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Sujet
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Armand Amar – Bab’Azîz
Nobody is perfect : L’art grotesque du conciliabule !
Tu sais j’ai oublié quelque part en octobre,
Une part de moi-même essentielle et vitale,
Que délibérément j’ai jeté dans l’opprobre ;
Pour pouvoir m’éviter les éclats d’un scandale !Tu sais j’ai oublié au fond d’une amnésie
Quelle était la musique, entre attaque et riposte,
Que scandaient ces rebelles accusés d’hérésie,
Mais que j’adorais tant ; qui endiablaient mon poste…Tu vois j’ai effacé la chanson et le disque
Qui tournait sur ce banc de bois désabusé,
D’où je partais parfois en occultant les risques ;
Où je suis revenue défaite et médusée !Car oui je suis partie, seule à fleur d’innocence,
Avec mon baluchon plein d’incompréhensions,
Plein de démons vicieux qui hantaient mon enfance,
Jouaient avec mes nerfs tendus d’appréhensions ;Oui je suis partie seule, en débordant de vide ;
Gonflée comme un ballon de baudruche égaré,
Se laissant malmener par ces vents trop rapides ;
Se laissant éclater, bien trop désemparée !C’est là, te souviens-tu, que j’ai croisé ta route,
Dans la fraîcheur humide au coeur du crépuscule ;
Là où je t’ai laissé, dans un moment de doute,
Me parler d’amitié sans aucun préambule !Là où je t’ai suivi, confiante et aveuglée
Par cette perspective au charme éblouissant,
Tuant la solitude où j’étais étranglée ;
En m’offrant deux amis vraiment compatissants…Là où je suis partie pour ne plus revenir
Qu’en morceaux déchirés, qu’en lambeaux de moi-même ;
En moins de temps qu’il faut pour rêver d’en finir ;
Pour conjurer le sort et tous ses anathèmes !Là où j’ai oublié quel était ton visage,
Qui n’a aucune forme, aucun trait dessiné,
Car tout s’est effacé quand soudain cette cage,
S’est refermée sur moi pour mieux me piétiner !Tu sais j’ai obéi, tu vois je n’ai rien dit,
Comme un chien bien dressé entravé par sa laisse ;
Qui ne peut s’évader, mais qui jappe et bondit ;
Puis devient enragé quand un bâton le blesse !Oui tu vois j’ai appris la leçon délétère,
Inculquant par la peur, la haine et la torpeur,
Qu’il vaudrait mieux pour soi ne rien dire et se taire ;
Mais qu’il vaut mieux parfois hurler dans la stupeur !
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