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Récit de voyage ( Animaux à bord)

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 20-09-2023 21:25.
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    Sujet
  • #2612759
    Renard Maurice & Martine la po?tesse
      • Sujet: 1115
      • Réponses: 900

      Nos amis les bêtes et nous.
      Quelquefois lorsque j’embarquais sur un nouveau bateau, se trouvaient soit un chat, un chien et même une fois le chef cuisinier était revenu de terre avec un oiseau. Il obtint l’autorisation de se faire confectionner une volière par le service entretien pour son compagnon à plumes.
      Au fil des voyages, la volière s’agrandit, mais ces volatiles eurent une fin tragique, car un novice quelque peu éméché et possédant une carabine à air comprimé, un soir de déprime fit un carton presque à bout portant, et les décima tous.
      Je ne vous raconte pas la colère du responsable des oiseaux, amenant le coupable à coups de pompes dans le derrière chez le Commandant, il fut catégorique.
      -« Commandant, c’est bien simple, c’est lui ou moi. Si vous ne le débarquez pas immédiatement, c’est moi qui fais ma valise ».
      Comme c’était le chef cuisinier, et que le novice avait vraiment fait une faute grave, on le débarqua au premier port. Triste fin pour ces compagnons qui nous apportaient un petit peu de bonheur en les contemplant.

      – L’histoire de ce chien qui fut trouvé errant sur un quai à Alger. Maigre, mourant de faim, il fut recueilli et soigné par l’équipage. Il devint notre mascotte et, tout le monde l’adorait. On le voyait tantôt sur le pont, tantôt aux cuisines pour réclamer sa pâtée, à la passerelle même où les officiers l’avaient également adopté.
      Justement, un jour, le chien se trouvait à la passerelle. De retour à Alger pour quelques jours, dès la manœuvre d’amarrage terminée, des civils montèrent à bord, soit des gens de l’agence, soit des douaniers ou toute autre personne habilitée à monter à bord. Un groupe s’avança sur le pont, notre brave chien les voyait arriver. A un moment, il se mit à grogner, et personne ne put le retenir, il s’élança dans les coursives et alla mordre une des dix personnes.
      L’homme ne nous fit pas trop d’histoire, il s’avéra que ce type, dès qu’il voyait le chien sur les quais, le chassait à coups de pieds. La pauvre bête ayant reconnu son bourreau voulait se venger. Durant toute la présence de l’individu à bord, le chien dut être enfermé, tant il était énervé. Il redevint calme dès son départ, et put enfin être libéré.

      – Quelques chats aussi furent nos compagnons de voyage, mais pour eux, la vie à bord devenait compliquée, car ils souffraient tous de la maladie du fer, en se léchant constamment. Ils mourraient presque tous d’eczéma.
      Un soir j’évitais que l’un d’eux ne passe par-dessus bord, car un matelot complètement ivre, cherchait le félin partout pour, se vantait-il, le balancer par-dessus bord.
      Étant sans doute aussi éméché que lui, je ne le lâchais pas d’une semelle parce que si je ne réussissais pas à l’empêcher de jeter l’animal à l’eau, je m’étais juré de balancer le coupable également par-dessus bord pour faire justice. Heureusement pour tout le monde, il ne trouva jamais l’animal ce soir-là, et le lendemain complètement dé-cuité, il ne pensait plus à sa folie de la veille.

      – Un autre chien appelé « Bibine » sur un cargo. Les matelots lui servaient de la bière dans un couvercle de boîte de cirage, d’où son nom. La pauvre bête est morte d’une cirrhose.

      Et, pour finir, ce dernier chien, il appartenait à un officier pont. Le pauvre, toujours enfermé dans la cabine, ne sortant jamais, il serait certainement mort, si le destin n’en avait pas décidé autrement.
      Pendant une escale d’amarrage en France, l’équipage pont testait des aussières en nylon pour remplacer les traditionnelles cordes en chanvre trop lourdes. La manœuvre se passa mal, un filin cassa net et balaya le pont. Notre officier se trouvant sur la trajectoire eut les deux jambes cassées.
      Son épouse appelée pour récupérer les affaires de son mari ne voulut pas s’encombrer du chien et nous le laissa. Il était temps, la pauvre bête qui restait toute la journée dans son panier trop petit pour lui avait les deux pattes avant ankylosées, il ne pouvait plus s’en servir.
      A force de patience et d’amour envers cet animal, et surtout beaucoup de séances de rééducation sur le pont, en deux mois, il avait retrouvé l’usage de ses pattes, à la grande joie de tout l’équipage qui chacun à son tour avait participé à la guérison de notre petit malade.

      Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse

      Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
      D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs

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    • Auteur
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      • #2792707
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Maurice,

          Superbe récit de ces histoires sur les animaux à bord de ce bateau !

          C’est très attendrissant !

          Belle soirée Cher Ami poète Maurice !
          Toutes mes amitiés à Vivi et toi
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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