-
Sujet
-
https://www.zupimages.net/viewer.php?id=25/31/38vn.png
[img width=800]https://zupimages.net/up/25/31/yjuv.jpg[/img]
Prose
Il y a, au centre de mon ventre, ce creux discret qu’on oublie souvent, mais qui parle à voix basse. Mon nombril. Lien tissé dans l’ombre, noué bien avant les mots, avant même le monde. Il me rappelle que j’ai été attendu, désiré peut-être, porté sûrement. Il garde en lui, comme un murmure enfoui, le souffle de celle qui m’a mis au monde, et le silence de son amour.
Quand mon ventre, nu, vient frôler celui de la femme que j’aime, ce n’est pas qu’un geste. C’est un passage. Le souvenir de deux enfances qui se répondent à travers nos peaux. Deux mères invisibles, là, dans l’ombre douce du moment, veillent sans rien dire. Elles veillent pour que le désir ne soit jamais une fuite, mais un retour. Pour que l’étreinte ne soit pas oubli, mais offrande.
Ce creux sur mon ventre, posé contre le sien, n’est pas innocent. Il dit d’où je viens. Il écoute d’où elle vient. Et ensemble, peut-être, il nous murmure vers où aller. Rien de plus, rien de moins. Un souffle de vie entre deux silences aimés.
Charef Berkani
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.


je ne savais qu’ils étaient si bavards