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Sujet
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En prologue
Je me souviens encore du sel sur mes lèvres et du vent chaud qui s’engouffrait dans les ruelles de Tavira. Je n’étais pas censé m’attarder dans ce petit port portugais où le temps semblait s’être arrêté.
L’itinéraire initial du voyage devait emmener le groupe que j’accompagnais vers Lisbonne, puis plus au nord, vers Porto. C’était un été sans fin, un de ceux où les jours s’étirent comme des chats au soleil, et où les nuits vibrent de promesses murmurées entre deux verres de vinho verde.
Une panne du système d’air conditionné de notre autocar m’avait contraint à modifier quelque peu le programme de voyage. Dans l’attente de pièces de rechange ou de trouver un nouveau véhicule et le cas échéant un logement. Les modifications ont bien été acceptées par mes compagnons de voyage qui se sont montrés très compréhensifs.
J’avais organisé pour le lendemain matin une promenade dans les collines.
Le ciel était pâle, le vent léger, et les pas crissaient sur les feuilles sèches. En ma qualité de « tour Escort » accompagnateur, je fermais la marche.
Au détour d’un sentier que même les cartes semblaient ignorer, nous avons croisé une vieille dame. Elle était assise sur un muret de pierre, entourée de silence. Pas de sac, pas de téléphone. Juste elle, et le paysage. Je l’ai saluée d’un respectueux « Bom dia senhora », pensant qu’elle attendait quelqu’un. Elle m’a répondu dans sa langue avec un sourire discret : « Je viens ici chaque matin. Ce sentier, c’est mon voyage. » Elle avait parlé doucement, comme si ses mots étaient faits pour ne pas déranger les arbres tordus qui projetaient des ombres de légende. Elle nous a raconté les saisons qui passent, les oiseaux qui reviennent, les souvenirs qui s’accrochent aux pierres, je traduisais. Nous avons écouté si bien que l’arrêt a été plus long que prévu mais personne ne regardait sa montre.
La vieille dame avait transformé notre marche en halte et la halte en rencontre.
Lorsque nous avons repris le chemin, le sentier semblait différent, plus vivant, comme si, à l’écoute de la vieille dame nous avions appris à mieux regarder.
J’étais arrivé à penser que tous ces petits hasards, ces coïncidences étaient des signes que la vie m’envoyait…( à suivre…
"Ce qui a le moins vieilli en moi c'est ma jeunesse"...Et il escaladait l'échelle qu'il avait appuyée ? rien pour aller marier une girouette au vent .
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amicalement