-
Sujet
-
Moi, le vampire
J’ai choisi de mourir et renaître en vampire
Fuir le jour et embrasser les mortels soupirs
De la nuit, ne plus sentir la chaleur du corps
Les émois du cœur, pour un avenir si goreEn un baiser mortel, tout en perdant mon âme
Je survis par le sang, surtout celui des femmes
Don Juan des enfers, les crocs si acérés
Je les sens palpiter, leur regard sidéréEt quand survient le noir, il est temps de partir
De retourner dans mon cercueil, obscurs martyrs
Que mes victimes, je prends leur vie, sans vergogne
Pour oublier, la puanteur de ma charogneMoi qui suis damné ! D’être immortel et vampire
Que m’importe la mort, les ravages du temps
Car je ne peux point mourir, juste m’assoupir
Je me vomis, de jouir d’un corps de mutant.Revoir poindre le jour d’un soleil éclatant
Ressentir à nouveau les émois de mon cœur
Je ne puis accéder à ces plaisirs si plaisants
Condamné au sort, de souffrir d’un crève-cœurJ’ai voulu l’éternité, j’ai eu solitude
Et l’enfer ! Dans ce caveau, pensant à ma vie
Je n’avais que soupirs, tout était lassitude
J’ai vendu mon âme à Satan, je suis mauditJe pleure l’amour immortel, des larmes de sang
Coulent le long de mes joues blanches et blafardes
Car moi vampire ! J’ai perdu l’aimée, impuissant
Quel cruel sort, j’en veux à mort à la camardeJe me rappelle des folles nuits, d’aventure
Quand nous allâmes à deux, les crocs aiguisés
Mordre la chair savoureuse des créatures
Plonger dans le cou des humains épuisésDéguster ces succulents repas, ressentir
Palpiter la vie qui part en quelques instants
Tenir dans les bras, ces pauvres poupées de cire
Hélas ! Ma compagne est partie vers le néantMinuit, je sors de ma torpeur crépusculaire
Je détends la mâchoire et muscles maxillaires
Un goût âpre dans la bouche, les incisives
Veulent sortir soudain de leur langueur oisiveÊtre vampire n’a pas de côté romantique
L’immortalité a cet aspect pathétique
La Mort embrasse la vie, de ses longs baisers
Fatals, elle n’a jamais l’esprit apaiséChasse à l’humain, perpétuel rituel
Le travail artisanal, surtout manuel
J’aime planter les crocs aiguisés dans le cou
De mes proies qui meurent d’effroi à tous les coupsAucun sentiment, ce ne sont que des poupées
Que le garde-manger et j’en fais mon souper
De succulents repas, parfois assaisonnés
De sang coagulé, jamais empoisonnéLe forfait accompli, repu de l’élixir
La nuit m’appartient, c’est tout mon univers
Le royaume des ombres, aux visages de cire
Les corps exsangues ne sont que des fait diversJ’ai beau être un revenant, une créature
Aux mœurs si douteuses mais j’ai aussi un cœur
Même si cela n’est pas dans ma vraie nature
Aimer ! Pour les femmes, je n’ai point de rancœurComment déclarer cet amour que j’ai en moi
Pourrais-tu chérir, moi qui donne que la mort
J’ai des sentiments qui me mettent en émoi
Cause perdue qui me laisse à mon triste sort !Ô toi !
