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Wiener Polizei : « Le corps de Wienerwald »

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Jonathan, le 14-02-2025 15:47.
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    Messages
    • #3556077
      Sybilla
      Maître des clés
        • Sujet: 5464
        • Réponses: 79667

        Bonsoir Cher Ami poète Mr_guyguy,

        Superbe récit que j’ai beaucoup aimé lire !

        Belle nuit Cher Ami poète Mr_guyguy !
        Toutes mes amitiés
        Sybilla

        Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
      • #2718178
        Jonathan
          • Sujet: 605
          • Réponses: 776

          Le 7e jour après la fin de l’affaire Dassler, alors que l’hiver commençait à s’adoucir, un nouveau drame secoua la région. Magdalena Wirtz, 34 ans, mère de deux enfants, fut retrouvée morte, nue, dans la forêt de Wienerwald, à quelques kilomètres de Vienne.
          Je garais ma voiture sur une piste boueuse bordant la forêt dense. L’air froid était chargé de l’odeur de pin et de terre humide. Sarah Fritzlar était déjà sur place, examinant la scène avec une précision presque froide.
          « Ça n’a rien à voir avec Dassler, dis-je en approchant, mon chapeau vissé sur ma tête pour me protéger du vent. »
          « Non », répondit Sarah, « mais c’est tout aussi troublant. Une femme tuée, abandonnée comme un objet. »
          Le corps de Magdalena reposait à moitié enfoui sous un amas de feuilles mortes. L’absence de vêtements, l’emplacement isolé et l’absence immédiate de traces de lutte indiquaient que le meurtre n’avait pas eu lieu ici.
          « Elle a été déplacée après sa mort », conclut Sarah.
          Je hochai la tête, observant la scène avec un regard dur.
          « Et probablement par quelqu’un qui la connaissait. »

          Le lendemain matin, au commissariat, l’ambiance était électrique. Les journalistes avaient appris la découverte du corps, et le téléphone ne cessait de sonner. Sarah et moi, assis face à face dans notre bureau, comparions nos notes.
          « Magdalena Wirtz, femme au foyer, deux enfants, mariée à Gereon Wirtz, militaire basé à Vienne », lut Sarah à voix haute. « Il est en permission depuis deux semaines. »
          Je fronçai les sourcils.
          « Un militaire. Habitué à la discipline, mais aussi à la violence. C’est une piste. »
          Nous rendîmes visite à Gereon Wirtz dans leur maison familiale à Vienne. L’homme, grand et imposant, ouvrit la porte, les yeux rougis par les larmes.
          « Ma femme… elle est morte… »
          J’entrai sans attendre qu’il nous invite, scrutant l’intérieur de la maison. Sarah, plus douce, posa une main sur le bras de Gereon.
          « Nous comprenons votre douleur, Monsieur Wirtz, mais nous devons poser quelques questions. »
          Gereon s’assit lourdement dans un fauteuil, les mains tremblantes.
          « Je ne sais rien… Je… Je dormais cette nuit-là. Magdalena est partie dans la soirée, elle a dit qu’elle avait besoin de réfléchir. »
          Je le fixai, mon regard perçant.
          « Réfléchir à quoi, exactement ? »
          Gereon hésita, évitant nos yeux.
          « Nous… avions des problèmes. Elle disait que je n’étais jamais là, que l’armée comptait plus qu’elle et les enfants. »
          Sarah échangea un regard avec moi.
          « Aviez-vous une raison de lui en vouloir ? » demanda-t-elle doucement.
          « Non ! » cria Gereon, se redressant brusquement. « Jamais je n’aurais fait de mal à ma femme. »

