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Sujet
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Que serais-je sans vous qui savez si bien lire
Dans les plis de mon front, le gris de mes cheveux ?
Que serais-je sans vous, que serait mon délire
Quand surpris par l’émoi je me sens tout nerveux ?Vous m’avez tant donné par vos tendres regards
Que ce jour, en retour, je vous dis cet éloge !
Si nous fûmes jadis compagnons pleins d’égards,
Aujourd’hui nous savons où l’amitié se loge.Car voilà cinquante ans que je vous ai croisés
Sur les bancs de la fac à Rangueil dans Toulouse !
Brayant « Ah ça ira » nous chantions tous grisés
En mai soixante huit occupant la pelouse.Et puis, un an plus tard, au début de l’automne,
Nous allâmes cueillir des pommes en verger ;
Nous étions quelques uns d’un naïf qui tâtonne
A courir la cueilleuse égarée sans berger.Puis chacun prit sa route et trouva son métier
Occupant de l’État quelques solides postes.
L’eau coulait sous les ponts et l’heur était entier
Quand en fin de l’été nous croisions nos ripostes.Le temps passe et nous marque avec tous ces vrais plis
Mais nous savons toujours trouver bonnes répliques.
Soyons fiers, derechef, des devoirs accomplis
Qui nous font retraités tous heureux, sans suppliques.
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