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Sujet
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La vraie vie, c’est d’embarquer dans un Greyhound (bus)
à Manhattan ou à Boston,
ET de traverser l’Iowa et l’Ohio en une journée,
C’est de s’assoir à son numéro près d’une négresse
se rendant à Chicago,
C’est de regarder défiler les paysages comme des tomates vertes
Ou des cartes à jouer de poker,La vraie vie, c’est d’être étranger parmi un peuple aventurier,
solidaire et précurseur,
de descendre vingt minutes dans une minuscule gare routière,
D’en faire le tour et de ressortir avec des frites et un coca glacé,
Peu importe l’heure, à midi ou à minuit,
De rejoindre son siège sous le commandement d’un chauffeur assermenté,La vraie vie, c’est de se sentir membre d’une communauté,
De paysans, de libraires, d’horlogers et de maçons,
C’est parmi eux, de sentir le temps s’épaissir comme une pâte sucrée,
De se taire avec orgueil, et de surveiller la route, d’avoir peur des virages
ET des plaines universelles, où ne grandit que du maïs, ou des cornichons,La vraie vie, c’est de traverser l’Iowa et l’Ohio, pour en découdre
Avec la littérature du 19ème siècle,
C’est de découvrir à chaque heure, de nouveaux paysages,
de pitoyables ou honnêtes visages, des fronts angoissés,
C’est de parler dans un langue sauvage et familière, grossière,
Pour faire partie d’un peuple au coeur silencieux mais passionné comme la Grosse Pomme.NB j’ai écrit ce poème, suite à un propos d’une journaliste de Nostalgie ( radio) disant que la vraie vie c’était de faire apprendre à son enfant des tables de multiplications, je reconnais que c’est important, mais est ce la vraie vie ? Merci à elle pour m’avoir inspiré. Je souhaite à son enfant, s’il apprend bien ses tables, de faire de beaux voyages en Amérique.
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