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Sujet
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Mon premier poète
N’attendez pas de lui de vous chanter des fleurs
Et de mettre à côté pour votre souhait les pleurs.
Son humeur ne permet cet élan équivoque
Quand tout autour de lui a l’apparence glauque.Il ne peut vous mentir, iriser les pâleurs
Et de mots doucereux voiler tant de malheurs
Il serait un félon fiable à des régimes
Puis demain, à leur chute, un ridicule mimeQu’il soit un vrai poète ou vulgaire rimailleur
Ses mots sont des obus, pas ceux des artilleurs
Leur portée est lointaine et leur impact verbale
Ils ne font pas de morts, au plus des joutes orales.Ne lui en voulez pas d’être hélas tristounet
À ses heures peu gaies, il est gentil, douillet
J’étais son apprenti, lecteur si je puis dire
Encore enfant, de sa prose il voulut m’induire.Je suis peu son reflet et ma rime est son âme
Il n’est plus parmi nous, mais en moi est sa flamme
Pourquoi Instituteur, as-tu senti mon penchant
Et cédé ton fardeau pour moi, ce temps méchant ?
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