          Malgré les protestations de Gereon, il devint le principal suspect. Nous trouvâmes un billet de train utilisé par Magdalena la veille de sa disparition, indiquant qu’elle s’était rendue dans une petite ville proche de Vienne, Baden bei Wien.
          Sarah et moi prîmes la route, traversant les paysages vallonnés bordant le Wienerwald.
          « Vous pensez que Wirtz est coupable ? » demanda Sarah, brisant le silence.
          Je haussai les épaules.
          « Peut-être. Mais quelque chose ne colle pas. Ce genre de crime, le déplacement du corps, c’est méticuleux. Pas impulsif. »
          À Baden, nous découvrîmes que Magdalena avait rendez-vous dans un café avec un homme nommé August Klopp, un entrepreneur local.
          « Un amant ? » murmura Sarah en consultant les registres du café.
          « Ça y ressemble », répondai-je.
          Nous interrogeâmes Klopp dans son bureau cossu, où il affichait un calme déconcertant.
          « Oui, Magdalena et moi avions une liaison », avoua-t-il sans détour. « Mais je ne l’ai pas vue cette nuit-là. »
          « Où étiez-vous alors ? » demandais-je, mon ton abrupt.
          « Chez moi, seul. »
          Sarah observa ses mains, légèrement tremblantes.
          « Vous saviez qu’elle voulait rester avec son mari ? »
          Klopp détourna les yeux, son visage se durcissant.
          « Magdalena était… indécise. Mais elle m’aimait. Je le sais. »
          Je notais ce changement d’attitude, une froideur qui le mit immédiatement sur ses gardes.

          Les mois qui suivirent furent marqués par une enquête laborieuse. Le commissariat croulait sous les dossiers, et la pression montait pour résoudre cette affaire qui alimentait les journaux.
          Gereon Wirtz fut relâché faute de preuves concluantes. Cependant, Sarah et moi continuâmes de creuser la vie d’August Klopp.
          « Regardez ça », dit Sarah un matin, brandissant un document. « Klopp a été accusé de violence dans le passé. Une femme, en 1948, l’a accusé de l’avoir frappée, mais l’affaire a été classée sans suite. »
          Je grognai.
          « Voilà le genre de détails qu’on ne peut pas ignorer. »
          Nous fîmes surveiller Klopp, qui semblait de plus en plus nerveux. Un jour, Sarah remarqua une voiture inconnue garée près de son bureau.
          « Vous voyez cette femme ? » me murmura-t-elle.
          Une jeune femme blonde entrait dans le bâtiment. Elle ressortit quelques minutes plus tard, en larmes.
          « On le tient », murmurai-je.
          Après des semaines de surveillance et d’interrogatoires, Klopp commença à se trahir. Une analyse minutieuse de sa voiture révéla des fibres correspondant au manteau de Magdalena, ainsi qu’une petite trace de sang sur le tapis.
          « Vous avez menti, Klopp », dis-je en face de lui dans la salle d’interrogatoire.
          Klopp, acculé, se mit à trembler.
          « Je… elle ne voulait pas quitter son mari ! Elle m’a rejeté ! J’ai perdu le contrôle… »
          Sa confession confirma ce que Sarah et moi, on soupçonnait.

          Quatre mois après le début de l’enquête, l’affaire fut close. Klopp fut inculpé, et Sarah et moi retrouvâmes enfin un peu de répit.
          Un soir, je rentrai chez moi plus tôt que d’habitude. Carlotta, en train de préparer le dîner, leva les yeux avec surprise.
          « Tu as l’air fatigué », dit-elle doucement.
          « Longue journée », répondais-je en l’embrassant sur le front.
          Je m’assis près de Karl, qui jouait sur le tapis avec un petit train en bois.
          « Tu sais, Sarah passe toutes ses soirées seule », dis-je après un moment.
          Carlotta hocha la tête.
          « Elle est jeune, mais elle porte déjà un poids énorme. Pourquoi ne pas l’inviter à dîner ? »
          Je réfléchis, puis acquiesçais.
          « Bonne idée. »

          Le lendemain, Sarah accepta l’invitation avec un sourire timide.
          « Merci, Heinrich. »
          Ce dîner, autour d’un plat de goulasch préparé par Carlotta, marqua un moment de répit pour Sarah et moi, une pause bienvenue dans notre lutte constante contre les ombres de l’humanité.

        • #3556706
          Jonathan
            • Sujet: 605
            • Réponses: 776

            Bonjour très chère Sybilla,

            Je te remercie infiniment pour ton chaleureux message. Tes mots résonnent comme une douce mélodie, et savoir que mon récit t’as plu est un honneur pour moi.

            Que ta journée soit aussi belle que ton âme poétique, emplie de songes lumineux et d’inspirations infinies.

            Amitié,

            Mr_guyguy ?

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