Roulons-nous dans le lucre, stupre et la luxure
Que nos corps se mêlent, s’entremêlent, jouissent
Ils frémissent déjà au goût de nos morsures
Mord-moi ! Brutal, fougueux vampire les entrecuissesAbreuve-toi du nectar de mon doux calice
Tes baisers sataniques sont un pur délice
Je réclame tes caresses sur ma peau lisse
Ton ardeur démoniaque nous rend complicesQue tes longs crocs acérés pénètrent ma chair
Aspire le suc brûlant qui te donne vie
Je fais don de ce sang, par amour mortifère
Ce fluide vital assure ta survieAccorde-moi la Mort car tu es un vrai mâle
Ô toi, mon bel immortel ! Fait de moi ta femme
Célébrons notre amour devant l’autel du mal
Que cette union ne meurt jamais dans les flammes !Nosferatu
Sur les terres sordides des peurs ancestrales
Quand les lieux se couvrent de terribles ténèbres
Ressurgissent soudain les craintes viscérales
Les effrois, les tourments et les rites funèbresDans les sombres ruelles d’un village maudit
Apparaît sortant des brumes, Nosferatu
Le démon cherche sa proie au cœur d’un taudis
L’enfant à l’âme pure et de grande vertuCruelle bataille entre le bien et le mal
Que peut le vampire contre la main de Dieu
Et dans chaque humain sommeille NosferatuElle va s’abattre sur la bête anomale
Qui doit s’enfuir dans les profondeurs des cieux
Car l’homme est avant tout un animal qui tuePropos d’un vampire
Avant les lueurs crépusculaires d’un lever matutinal
Je me retire dans la sombre crypte du château délabré
Evitant les rais destructeurs d’un soleil éclatantDormir le jour, tel est le sort funeste du rejeté de Dieu
La malédiction éternelle d’un Mort-vivant à l’âme damnéeMon cœur est sec comme la pierre
Et mon esprit est terne comme la cendre
J’ai renié la foi pour acquérir l’immortalité
Car je ne pouvais pas supporter
La putréfaction programmée du corpsJ’ai signé de mon sang, les termes du marché
Sur un parchemin en vélin, abandonné mon âme au malin
Afin d’éviter la fin décadente des mortels humainsLe temps n’avait plus d’emprise, plus de poids
Sur mon existence de vampire, j’étais un anachronisme
Une anomalie sur la TerreJe n’avais qu’un seul but, me nourrir du sang capiteux
Et enivrant de ces pauvres victimes, plantant mes crocs acérés
Dans le cou palpitant des femmes qui se donnaient à moi
J’aimais ces veines rouges qui attendaient
Le baiser mortel de ma bouche avideMais que vaut cet état si je n’ai plus de joies simples et heureuses
Celles que j’ai vécues quand j’étais un homme que l’on dit normal !Je suis un monstre ! N’enviez pas mon sort !
N’ayez pas peur de la Mort, elle n’est qu’un passage
Pour moi, l’immortalité est pire que ma propre Mort !Et je m’endors dans mon cercueil avant le lever de l’astre de feu
Pensant dans mes cauchemars à tous mes aïeux !Le bal
Cette pauvre charogne qui gît sur la terre
Et les nécrophores rentrent par l’œsophage
Des larves d’insectes sortent du sphincter
De ce corps pourri, bouffé par les nécrophagesJ’ai planté mes crocs dans la masse informe
Moi, le maudit ! L’éternel damné, un vampire
Que je suis et je peux prendre toutes les formes
Et j’ai bu tout son sang jusqu’au dernier soupirChaque nuit, je m’abreuve des pantins humains
Je vois la peur, l’effroi total sur les visages
Rassasié jusqu’à la proie du lendemain
Chez les mortels, je fais un terrible carnageAvant que le jour se lève, fuir le soleil
Je retourne par instinct dans ma propre tombe
Pour un repos diurne à nul autre pareil
D’autres comme moi dorment dans les catacombesEt nous participons à un bal des ténèbres
Les goules et les striges en habits d’ébène
S’agitent en couple sur des danses funèbres
Oh surprise ! On nous sert du sang frais, quelle aubaine !Vers bohème
Mon sommeil est terminé, mon corps reprend vie
Je sors du tombeau aux lueurs crépusculaires
Car j’ai trouvé la mort sur le seuil d’un parvis
Je ne crains que les rayons de l’astre solaireJ’étais humain, maintenant devenu vampire
Aujourd’hui monstre immortel assoiffé de sang
Dracula ! Prince du mal, régnant sur l’empire
Le monde des ténèbres, je suis tout puissantMais dans mon château des Carpates, je m’ennuie
Alors pour passer le temps, j’écris des poèmes
Et je pars en chasse des mortels, dès minuit
Repu de leur sang, j’ai souvent le vers bohème !
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

