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BONNE PECHE 33

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 15-12-2024 21:49.
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    Parceval
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      BONNE PECHE 33

      BONNE PÊCHE 33
      (Les Gardinet , Pére et fille)

      TRIBULATIONS

      Mais combien de temps ça va lui prendre de démêler tout çà ? D’autant que le lendemain matin il reçoit un coup de tube de JP. Dupestang:
      ? Merci pour le doc. Mais dis-moi, dans quelle cour tu joues ? À la préfecture, ‘On’ s’est informé sur toi. Tu dois être convoqué bientôt. Un fonctionnaire de l’Intérieur… Tu vas reprendre du service, petit cachottier !
      Il ne manquait plus que cela. Non, décidément ‘On ‘ ne l’a pas oublié ; et ce serait délicat de ne pas y répondre. Il fait confiance à ‘Bastien’, mais sa hiérarchie ? Wait and see…
      Ce n’est qu’en soirée qu’il réussit à avoir l’étude de maître Vernial, lui-même averti de sa démarche : oui, il désire s’entretenir du divorce Girardin-Gardinet.
      L’analyse et le commentaire du dossier est assez instructif. L’intéressé a très mal pris l’annonce de la procédure. Il a été carrément odieux, ce qui a permis une séparation de corps rapide. Au vu des éléments apportés et du contrat de mariage, c’était clair : le mari repartirait une main devant et une main derrière. C’est là que le Père de ma cliente a commencé à interférer : Il souhaitait négocier un divorce à l’amiable pour sauver les apparences. L’avocat de la partie adverse à présenté des exigences tellement exorbitantes pour y consentir, que je leur ai vivement conseillé d’en rester à la procédure standard. Curieusement, j’ai reçu instruction formelle des Gardinet d’accepter. Ce qui fait que ce peu reluisant personnage toucherait un bon paquet, sans garantie réelle de discrétion.
      ? J’ai bien sur fait part de ma désapprobation. L’affaire s’est arrêtée au décès de Joseph Girardin. Depuis, plus de contact avec la famille, à part leur récent appel vous concernant. Pouvez-vous m’en dire plus, Monsieur Bacqueyrou ?
      ? Je laisse ce soin au bon vouloir de vos clients. Une dernière chose, avant de prendre congé, je relève les coordonnées de la partie adverse.
      Car il ne manque plus que le point de vue de l’autre avocat pour compléter le topo. Au moment de l’appeler, il a comme une hésitation et décide de surseoir : d’abord se renseigner sur lui.
      Qui se cache derrière tout ça ? Nécessairement quelqu’un de bien informé des avatars de Sylvie Gardinet et de la transaction amiable. Un proche, famille, ami ? Délicat, Il serait étonnant que le Père ou la fille se soit laissé aller à des confidences là-dessus. Il faudra confirmer. Un pote à Joseph ? Ça serait étonnant, ce genre de personnage compartimente bien sa vie. A voir, si on est dans une impasse. Après on en revient aux avocats. Et Maître Vernial sert les intérêts de Gardinet depuis vingt ans. Excellente réputation, bien connu sur la place. Cabinet prospère. Aucun intérêt à ce petit jeu minable. De toute façon il faudra aller au bout. Pourvu que le père suive ses conseils.
      Justement, il l’informe de deux appels depuis hier. Pressants, menaçants, sous huit jours la presse spécialisée aura des biscuits. Oui, il a enregistré. Oui, il a promis une avance pour patienter, vu la somme demandée. Excellent; la prochaine fois, il y aura rendez-vous. « Non grand dieux, nous n’avons parlé à personne ! » On avance, on avance.
      Voyons voir… Maître Christophe Barberin, trente deux carats, inscrit au barreau de Toulouse depuis cinq ans. Cabinet en banlieue. Apparemment ne roule pas sur l’or… Il s’enquiert auprès de son ex-collègue de la maison : souvent commis d’office sur des affaires de petite délinquance. Pas vraiment une flèche. Il veut d’abord voir de visu, prend rendez-vous, se présente en possible client pour une affaire tordue genre tutelle d’un parent âgé. Vu et le conseil prodigué et l’échange, pas impossible qu’il soit mouillé. Cent euros quand même. Enregistré, au cas où. C’est lui qui a conseillé Joseph, non ? Et il devait se faire grassement rétribuer…
      Il passe chez Gardinet, récupère les enregistrements. Trois, car le RV est pour demain matin dix heures : un bar PMU place Victor Hugo. Une enveloppe à laisser à table après avoir consommé. On va préparer tout ça, il sera sur place équipé son et image. L’exploitation des bandes son ne permet pas une identification formelle : on parle a travers un mouchoir. Quoique les intonations et le débit ? Il va falloir mettre le commissaire Dupestang à contribution. Pas gagné sans une plainte. Tant pis, il le mettra au parfum.
      Tout se passe comme prévu, sauf que ce n’est pas Barberin qui rafle l’enveloppe dés que Gardinet s’éclipse. C’est un jeune mal rasé, casquetté, genre joueur base-ball crade. Il lui file le train, pas longtemps. Il largue son enveloppe dans une bagnole vitre ouverte, qui démarre illico. On verra les images. Même pas besoin d’y aller, le portable suffit. Il fait le siège du cabinet de l’avocat. Et une demi-heure après ça répond. Le pauvre, il n’a que des mauvaises nouvelles à lui annoncer. Les liasses de petites coupures : il n’y a que le titre qui est bon. A restituer bien sûr. Il doit se décider vite : soit un dossier complet et confondant adressé au Bâtonnier, à moins que Gardinet ne préfère déposer plainte, soit ça s’arrête là, sachant que le moindre soupçon calomnieux déclenche tout. Furax, le mec, sur ses grands chevaux ! Mais cinq minutes de discussion l’amènent à composition. Il a compris où est son intérêt. Décidément, l’avocaillon a une clientèle à son image : des crapules.
