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BONNE PÊCHE 14

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 09-10-2024 20:38.
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    Parceval
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      BONNE PÊCHE 14

      RETOUR DE GOZO

      Le retour des « naufragés » est confirmé pour ce matin. Plus de vent, du soleil. La mer se calme un peu mais reste houleuse. A dix heures, le bateau accoste enfin et quand la trentaine de passagers fait son entrée à la résidence, c’est un comité d’accueil chaleureux qui les attend, pensionnaires et personnels mêlés. Ils ne sont pas très frais, certains sont trempés. On compte ceux qui sont encore pâles du mal de mer, donc sans opinion exprimée, ceux qui vitupèrent sur les organisateurs et menacent d’un procès et ceux qui prennent cet avatar avec philosophie, voire avec un certain plaisir. Tandis que l’équipe du Bellavista s’évertue à calmer et réconforter les uns et les autres, les trois amies se retrouvent. Embrassades, questions qui fusent. On ne s’entend plus dans le hall. Les deux sœurs sont fatiguées et ravies de cette aventure. Norbert reste en retrait. Une rapide boisson chaude et elles disparaissent dans les étages, entraînant Laure avec elles.

      Il passera une bonne heure avec les héros du jour avant de s’échapper. Faire quelques foulées sur le mail. Lui aussi à besoin de se calmer.
      Elles narrent leur aventure pour lui, à table, entre deux coups de fourchette, car elles n’ont pas perdu l’appétit. Récit des duettistes en résumé :
      ? Tout avait bien commencé, la traversée puis l’approche de Gozo. Superbe. On longe l’île jusqu’à la station balnéaire de Marsalforn. Trouvé à se caser dans le port, un peu ric-rac pour la taille du bateau ; on a débarqué à Saint-Trop sur Malte, fait le tour du patelin, chic, huppé, très in et même profité de la plage. Repas en front de mer. On en était à l’attaque d’un méga sorbet quand un gars est arrivé en courant vers les accompagnateurs, gesticulant et criant qu’il fallait rentrer dare-dare. Le temps qu’on se bouge, en dix minutes, le ciel est devenu tout noir, le vent violent et la mer démontée.
      On a évacué la terrasse en vitesse vers l’abri du restaurant. Plus question de reprendre la mer. L’après-midi s’est avancé sans qu’une accalmie se présente, bien au contraire. Il tombait des cataractes d’eau et ça tonnait comme au jugement dernier. Y en avait un qui devait être en colère la-haut. Bref, le résultat des courses c’est qu’on était coincés. Alerte météo, avis de tempête, très inhabituelle, on nous assure. On veut bien les croire, les rues sont des torrents boueux; même la liaison ferry du bout de l’île est interrompue. On ne repartira au mieux que demain. Affolo général : on était quand même une centaine à nourrir et héberger, sans compter les détails bassement matériels.
      Finalement, les édiles locaux nous ont regroupés dans une sorte de salle polyvalente déjà préparée pour la fête de la musique. Pour le casse-croûte et les boissons, les tables c’était en place. On a vu arriver ensuite un lot de matelas pneumatiques et des lits pliants. Whaou, cinq étoiles ! Il y en avait qui flippaient grave mais avec la sono on a tenu l’ambiance, presque aussi fort que le claquement de la foudre.
      Le pompon, c’est quand l’électricité a disjoncté. Panique à bord, quelques lumignons et des bougies plus tard, on s’est dévouées auprès des plus stressés. Ça n’est revenu que vers une heure du mat et j’ai pu avoir enfin l’hôtel avec un portable qu’on m’a prêté. Excuses Pierre. 
      Petit sourire contraint de Laure à l’adresse de son vis-à-vis. Qui confirme des yeux qu’ils n’étaient pas dans la galère de Gozo, mais en route pour Cythère. Elles poursuivent :
      ? Bon, pas dormi du tout. Gavées de café chaud. Tenu le ton club Med jusqu’à l’embarquement. Pas fini les avatars. Si la mer est praticable, elle n’est pas calmée. On roule bord sur bord. Ça mouille sur le pont et comme le bateau est complet, pas moyen de s’abriter ni d’éviter de partager les effets du mal de mer qui touchent un bon quart des passagers. Je te dis pas…. On s’en souviendra, de la croisière. Mais finalement, on s’est bien amusées. 

      Norbert-Pierre a commandé du champagne et l’on trinque à l’odyssée.
      Elles s’éclipsent pour une sieste réparatrice, les abandonnant dans un tête-à-tête un peu embarrassé. En filigrane : Après demain, je serai partie… Moi, je suis coincé ici jusqu’à la fin du mois… Pas libre, pas comme tu peux le penser… Laisse- nous du temps… Il vaut mieux qu’on arrête, Pierre, ça fait trop mal. Sois gentil, profil bas jusqu’au 22. Il se résout à lui rendre ses mains. Comment pourrait-il la rassurer. Il lâche, au supplice :
      ? Laure, Laure, tu es la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma putain de vie. N’en doute pas, un seul instant; laisse aller, nous aurons notre chance ; moi-même je ne peux croire que ce qui nous arrive doit finir dans le coffret des souvenirs… 

      Ils ne se verront qu’au dîner. La bonne humeur est de mise copains, copain, comme avant. Une ombre de reproche dans les yeux des frangines. Un petit bout de soirée karaoké dans la boite d’à coté, histoire de tester leurs belles voix, les sourires et la détente refont surface. Non, il n’y aura pas de tempête mais ni Céline Dion, ni Johnny n’ont de souci à se faire. Elles décident de fêter ici même, dignement et en beauté la fin de leur séjour. Demain soir, solstice d’été, fête de la musique, feux d’artifices.

      A suivre

      Patceval

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      • #3537050
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          L’aventure se poursuit avec des péripéties !

          Superbe récit en partage et vivement la suite !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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