Oasis des Artistes

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

S P L E E N

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 29-11-2024 21:04.
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    Sujet
  • #2716758
    ELTEOR
      • Sujet: 1948
      • Réponses: 260

      Spleen !

      Ruraux déracinés, enfants abandonnés
      Tant de vieillards, d’infirmes et d’aliénés
      La lie, le rebut, le peuple des indigents
      Misère et pauvreté, par manque d’argent

      Que me veux-tu bourgeois ? Le sort s’est acharné
      Depuis que je suis né, ce corps tant décharné
      Que les tiques et puces n’ont rien à manger
      Pourquoi notable, viens-tu me déranger ?

      Laisse-moi crever ici ! Errer dans les rues
      Sans-le-sou, ta pitié serait incongrue
      Fait demi-tour, toi qui as le ventre gras

      Pour amis, la Mort, son cortège funèbre
      Je préfère aller vers le monde des ténèbres
      Bouffer par les rats ! Car eux, ne sont pas ingrats

      Dans les vapeurs d’alcool, j’écris un assonnoir
      Sur le coin du zinc d’un vieil estaminet
      Entre deux verres d’absinthe et les maux noirs
      J’ai pris cet endroit malfamé pour cabinet

      J’erre des heures dans cette étrange gargote
      Je m’adonne souvent à des jeux de tripot
      Ce climat malsain et glauque, me ravigote
      J’aime le décor encanaillé des bistrots

      Sur le papier des mots ivres, éméchés
      Qui titubent, trébuchent, la gorge asséchée
      Par manque d’encre, devenus de vrais pochards

      Cet assommoir, la descente vers les enfers
      Je vais rejoindre mon bel ami Lucifer
      Où je vais terminer ma vie, comme clochard

      Poète toujours soûl, je suis las, à court d’encre
      Dans un bar malfamé du port, j’ai jeté l’ancre
      La dive bouteille ne veut pas se vider
      Se remplit chaque fois d’alcool, mais pas d’idées

      Je bois à m’enivrer de rimes frelatées
      Des maux aux mots, le goût aux vers inexploité
      Mais pour un verre, vers de verts contenants
      J’ai le vertige ! Je ne suis pas abstinent

      Je rêve de mer, j’ai des langueurs océanes
      Prendre le large, avec la belle Morgane
      Hélas ! Mon corps est devenu triste, une épave
      J’ai reçu la houle alcoolique dans l’étrave

      Moi je dis, l’auteur ! Ce n’est qu’un écrit, pas grave
      Il me suffit qu’un vers pour couper les entraves
      L’esprit est serein pour composer un poème
      Le Poète a toujours en lui l’âme bohème

      Vas-tu venir vers moi qui meurs de désespoir
      Je te veux pour maîtresse, merveilleuse gloire
      Ô miroir ! Tu ne vois qu’un poète esseulé
      Perdu le jour dans son délire alcoolisé

      Dive bouteille, ma compagne d’infortune
      Ma mie ! Comment pourrais-je te porter rancune
      Toi qui réconforte ma triste âme en jachère
      Que de talent gâché, ma vie ne vaut pas cher

      Le sort s’acharne, suis-je un Poète maudit ?
      Apollon ! Je t’implore ! Donne-moi crédit
      Que les doux lustres d’antan éclairent ma flamme
      Et je porterai dans mes vers, ton oriflamme

      Faut-il s’égarer dans les brumes de l’alcool
      Dans les vertiges éthérés d’un rhum agricole
      Pour connaître le doux chant, de la poésie
      L’âme de Bacchus, dans mes veines d’amnésie

      Faut-il cette ivresse, ce plaisir imbibé
      Des senteurs d’eau-de-vie, des boissons prohibées
      Pour écrire des mots, titubant dans les vers
      D’un verre de rimes et d’aimer leurs travers

      Je suis soûl, ivre, je divague, navigue
      Sur un océan d’effluves, sur des vagues
      Assombries de vapeurs, de parfums anisés
      L’esprit se perdant dans les limbes alcoolisés

      Un spleen mélancolie, au parfum aigre doux
      Langueur atone d’ennui d’une nuit trop noire
      Des souvenirs cafards, souvenances d’un soûl
      Quand l’alcool défraîchi nous joue des tours du soir

      Sombres pensées de désespoir, un crépuscule
      D’humeur à jeter au feu, l’amour trahison
      Enfermé dans la bouteille, là où tout bascule
      A réveiller la gueule, d’un matin prison

      La tête dans le cul, à frapper les murs
      De nos larmes de sang, à vider tout son vin
      Sur son corps épave, à vomir la saumure
      Frelatée du tord-boyaux que l’on croit divin !

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      • #3544671
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Olivier,

          Un spleen qui fait penser à de nombreux artistes qui ont vécu ce mal être vers la fin de leurs jours dans tous les domaines de l’art… et ce jusqu’à la folie

          Je pourrais citer Van Gogh, Verlaine, Camille Claudel, etc…et maints artistes encore…

          Belle soirée Cher Ami poète Olivier !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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