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Sujet
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Je t’ai écrit mille fois, mille fois j’ai déchiré la feuille, mille fois j’ai mis des mots sur le pas lent des chevaux dans la plaine, sur les dunes lunaires de Biville, sur le pays de Caux, sur nos sorties en mer, sur nos choix musicaux, sur Minerve ou Barroubio … mille fois j’ai décliné le verbe « aimer » au temps du bonheur, au temps heureux d’un autre temps, mille fois j’ai dessiné sur l’écran des nuages, ta bouche ornée d’un sourire, ton regard. J’ai accroché ton nom à l’écume des vagues… je t’ai dit mille fois ce que je faisais au fil de ton absence.
Je voulais cependant t’écrire, je voulais … mais j’écrirai quand tu n’en pourras plus de cette double vie ou de ce seul amour.
Je t’apporterai des mots non fuyants, une escorte de vers qui crient. Tu es double et dans l’habileté, tu ne casses jamais l’autre côté de toi : tu es prudent, intact dans le sentiment. Ta tendresse grandit, elle mûrit comme pour préserver de possibles lendemains.
Souviens-toi de ce soir de janvier ; une cruelle douleur dans ton cœur qui faillit s’arrêter de battre : une alerte puis ton âme reprit des forces.
Avec cette souffrance qui dura quelques heures, tu forgeas tes armes… Le vent hurlait dans les thuyas et plaquait les volets de bois sur le crépi du mur.Je t’écrirai l’histoire qui fit notre présent, j’en ferai l’anamnèse au regard de tout ce que je sais de toi. Je devine ce que tu fus et tes audaces de refus. Un jour, ton cœur avait changé de contenu,
Un jour où je suis apparue … je te dirai tout cela et tout ce que j’ai tu !
Je voulais t’écrire pour que tu n’oublies pas, oh ! oui, je voulais ! J’attendrais que tu hurles dans le vent de ta plaine que tu ne veux plus t’enfuir, qu’il me faut m’éloigner…
Et là, je t’écrirai, non pour te retenir, pas plus pour t’affaiblir, non ! seulement pour un ultime « je t’aime ». Je referai pour toi le chemin sur cette page blanche.Prends bien soin de ton cœur, qui, une nuit d’hiver, lutta dans la détresse d’une seconde fois !
N’oublies pas, j’étais là cette nuit. Je te rappellerai la tempête, les étoiles et le mal assassin !
Un jour, je partirai à des milliers de bornes de toi, de ce que nous fûmes tous deux dans cet espace d’immense bonheur. Ce que je tais de notre histoire, aura l’odeur de l’océan et la force de ses colères.
Je serai cette lame qui aspire la terre, j’en effleurerai le contour avec l’idée que cela puisse être toi.
Cela va de soi, si je feins d’ignorer la distance de toi à moi, le murmure répété de la cassure, ton odeur … jusqu’à tes gestes !Sauras-tu un jour qu’il est pour moi un vide que personne ne comble plus ? Je voudrais que mon corps ait oublié cette première fois où le temps signifiait bien la vie !
Je voulais t’écrire, je le voulais, mais je t’écrirai au dernier temps des coquelicots !kimi-ann
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