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Sujet
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Lorsque rien n’était prévu en escale vivres ou relève d’équipage au Cap (Afrique du Sud), nous avions la possibilité de recourir à une coutume datant de la marine à voile: -« le courrier à la mer ».
Cela se passait au large des Comores. Déjà la veille, le bosco (maitre d’équipage) préparait un radeau sommaire fait de planches sur lesquelles était fixé un fût d’huile servant de réceptacle pour contenir le courrier et, bien sûr, les cadeaux de remerciement pour la personne qui récupérait le tout. Cette récompense était généralement composée de cartouches de cigarettes, de bouteilles d’alcool, de parfum et de savonnettes.
Il n’était pas nécessaire de prévenir la côte de notre passage. Déjà au large, nous apercevions les barques plates des indigènes qui guettaient notre approche.
Suivant notre sillage, ils attendaient que le radeau soit posé délicatement par un treuil à la mer, et une course effrénée avait lieu car le principe de l’enjeu était que le premier qui touchait le radeau, et seulement celui-là, avait le privilège de s’occuper de l’acheminement du courrier, et bien évidemment de récupérer les cadeaux.
Une fois le radeau pris en main par le vainqueur, il était amarré à la barque, et revenant triomphant sur la plage, il ne lui suffisait que se rendre à la poste du village, de remettre le paquet contenant toutes les lettres que l’équipage avait écrites depuis le départ en Europe et nous étions assurés que la distribution serait faite.
De tout mon temps de navigation, jamais une seule lettre ne s’est perdue de cette façon.Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosseMaurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs
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