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Récit de voyage (Bizutage élèves-officiers)
Sur tous les bateauxDe tout temps, le bizutage a existé, et existera toujours. Sur tous les navires où j’ai eu la chance d’embarquer, les futurs officiers de la Marine Marchande ne manquaient pas à la règle et, suivant la hiérarchie du moment, les sévices étaient plus ou moins salés. De mémoire, quelques exemples observés :
– Un élève faisait sa petite lessive dans le lavabo de sa salle de bain, et montait à la passerelle suivre la navigation pendant que le linge trempait. Ses supérieurs n’ont rien trouvé mieux que de mettre dans le lavabo un poulpe fraîchement péché.
Le bizut ne s’est pas vanté de la peur qu’il dut avoir en mettant ses mains dans l’eau.– Un autre s’est fait appeler après dîner à la passerelle, pour soi-disant des cours du soir. En réalité, pendant que le Commandant lui expliquait comment reconnaître les étoiles, une équipe s’affairait dans sa cabine à dérouler un rouleau entier de papier kraft mis par brassées emplissant entièrement la chambrée. Une fois revenu chez lui notre élève passa presque toute la nuit à jeter par dessus bord le cadeau encombrant.
– Un futur officier machine s’est vu confier la tâche suivante : il devait relever chaque tuyau de la machine, les dénombrer sur une liste, et surtout indiquer leur provenance, leur destination et de plus, dire s’ils transportaient de l’eau douce, salée, distillée, de la vapeur, de l’air comprimé, et j’en oublie certainement. Le pauvre mit une bonne partie de son embarquement pour satisfaire ses supérieurs. Pour lui compliquer le travail, nous ajoutions des données fausses sur les conduits, comme Haut, Bas, Fragile, Ne pas ouvrir. Un après-midi qu’il s’évertuait à bien remplir sa mission, il faillit craquer. Depuis une bonne heure, il suivait un tuyau gros comme le bras, qui diminuait de diamètre chaque fois qu’il entrait dans un appareillage quelconque. Il se croyait sauvé et près de la fin, le tuyau n’était pas plus gros qu’un doigt, quand il s’aperçut qu’il suivait depuis un petit moment… la rambarde d’un escalier. On pique une petite colère, et on recommence.
– Un dernier pour finir
Cet élève officier avait l’habitude de se baigner à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit si le temps le permettait, bien entendu. Un bébé requin de la taille d’un gros brochet fut péché, on le mit dans la piscine. Notre élève, son quart terminé à minuit, pique une petite tête dans l’eau et en ressort quelques secondes après en hurlant. Notre invité aquatique dérangé par cet intrus au beau milieu de la nuit, si petit soit-il, lui avait tout simplement arraché le petit orteil du pied droit.
Le but de la farce était de lui faire une grosse frayeur, pas de le mutiler.Pour clore enfin, l’histoire de ces deux élèves officiers embarqués ensemble, ils se connaissaient pratiquement depuis l’enfance. L’un des deux reçoit sa nomination d’officier à bord. La première chose qu’il pense à faire, c’est de dire à son collègue malchanceux, maintenant qu’il était son supérieur, il devrait dorénavant le vouvoyé.
Surprise de l’autre qui, une fois le coup encaissé, lui demande une dernière fois s’il peut le tutoyer.
Devant la réponse positive, il lui lâche : -« Je t’emmerde »Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosseMaurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs
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