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TRANCHES DE VIE A BALAGUIER -0-

  • Ce sujet contient 1 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Parceval, le 20-03-2012 11:59.
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    Parceval
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      TRANCHES DE VIE A BALAGUIER – Souvenirs 1950 –

      Pour se rendre de La Seyne à Balaguier, on emprunte très prosaïquement la route du même nom. Passé le quartier de La Rouve, elle devient l’avenue de la Corse Résistante ; au sommet d’une petite cote, nous voila rendus : on découvre le vallon ; la chaussée redescend jusqu’au bord de mer au milieu de la baie rejoindre la route littorale.
      A gauche le chemin du Bois Sacré va contourner la Campagne Demardel jusqu’au Fort de L’Eguillette, par la colline au nord; à droite le chemin qui mène au port du Manteau cerne le hameau et les chantiers maritimes vers le fort de Balaguier : c’est la limite sud du vallon, cerné de pinèdes.
      Dans la descente qui rejoint la Corniche Napoléon, tout le coté gauche fait clôture de la Campagne ; sur la droite, quelques propriétés, mas et terrains maraîchers et au bord de l’eau, le hameau dit « le Père Louis » suivi des cales bâtiments et hangars des Chantiers Maritimes du Midi.
      Au delà, c’est une belle carte postale ouverte sur la mer, plein est. Perspective unique sur l’entrée de la rade de Toulon, depuis la Tour royale, la jetée qui protège le mouillage gardé par le phare de la Passe, face à Saint Mandrier et sa base d’hydravions.

      LE DOMAINE

      La Campagne Demardel bordait à gauche la descente du boulevard de la Corse Résistante, clôturé par une murette surmontée de grillage sur toute la longueur. Aux deux tiers, elle laissait place au portail de l’entrée principale.
      Coté mer, le domaine longeait la corniche à gauche jusqu’au Fort de l‘Eguillette, puis on suivait la limite du terrain militaire pour remonter la crête de la colline et reprendre ensuite la route en haut de la cote, par le chemin du Bois Sacré.
      Toute cette clôture « intérieure » était faite d’un mur de pierres maçonnées de trois mètres de hauteur, dont le faîte était clouté de tessons de verre pour décourager les intrus !
      Avec le recul, je dirais qu’il y avait là une étendue de sept à dix hectares.
      On entrait par le portail de fer donnant sur une allée plus ou moins empierrée qui amenait au « château ».A la droite immédiate en entrant, il y avait un puits bâti, semi couvert par un talus et coiffé d’une éolienne de fer à ailettes en rosace, hors d’usage mais impressionnante.
      Toujours à droite on découvrait en contrebas un grand jardin maraîcher, très élaboré, avec tout un réseau de canaux et rigoles maillés d’écluses et de bouchons servant à sérier les parcelles à irriguer. Il occupait toute la partie basse du domaine. Une haie de roseaux fournie formait un cannier tout le long du mur coté mer.
      A gauche, c’étaient d’abord de vieilles vignes, puis un champ d’herbe et luzerne jusqu’en haut de la côte, souvent pâture des chèvres. Ensuite venait un talus complanté d’oliviers, amandiers et figuiers qui donnaient de petites figues blondes délicieuses; Il laissait place ensuite au petit bois du haut de la propriété qui recelait de vieilles restanques et les ruines d’une maison, dont l’entrée devait être la poterne condamnée ouvrant sur le chemin. Ajoutons aussi quelques ronciers et broussailles. Au-dessus du talus, prés de l’allée, un grand bassin d’irrigation, de la taille d’une piscine était alimenté par un puits avec pompage électrique. Tout cela bien entendu strictement défendu aux enfants !
      A ce niveau, on pénétrait dans un bosquet de grands arbres, chênes et pins pignon ; l’allée était alors bordée de gros mûriers avant de déboucher sur l’esplanade du « château », vestige de jardin à la française, avec bordures de buis, architecturée de murets à balustres, et de sentiers dallés.
      Avant l’allée de mûriers, le chemin se partageait par la droite, pour remonter ensuite, bordé par des cyprès, vers le hameau bâti autour du château. On arrivait par la belle chapelle mariale, ornée d’une grande rosace au-dessus du parvis. Elle ne servait que très rarement au culte mais plutôt au stockage et à la conservation des produits du jardin des claies paillées recevaient suivant la saison pommes de terre, maïs, ou des fruits, poires pommes et autres, aussi les semences, le fourrage et la nourriture sèche pour les animaux.
      Par la nef, la chapelle était mitoyenne d’une grande remise, garage d’engins agricoles divers, qui se poursuivait en enfilade d’un préau avec de grands lavoirs, et d’une maison d’habitation. On avait contourné le château par sa droite et le chemin montait jusqu’au garage qui abritait, entre autre attelage, l’automobile de la Marquise. Après, c’était plutôt un gros sentier qui montait par derrière la bâtisse et bifurquait vers une maison bizarre, coiffée de tuiles canal, dont les murs de torchis étaient recouverts d’un bardage de planches de bois plus ou moins peint en noir ! (Sweet home !), sur un vaste terre- plein derrière la maison des lavoirs.
      Le château était en fait une belle et vaste demeure style second empire, encore là aujourd’hui, avec des façades rythmées de hautes fenêtres, sur deux niveaux, et dotée d’une entrée monumentale au centre. Une dépendance accolée à droite avec terrasse à balustres, revenait vers la chapelle. A gauche une autre terrasse rattrapait le profil du terrain au premier niveau, avec un grand escalier ; le mur était surmonté de balustres, habillé de glycines, et orné d’une jolie fontaine. Cette terrasse constituait la voûte du garage dont je parlais. L’ensemble, avec la chapelle, avait et conserve grande allure, avec les parcs et bosquets d’où émergent ça et là de grands palmiers à dattes.
      Pour en terminer avec le domaine, la « maison noire » donnait à l’est sur la mer par une prairie en pente douce, jouxtant au nord avec un bois de grands pins pignons et maritimes, eucalyptus, pibouliers, arbousiers et autres plantes de fourrés. Je crois même qu’il y avait un jujubier. Le bois était constellé de cratères de bombes ou obus envahis par les herbes folles. Rançon sans doute d’être mitoyen avec le terrain militaire du fort de l’Eguillette. A gauche et derrière la maison, une jachère laissait place vers le haut du domaine, à la forêt de jeunes pins. On pouvait accéder au chemin de crête du Bois Sacré, par un sentier et une petite porte du mur de clôture, (presque) toujours fermée.

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        Parceval
          • Sujet: 1168
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          Cher Honoré

          Je suis très touché que ces quelques souvenirs te donnent plasir à lire..
          Je dois préciser que Balaguier se trouve dans la rade de Toulon
          Mais c’est quand même le Midi!

          Bien amicalement,

          Parceval
          PS : il y aura des suites 2,3……

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