Certains comptent des moutons, d’autres…
Si la pédérastie est peu courante, voire inexistante à bord, il n’en est pas de même pour l’alcoolisme. Beaucoup, sans être ivres à chaque instant, étaient classés dans les alcooliques, abusant trop de la divine bouteille.
Pour mon cas personnel, à part cette cuite qui, un soir sur l’ile de la Réunion m’empêcha de passer une bonne nuit en charmante compagnie, ce fut bien la seule fois où je sombrais dans la boisson.
Par contre, certains collègues ne peuvent pas en dire autant. Témoin ce récit.
Sur l’Isara*, le bosco ( Maitre d’équipage, le chef des matelots) nous posait un grave problème. Non connu comme buveur, chaque matin, il se réveillait complètement ivre, à tel point qu’il pouvait tout juste assurer son service.
Comment se pouvait-il que, à jeun le soir, il se réveillait bourré au petit matin ?
Lui-même ne semblait pas avoir de réponse à ce casse-tête.
Il fallut que, un matin, plus imbibé que les autres jours, nous ayons enfin la réponse, toute simple.
Les matelots qui, ce marin-là, ne voyant pas leur chef à l’heure à l’embauche, osèrent entrer dans sa cabine, le trouvèrent encore au lit, incapable de se lever. Le Commandant alerté ordonna une fouille complète de sa cabine, et ô surprise, sous son lit, des bouteilles de vin, certaines à moitié vides, d’autres pas encore ouvertes s’y trouvaient.
Notre homme, en guise de somnifère, se soignait au vin rouge, jusqu’au jour (pardon, jusqu’à cette nuit) où, abusant trop de sa médecine personnelle, fut incapable de se lever.
Le Commandant le débarqua au prochain port, pour faute grave.
Il aurait compté les moutons comme tout le monde, il serait encore parmi nous.
* Isara, petit pétrolier de 33000 tonnes de la société maritime Shell
Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse
Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs