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Sombre printemps (Antoine)

  • Ce sujet contient 4 réponses, 5 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par cyrael, le 15-10-2023 13:44.
Vous lisez 4 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #3474316
      Sybilla
      Maître des clés
        • Sujet: 5464
        • Réponses: 79667

        Bonsoir Parceval,

        Superbe roman feuilleton dont j’ai hâte de connaître la suite !

        Belle soirée cher ami poète Parceval !
        Toutes mes amitiés
        Sybilla

        Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
      • #3474368
        Missi
          • Sujet: 582
          • Réponses: 719

          Encore un récit que j’ai apprécié lire. Bravo.

          Chat apprenti ?crivain.
        • #3474405
          Mascotte d'Oasis
          RomanNovel
            • Sujet: 1171
            • Réponses: 10526

            Bonjour Parceval,

            Un sacré récit dont la suite nous en apprendra davantage alors patience!

          • #2706012
            Parceval
              • Sujet: 1168
              • Réponses: 1943

              Sombre printemps (Antoine)

              Ce qu’il raconte ensuite lui laisse peu d’espoir. Il reste là, prostré. Dans l’après-midi, le bip du moniteur s’arrête, on accourt, on le vire dans le couloir. Des minutes qui sont comme des heures. La porte s’ouvre et il comprend que c’est fini.
              De la suite, il garde un souvenir surréaliste: c’est lui qui agit, se débat dans les actes et formalités attachées à un décès. En même temps, un autre lui-même regarde le scénario d’un mauvais film. Enfin, le lendemain le corps de son père est rapatrié à la maison. Sa mère est dévastée, il a fallu faire venir le toubib. Elle est sous tranquillisants. Heureusement, l’aide de son amie a été précieuse.
              Les obsèques se sont passées dans une relative intimité, des amis, quelques vagues cousins, ses collègues et la hiérarchie de l’arsenal. Pas de quoi faire un grand cortège entre l’église et le cimetière central. Coté paternel, ses grands parents étaient partis avant qu’il aie dix ans et coté maternel, ils ont pris leur retraite de fonctionnaires à Nouméa. Ils ne pouvaient venir. Il a soutenu sa Mère et gardé les yeux secs, enfermé dans sa douleur, il s’est exprimé sobrement à l’église, faisant passer en peu de mots l’amour qu’un fils porte à son père. Tout lui tombe dessus, et il a du mal à cerner les décisions à prendre. Même à vingt ans, c’est lourd. Il repasse en boucle les données du problème: son père a été tué dans un accident de la circulation sur la route de Saint Mandrier dans le cadre de ses activités.
              C’est reconnu comme accident du travail et donnera lieu aux indemnisations prévues. Son assurance auto devrait aussi intervenir, la responsabilité de l’autre voiture ne faisant aucun doute. Selon l’expression consacrée sa maman était «femme au foyer» Il n’y pas d’assurance vie, ce n’est pas un souci quand on est à peine quadra. Et puis il y a les crédits de la maison. Tout ça demandera un certain délai et beaucoup de démarches et de relances sont à prévoir, les assurances en sont coutumières. Les économies du foyer vont fondre rapidement. Heureusement, il y a Christiane. Habitant la villa voisine, elle a trouvé avec sa mère une compagnie qui meuble les longues absences de son mari, capitaine de corvette souvent en mission. Sa copine Suzette. C’est une amie sincère, sur qui on peut compter. Et elle est très présente, aidant sa mère à reprendre pied.

              Il y a aussi autre chose: la succession est ouverte. Jamais il n’envisagera de liquider la maison et de la faire déménager. Pour où, en location, avec quelles ressources? Le notaire lui propose une solution: il gardera la nue-propriété et donne l’usufruit à sa Maman. Il y a encore des frais. Enfin en quinze jours les choses commencent à se préciser: le crédit de la maison était partiellement assuré , ils ont mis un certain temps à le signaler. Pour l’auto, un remboursement de misère et pour le conducteur une indemnisation congrue et la prise en charge de quelques frais. L’arsenal: deux ans de solde et une maigre pension .
              Une seule chose est sure: les arts et métiers, c’est râpé. Jamais il ne pourra en assumer les frais et dans la situation présente rester à la charge parentale. C’est à ce moment qu’intervient le contre-coup. Toute cette tension accumulée et le deuil. Il sent qu’il va craquer et il ne veut pas infliger à sa mère le spectacle de son désespoir, elle est encore si fragile. Il ira épancher son chagrin chez Christiane. Trouvera une oreille attentive et chaleureuse à ses doutes et questions. La nécessité d’arrêter ses études. Que doit-il faire? Elle lui dit calme toi , je te fais un café. Ils le boivent en silence. Lorsqu’elle dessert, elle bronche sur le tapis et se serait ramassée s’il ne l’avait retenue. Elle se colle à lui. Une pulsion soudaine les saisit tous les deux, dévorante, impérieuse, qui les conduit au lit, semant au passage vêtements en bataille. Au milieu de la nuit, enfin épuisés, apaisés, elle dira:
              Ne fais pas cette tête, nous en avions besoin, toi pour évacuer le stress, moi parce que j’en ai marre de m’appeler Pénélope. Et cesse de culpabiliser, je ne suis pas ta mère.
              Plus tard , elle avouera:
              Je l’ai fait exprès, j’avais envie de toi. Et tu sais quoi? J’ai pas été déçue… Tout cela reste entre nous, n’est-ce pas?

              Il rejoint ses pénates et s’endort d’un sommeil de plomb. Le matin le trouve pensif, nageant en pleine confusion devant son café au lait. A part des des réflexions philosophiques du genre « Les absents ont toujours tort» et « C’est dans la marine qu’il y a le plus de marins…» Ce qui lui revient dans les dents c’est Nelly, sa Nelly, la seule femme qu’il n’ait jamais connue. Comment a-t-il pu ne pas l’avertir de sa situation? Il faut la joindre, la voir, lui expliquer. En même temps qu’il s’en affole, il comprend intuitivement pourquoi il ne l’a pas fait, et qu’il ne le fera pas. Elle est la fac à Aix, poursuivant brillamment ses études de droit dans un long cursus. De quel droit pourrait-il la perturber avec ses misères. Lui écrire? elle serait bien capable de tout laisser tomber. La voir? Encore pire, là c’est lui qui ne pourrait résister et l’entraîner dans cette voie. Car son avenir immédiat est tout tracé: Chercher un job alimentaire ça ne vaut pas le coup, son sursis va tomber dans l’année. Au contraire, il doit le résilier dans la foulée, après avoir avisé l’école et liquidé sa chambre à Paris. C’est la meilleure solution, elle permet de ne plus être provisoirement à charge de sa mère et laisse une porte ouverte pour rebondir. En attendant, il évite soigneusement les rues de La Seyne, le cœur à vif. C’est une désertion, elle doit le maudire, peut-être le haïr, mais que faire qui n’oblitère pas son avenir à elle… Il n’a rien trouvé d’autre.

              Voilà qui clot la première partie de mon récit
              A suivre, avec le prologue avant de reprendre le fil de ce roman feuilleton
              Que vont-ils devenir? Va savoir, la vie est pleine de surprises…

              Parceval

            • #3474432
              Plume de diamant
              ★★★★★★
              cyrael
                • Sujet: 4849
                • Réponses: 48873

                bonJOUR

                PARCEVAL nous avons tous hate de lire la suite

                bravo,

                quelle plume de talent, on ressent bien votre passion

                pour l ‘écriture

                voici une belle évocation poétique
                qui mérite toute l ‘attention du lecteur,

                quelle passion, quelle fougue !!

                Ne fais pas cette tête, nous en avions besoin, toi pour évacuer le stress, moi parce que j’en ai marre de m’appeler Pénélope. Et cesse de culpabiliser, je ne suis pas ta mère.
                Plus tard , elle avouera:

                Je l’ai fait exprès, j’avais envie de toi. Et tu sais quoi? J’ai pas été déçue… Tout cela reste entre nous, n’est-ce pas?

                Il rejoint ses pénates et s’endort d’un sommeil de plomb. Le matin le trouve pensif, nageant en pleine confusion devant son café au lait

                songeur, …il est ..

                à quand la suite…MERCI Parceval

                l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
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