux
réfléchir.
Je me demandais : « Si Momo a été enlevé,
où a-t-on pu l’emmener? »Nat, Henri, Paul sont entrés dans l’abri de jardin.
J’ai fait un bref résumé des faits. Nat ne tenait pas en place.
Pour elle, Garon et Piton étaient de mèche.
Garon, ce coureur de jupons, avait été vu dans le
camion de Videngetout par sa mère.Une question cependant résonnait dans nos têtes: « Où
étais-tu passé? »Paul,notre intellectuel , affirmait que tu avais découvert
quelque chose.
Henri a proposé d’aller faire un tour
chez Mitraille le propriétaire de la casse.
Nous sommes tous tombés d’accord.L’endroit était terrifiant, il n’y avait pas âme qui vive.
Les voitures ,telles des cadavres inertes, semblaient
prêtes à bondir comme des fauves.La casse était jonchée de toutes sortes de vieilles
machines dont les formes faisaient penser à des
créatures de l’époque des dinosaures.Non nous sommes dirigés vers le hangar. Les épaves
nous servaient de cachettes, nous ne devions pas
être à découvert.Je suis arrivé le premier à la porte du hangar.
Les autres sont arrivés peu après.Tout à coup nous avons entendus des bruits de pas:
Mitraille et son acolyte Berlu: le malfrat trafiquant en tout genre,
recherché par la police.Nous avons regagné nos cachettes.
Ils ont ouvert la porte, nous avons entendu les
menaces à ton sujet.
Nous avons deviné la présence du camion, une forte odeur d’huile
s’est dégagée lorsque la porte s’est ouverte.Mitraille,Piton et Berlu se sont mis à boire, pendant
ce temps nous réfléchissions au moyen de te délivrer.Big problème! Un énorme cadenas fermait la porte du hangar.
Paul, l’intellectuel du groupe a eu une idée de génie ;
attaquer la serrure du cadenas avec de l’acide sulfurique
contenue dans les vieilles batteries.J’ai demandé combien temps cela pourrait-il prendre?
Pas plus de cinq minutes a-t-il répondu.Coup de chance pour nous, le trio de malfrats est
monté dans une camionnette. Ils étaient à court d’alcool.Paul ne perdit pas de temps, il trouva tout ce qui lui était
nécessaire dans la casse.Une vieille bouteille d’alcool lui servit de récipient et de
déversoir. Un tuyau de cuisinière à gaz de goutte à goutte.L’action de l’acide a été instantanée, la réaction
chimique dégageait une odeur nauséabonde.Bref, tout avait l’air de marcher comme sur des roulettes.
C’était trop beau pour être vrai! La Bourlingo revenait.
De nouveau, cela nous obligeait à rejoindre nos caches.
L’alcool coulait à flots, dans la cabane régnait
une ambiance démente.La nuit avait étendu son long manteau noir!
C’était à la lueur des lumières de la cabane que nous
apercevions l’action de l’acide.Il fallait être patient!
Quand,tout à coup le cadenas tomba à terre!Il fallait cependant s’assurer que la voie était libre.
Je ne voulais pas prendre de risques inutiles.Plus aucun bruit ne nous parvenait de la cabane…
Dormaient-ils?Nat, agile comme un gazelle, s’est chargée d’aller voir.
Enfin la voie était libre.
Nous sommes tous entrés et t’avons libéré. Voilà tout!
-Merci à tous, vous avez pris de gros risques pour moi!
Momo on t’a sorti des griffes du tigre mais
celui-ci, tel un animal blessé ne va pas te
laisser tranquille.L’enjeu est trop important !
Il faut les mettre hors d’état de nuire.– Faut-il appeler l’inspecteur Lejeune?
demanda Paul.-Non ! Reprit Le Furet, cela mettrait la vie
de Momo en danger.Je propose de suivre les compères cette nuit.
Mon nouvel appareil photos à infrarouge nous
permettra de réunir les preuves nécessaires,
afin que la police puisse les inculper.En route vers la casse, nos truands pollueurs
ont certainement cuvé leur vin !
Quand nous y arrivons, la casse à l’air endormie.Le vent souffle à travers les carcasses entassées,
cela crée une atmosphère inquiétante.Nous marchons d’un pas, on ne plus léger.
Le groupe trouve une cachette près d’une veille
camionnette.
Pas de signe de vie des trois compères, quand
brusquement, le gros moteur diesel du camion
vrombit, crachant une fumée noire.C’est pour nous le signe que, Mitraille, veut
mener à bien son méfait.-Il nous faut les suivre, chuchota Le Furet.
Henri qui conduit régulièrement le tracteur
de son grand-père propose de prendre la Bourlingo.A suivre…
Nat a peur !
-T’es sûr de toi Henri!
-Pas le temps de réfléchir, le camion est déjà à la
sortie de la casse. Tous en voiture ! Ordonna-t-il.Henri démarre la camionnette, il suit le vieux camion
tous phares éteints.
-Parbleu! Ca chlingue à mort, là-dedans! S’écria Nat.
Tout le monde rie à gorge déployée.Nat est une fille super jolie, sa témérité n’a jamais
fait défaut.
De plus elle fait partie des filles branchées de l’école.-Roule pas trop près, on va se faire remarquer
dit Paul.
-Pas de risque avec cette caisse ! T’as vu la carrosserie ?
On ne distingue plus la couleur,reprit Henri.
Le camion fait une embardée, signe que nos
lascars sont bourrés.Bientôt nous nous retrouvons près de la Montagne
Saint-Paul, au lieu dit « Le gouffre du loup »Henri met la Bourlingo derrière un talus.
