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Biographie de Gilbert
On m’appelle Gilbert, Bébert pour les intimes. Je suis né en Septembre, l’année, je ne sais plus. C’était à la campagne, me rappelle plus où. Ça n’a pas d’importance. Dès que je sus marcher, je n’avais qu’une idée : faire pipi sur le gazon. Quand j’allais à l’école, j’aimais beaucoup parler. Dès que je sus écrire, il me fut révélé : La parole est d’argent, mais le silence est d’or. Car j’ai vite compris : ou aller au piquet ou bien se la fermer. Ou l’ouvrir sur commande, réciter les leçons.
Après la communale, c’était arithmétique, l’algèbre était pour moi mystère antipathique, et, fils de bûcheron, ce n’est pas à la maison qu’étaient les solutions. Je dus faire mienne la devise : Aides-toi et le ciel t’aidera. A d’autres je dus me débrouiller sans l’aide du curé.
Cahin-caha, mon cursus fut normal, et après la sixième, un laborieux certif, je dus me colleter au brevet des collèges. Un nouveau sujet d’études, inépuisable, sollicitait toute mon attention : Les filles.
J’en fis l’apprentissage, briguais le CAD (Certificat d’aptitude aux demoiselles) et fus reçu haut la main, si j’ose dire. J’eus des chagrins d’amour, toujours me consolais, et pour trois de perdues, trente je retrouvais. Un aîné m’avait dit : Changement d’herbage réjouit le veau. Vérité immanente.
Avec ma gueule de métèque, de juif errant de pâtre grec, j’en tirais bien profit, trouvais enfin ma voie : profession maquereau, c’est vrai, ça va de soi. J’entrais dans la carrière, fis travailler pour moi, modérais mes rentières pour garder la santé. Qui veut voyager loin ménage sa monture, a dit le philosophe.
Depuis j’ai ajouté quelques cordes à mon arc, j’entrais en politique, avec succès ma foi. L’expérience de la clientèle, sans doute. Me voilà sénateur, là-bas dans les Antilles, et j’ai l’argent du beurre, du rhum et puis des filles.
J’arrête là mon char, car un sexagénaire à la vie bien remplie, se voudrait exemplaire et utile au pays. Pourquoi pas président : j’y pense en me rasant.
Alors en attendant, travaillez, prenez de la peine, remuez tout le champ, un trésor est caché dedans….Parceval
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