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Sujet
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Roman sans photo
Nelly et Antoine
Sous forme de feuilletonPROLOGUE
Où tout a commencé
Lecture alexandrineDerniers feux de l’été, c’est la fin des vacances
Bientôt c’est la rentrée, en classe terminale
Et pour marquer cela, les copains et copines
Bains de mer et soleil, terminer en beauté
Se retrouvent en soirée: rendez-vous au Tamtam
Be-bop, tango et slows, ambiance électrisée
Only You, les Platters, Paul Anka et Johnny
Qui chantent Diana et puis retiens la nuit
La bière coule à flots, Coca et jus Pampam
Ils ont beaucoup dansé, se sont plu, ont flirté
Il est minuit sonné. Elle dit: tu me ramènes
Et lui très empressé propose sa Vespa
Sur la voie du retour, ils s’offrent une escale
Histoire de goûter au charme de la baie
La blonde Séléné fait scintiller la mer
Les échos du dancing ne sont plus que mirage
Ils se sont déchaussés, descendus sur la plage
Marché main dans la main où l’onde boit le sable
La douceur sous leurs pas, la fraîcheur qui agace
La mer joue clapotis. Ils ont chaud, ils ont froid
Ils se sont rapprochés, se tenant par la taille
La lune s’est cachée, les laissant seuls au monde
Dans une citadelle d’obscurité soudaine
Qui les rapproche encore: le flirt est dépassé
Ils se sont devinés, enlacés sans attendre
Pas un mot, leurs mains jouent la tendresse
N’ont rien à ignorer du feu qui les consume
Ils découvrent enchantés le monde des caresses
Instant de vérité. Leurs corps ne font plus qu’un,
Et leurs lèvres soudées échangent confidences
Un dialogue muet, une folle impatience
Il est de ces silences valant mieux qu’un je t’aime
Combien de temps ainsi ont attisé la flamme
De leur jeunes désirs ont affûté les armes
La jupe retroussée adossée sur le mur
Le chemisier ouvert, offrant de beaux seins nus
L’espace d’un soupir, l’école du gémir
Quand il s’est dégrafé, tous ses démons lâchés
D’un coup elle prend peur et se traite de folle
Piégée, elle est piégée, que faire s’il insiste
Il l’a sentie trembler, dire non dans un souffle
Et ajouter j’ai froid, d’une petite voix
Il est total frustré, maudit sa maladresse
Se rend à la sentence, lui passe son chandail
Lui ventre explosé, elle moite et trempée
Ils se sont rechaussés, mocassins ballerines
Et d’un pas incertain ont regagné le mail
Il l’a raccompagnée, chacun rentré chez soi
Un sommeil agité, témoin de leurs émoisIl auraient pu s’aimer, l’ombre était complice
Mais elle n’a pas osé faire le pas de deux
C’est vrai qu’en ce temps-là, on disait pas tu baises
Pilule et bonnets, c’était très compliqué
Pour les ados rêvant d’une charnelle danseDerniers feux de l’été, nous étions en septembre
Au lycée la rentrée, pour les garçons les filles
Se sont revus souvent sur le mode prudent
Le temps de se trouver la source pilulée
C’est sympa les copines surtout les délurées
Finalement c’est sa chambre qui recueille son cri
Oui les parents absents, tu vois comme c’est facile
Elle a tout bien pensé, cette rusée coquine
Même les draps tachés, ça peut lui arriver
Lui n’avouera jamais: c’est la première fois
La suite en décembre le hasard leur offrit
Pour de neuves amours un joli petit nid
Un bungalow prêté distrait de l’hivernage
Par une amie sincère, elle aussi concernée
Dans un camping discret géré par son grand frèreIls ont bien travaillé les maths et le français
Étudié savamment les jeux extrascolaires
Et ajouté des stances aux couplets du plaisir
Ils sont vraiment épris. Vient le temps des épreuves
Bachelors mention bien, amants mention très bien
Leurs vies ont bifurqué sans qu’ils se soient promis
Le droit à Aix pour elle, pour lui Arts et Métiers
Dans Paris exilé. Il y eut quelques larmes
Des serments murmurés: on se retrouvera
Leur relation muta, devint épistolaire
Et puis tout s’arrêta, sans que l’on sut pourquoi
Elle s’appelait Nelly, et lui c’était AntoineSans que l’on sut pourquoi , peut-être qu’eux le savent? Rembobinons le film, début de cette histoire… Et poursuivons en prose.
Parceval
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