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Récit de voyahe : La douane à bord. Métier dangereux

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 05-06-2025 01:18.
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    Sujet
  • #2719124
    Renard Maurice & Martine la po?tesse
      • Sujet: 1115
      • Réponses: 900

      La douane à bord. Métier dangereux

      Ne pas parler de douane alors que j’ai fait des dizaines d’escales dans le monde entier serait injuste, voici l’oubli réparé.
      Dès que nous arrivions dans un nouveau port, toutes les denrées de la cambuse étaient répertoriées sur un registre, alcools et cigarettes compris.
      Toute cartouche de paquets de cigarettes entamée pouvait être gardée, ainsi que toute bouteille d’alcool ouverte. Tout le surplus était enfermé dans ce que l’on appelait « la blague ». C’est le maître d’hôtel qui était chargé de ce travail.
      Lorsque ces messieurs montaient à bord, on savait dès les premiers instants s’ils venaient faire leur travail de routine obligatoire ou s’ils venaient dans l’intention de nous embêter.
      Quand toute l’équipe se dirigeait vers le bar, le maître d’hôtel leur servait ce qu’ils demandaient et, une demi-heure plus tard, tous quittaient le bord avec les papiers signés de la petite visite de politesse.
      Mais, si à peine à bord, des groupes se formaient: trois dans la machine, trois dans les coursives officiers et le reste pour nous, l’équipage, alors là, on était assurés d’avoir une fouille complète, sans aucune indulgence.
      Ce genre de mission suprême était quand même assez rare et, par habitude, on savait pourquoi cela arrivait: soit que les supérieurs demandaient de temps en temps de faire du zèle, soit que dans le secteur où l’on se trouvait, un trafic de drogue, de cigarettes ou encore d’alcool avait ou était en train de se faire démanteler.
      Quand nous avions droit à la fouille complète avec chaque recoin examiné avec minutie, on se vengeait comme on pouvait.
      En prévision, nous préparions des pièges dans la machine. Des caisses à huile montées sur pieds avec des niveaux en verre servaient d’appâts.
      On vidangeait les niveaux, les arrivées étaient bouchées avec de l’étoupe pour empêcher qu’ils ne se remplissent. Par terre autour de la caisse, des pas de chaussures grasses étaient visibles. Le douanier croyait que cette caisse avait été vidée de son contenu initial et servait de planque pour cacher alcool ou cigarettes et, sûr de son coup, il dévissait fébrilement la plaque latérale du réservoir, pour… recevoir cinquante litres d’huile sur les pieds.
      Si vraiment on voulait se servir de cette caisse comme cachette, nous procédions à l’opération inverse. La caisse était proprement vidée, les niveaux par contre étaient remplis, et nous avions ainsi une cachette pour planquer différentes choses que les douaniers nous auraient confisquées avec forte amende s’ils les avaient découvertes dans nos cabines.
      La fraude n’était pas bien méchante; des cigarettes que nous vendions en douce à terre, lorsque le prix officiel était exorbitant. En les vendant trois fois plus cher que ce que nous les avions achetées, les gens les payaient encore deux fois moins cher que le prix réel. Tout le monde y trouvait donc son compte.
      La drogue, dans les années soixante n’avait pas encore atteint l’ampleur de maintenant, de toute façon, personne ne se risquait à des choses si graves. Le marin, quoi que l’on en dise, avait une certaine moralité.
      Aussi pour débarquer dans les pays étrangers, au passage de la douane, il ne fallait pas hésiter. Plus nous étions sûrs de nous, moins on risquait de se faire arrêter pour trafic illicite pendant la fouille des bagages.
      J’avais, dans les débuts de ma navigation acheté aux Pays-Bas, un ensemble radio-magnéto-électrophone portable. En douane, j’aurais payé une petite fortune pour le ramener en France, alors, je me suis offert en plus un petit transistor sans aucune valeur et, chaque fois que je débarquais, j’allais de moi-même voir les douaniers, en leur disant que je possédais un objet à déclarer. Je leur montrais la facture du petit transistor en leur demandant s’ils voulaient le voir. Jamais personne ne me fit déballer mes bagages, qui contenaient le gros combiné.
      Une fois même, on me signala que je n’avais pas à déranger la douane pour une si petite chose.
      L’audace paie toujours.

      Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse

      Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce
      D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs

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    • Auteur
      Réponses
      • #3566694
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir mon oncle Maurice,

          Tu m’avais raconté cette histoire et je l’ai lue avec plaisir !

          Belle nuit mon oncle Maurice !
          Bon courage et prends bien soin de toi
          Gros bisous à tous
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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