De notre cachette, nous distinguons les
manœuvres de nos bandits pollueurs.Le Furet prend des photos à profusion.
Brusquement, le tuyau vomis le contenu du camion
dans le gouffre.
Henri, hors de lui, décide d’intervenir.-Je vais les assommer, vous appellerez la police!
– Pas question! Reprend Le Furet. Berlu est
certainement armé!
J’ai une meilleure idée : il faut saboter la pompe
du camion.Paul est le plus indiqué pour cette mission.
-Paul, dès que tu auras trouvé le moyen de
bloquer la pompe, tu nous fais un signe.– Nous serons quand même repéré dis-je.
Le Furet reprend la parole sans même daigner
me répondre.-Nat, tu enverras un SMS à l’inspecteur
Lejeune : S.O.S URGENT BERLU est au gouffre
du Loup .(E.E.R.D.3.S)Paul se rend près du camion, armé de sa lampe
torche. Il prend mille précautions, malgré la nuit,
pour ne pas se faire voir.Il étudie sommairement le système hydraulique
qui permet à la pompe de fonctionner.C’est avec son canif Suisse qu’il dévisse un élément
du clapet anti-retour.La pompe crachote ses excréments huileux puis s’arrête.
Paul fait signe mais il fait trop noir pour le voir à l’œil nu.L’appareil du Furet nous permet de voir le signe de Paul.
Nat sans perdre un instant envoie l’SMS.
Réponse immédiate de l’inspecteur : Pas de risques inutiles.
Ne vous montrez pas j’arrive !Tous tapis derrière le talus nous attendons la venue des
forces de polices.La pompe est tout à fait à l’arrêt. Piton jure et crache
tout les mots grossiers qu’il connait.Il s’approche du camion pour chercher l’origine de la panne.
Il n’y connait rien en hydraulique, trouver la panne lui
est donc impossible, nous chuchote Le Furet .-Bien joué Paul ! Où diable as-tu appris l’hydraulique ?
-Vous connaissez ma passion pour le modélisme.
C’est en construisant un camion que je me suis
documenté sur leurs systèmes hydrauliques.-Chut ! Les garçons on va se faire repérer.
Nat, est par moment notre ange gardien.Le silence règne à nouveau parmi le groupe.
Berlu et Mitraille se disputent comme des
Chiffonniers, chacun accuse l’autre de toutes
les fautes.Piton oriente par hasard sa torche vers la vanne
que Paul a saboté.-Que je sois damné ! On a foutu en l’air le clapet anti-retour.
Berlu est étonné de la perspicacité du patron de la casse.-Comment t’as dégauchis ça Piton ?
-J’y pige rien, mais quand je fais aller la vanne tout s’arrête.Ca doit-être ce vaurien de mioche, qui s’est échappé,
je parierai que c’est lui. On va le chercher il ne doit
pas être loin…Brusquement un faisceau est pointé sur nous.
Nous sommes démasqués!-Alors bande de morpions, vous vous
croyez plus malin que Berlu ?Henri, fort de ses cent kilo veut lui sauter
au cou mais il est stoppé net à la vue
du Berreta 92F pointé sur nous.-Bouges pas morpion, si non je te bute !
Y a quinze coups dans mon flingue et
un de plus au cas où.Mitraille ne tarde pas à le rejoindre.
-Eh ben , Berlu, t’as vachement du flaire,
moi je les aurais jamais retrouvés.– Arrêtes ta sérénade Mitraille !
Maintenant on va passer aux choses sérieuses.
On va jeter les mômes dans le gouffre. Avant
qu’on ne les retrouve, on sera loin…A suivre…
Allez on y va, comme à l’école, en file indienne.
-Berlu, faut pas faire ça ! C’est trop grave!
-Ferme- la, Piton, si non je te bute aussi.Il y a au moins une quinzaine de mètres
qui nous séparent du gouffre.Nat trouve le moyen de gagner du temps, elle feint
de s’évanouir.
-Manquait plus que ça, ah les gonzesses !Allez ma belle, si tu te relèves pas, je te bute
comme t’es là !Nat se relève en s’excusant.
-Faut pas me raconter des balivernes, ma ptite!
C’est pas à un vieux singe, qu’on apprend
a faire des grimaces.Allez, avancer tas de morpions.
Nous sommes près du gouffre, nos regards cherchent
à se croiser malgré l’obscurité, comme pour nous dire adieu.Alors que nous allions vers une mort certaine,
une voix déchire ce silence meurtrier.-Berlu, Mitraille,Piton, les mains en l’air !
Vous êtes cernés!
Ici l’inspecteur Lejeune vous êtes faits!Un immense projecteur nous éclaire.
Nous sommes à présent aveuglés.
Notre joie est indescriptible, tout le monde,
pousse un ouf de soulagement.Berlu jette son arme à terre, aussitôt deux policier
l’emmènent dans un fourgon de police.Piton et mitraille se mettent à genoux, les mains dans le dos.
Ils sont emmenés,menottes aux poings.Piton et mitraille accusent Berlu. Ils profèrent toutes sortes
d’injures à son encontre.Nat saute au coup de l’inspecteur, elle l’embrasse.
-Ca va, ça va, ma petite ! Je ne suis pas superman voyons !
-Vous êtes bien plus que ça.
-Allons boire quelque chose au commissariat.
Vous me raconterez les détails de l’histoire…
Quant à notre cher garagiste, il a été inculpé
d’association de malfaiteurs, mal vaillance et
non respect de la nature .L’écho de notre histoire a fait grand bruit à l’école ce qui m’a permis de devenir délégué de classe.
FIN
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