(Sainte Marguerite apparaît ; en la voyant Jeanne s’écrie:
Ô Sainte Marguerite ! que vous avez tardé longtemps.
Sainte Catherine m’avait dit que
ma captivité ne durerait que trois mois et ces trois mois sont écoulés…
Enfin vous venez me délivrer !…
Brisez mes chaines et permettez-
moi de retourner dans mon cher
village de Domremy. )
SAINTE MARGUERITE :(chante sur l’air du Masque de fer).
Non, je ne puis encor’,
Jeanne, briser tes chaînes.
Te rendre tes vallons,
tes champs semés de fleurs.
Mais je descends du Ciel
pour adoucir tes peines.
Je viens pour essuyer,
tes yeux mouillés de pleurs.
(En même temps pendant le chant,précisément, (tes yeux mouillés de pleurs),
Elle s’approche de Jeanne, la caresse et, de son voile étoilé d’or, lui essuie les yeux.)
JEANNE:
(Vous ne venez donc pas me délivrer ?…
Faudra-t-il que Je meure avant d’avoir vu le triomphe complet de la France ?
Cependant vous m’aviez promis que le royaume de Saint Louis
conserverait la Foi.
Vous m’aviez assurée de ma délivrance et yoyez,
je suis dans les fers …..
Et ne puis plus rien pour
le salut de ma patrie !….)
(SAINTE MARGUERITE: sur le même air.)
Oui, je te l’ai promis, la victoire est certaine
Le Royaume des Francs conservera la Foi.
Jeanne dans la prison
sous le poids de ta chaîne.
Tu souffres pour ton Dieu, et tu sauves ton Roi. (bis).