      Là , Norbert a mis la charrue un peu avant les bœufs. Mais tout se confirme dans la foulée : La voix est identifiée. Le joueur de base-ball : un client à lui. En quarante-huit heures. Ouf, affaire classée : Rapport en pièces remises à Gardinet, avec sa facture. Conseil d’ami : Travailler avec Maître Vernial pour gérer la situation. Dire qu’il est soulagé et content le papounet serait un euphémisme. Tellement qu’il lui refile la même enveloppe que l’avance de Barberin, mais pas en monnaie de singe. C’en est presque gênant, mais vu le niveau de ses finances, il accepte. Un moment de honte est si vite passé… Il est convenu qu’on fêtera ça au Novotel de Blagnac demain soir.
      Le courrier attendu. Visite à la Préfecture, place Saint-Étienne. Distingué, son contact. Qui attaque d’entrée : Oui, « on » a été satisfait de vos prestations dans l’affaire Jandalby. Peut-être serait-il opportun de pouvoir compter ponctuellement sur sa collaboration ? Suit le couplet classique tricolore : Engagez-vous, rengagez-vous. L’attitude de son interlocuteur et la tonalité de l’entretien, l’invitent à penser qu’il serait malséant de refuser. Ses errements nautiques et insulaires sont en filigrane, off course.
      Bon, quel statut ? Rien d’officiel, « On » lui confiera des « enquêtes » avec le code qui va bien. Rémunérées, au tarif du Privé. Pas de contraintes ? Non, vous n’êtes pas astreint à rester basé à Toulouse ni de garder une officine, si c’est à cela que vous pensez. Ah, oui, si vous vous plantez, ne comptez sur aucune aide, « on » ne vous connaît pas. Il doit ensuite signer un tas de papelards qui l’engagent et lui promettent bien des ennuis s’il sort des rails. Le voilà vacataire de la DST. Merde, merde !Un poil contrarié, Nono. Il fera avec, pas le choix. Post mortem, Pierre lui pourrit encore la vie. Mais, qui sait peut-être, il aura l’occasion de s’éclater.
      Au Novotel, dés l’apéro entamé, Papa déclare forfait : un rendez- vous pas prévu. Important.
      ? Mais que cela ne vous empêche pas de continuer sans moi.
      Et voila Norbert en tête-à-tête avec Sylvie, à déguster un kir royal. On devise courtoisement. A l‘entrée de foie gras poêlé nappé de son coulis de framboise, arrosé d’un Vic Bilh, vendanges tardives, elle lui confie son soulagement. L’impression de s’éveiller d’un long cauchemar. Nono comprend qu’elle ait envie d’en parler ; et à qui pourrait-elle parler sinon à quelqu’un connaissant ses malheurs et tenu à la discrétion ? Sûr que c’est elle qui a viré son paternel pour purger cette crise et clore le chapitre. Un exorcisme en quelque sorte. Il va pouvoir bientôt se reconvertir en psy.
      Au tournedos Rossini, arrosé de Cotes de Saint-Monts, elle lui exprime sa gratitude pour l’avoir tirée de ce mauvais pas. Certes, elle est finalement reconnaissante à son Père de lui avoir ouvert les yeux, même si ça a fait très mal. Moments difficiles, atterrissage brutal, confrontée aux réactions du mari : à la fois violentes et avilissantes. Par contre elle lui en veut beaucoup de ce qui s’est passé ensuite, sans jamais la consulter. Toujours la peur des on-dit. Avec les conséquences qu’on sait. Norbert compatit, en évitant de s’apitoyer. Défend mollement Papa : il n’a cherché qu’à la protéger, maladroitement. Elle et la réputation Gardinet and Cie. Mais ça, il ne le dit pas. Pontifiant : il est toujours préférable d’affronter l’adversité, sans chercher l’esquive.
      Ils ont zappé sur les fromages, au profit d’une somptueuse pâtisserie arrosée de Canard Duchêne. Il l’amène peu à peu à évoquer son métier d’enseignante. Bientôt un sourire remplace le pli amer de sa bouche. Voila un sujet où elle est intarissable. C’est toute sa vie. Quelques flûtes plus tard, la bouteille flotte dans le seau à champagne, vide.
      Toujours est-il, que l’ambiance euphorique, l’abstinence de l’un et le désir de revanche de l’autre les emmènent à l’étage du Novotel, hôtel comme son nom l’indique. Un zeste de réalisme pour Norbert : Elle n’a plus de voiture, et lui pas en état de conduire. Consciemment ou non, elle a espéré ça. Et lui, hypocrite, se dit qu’elle en a bien le droit, après tout. Occulte ses états d’âme, oublie le psy. Laisse aller les choses.
      Au petit matin, c’est elle qui le réveille, gourmande. Manifestement, elle a repris du poil de la bête. Mutuellement satisfaits et repus, un petit déjeuner à l’anglaise va leur permettre de refermer agréablement la parenthèse. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et pas d’autre chose. Belle et jeune, prête maintenant à croquer la vie à pleine dents. Ils se quittent bons amis. Bise sur la joue. Taxi. Bonne rentrée Sylvie.
      Normalement, il devrait culpabiliser à mort. Eh bien non : Le psy néophyte est doté d’une heureuse nature qui lui permet de bien faire la part des choses : il a plutôt l’impression d’avoir enterré sa vie de garçon. Ouille, là ça commence à devenir grave. Enfin, à partir d’aujourd’hui il va pouvoir se consacrer à celle qui n’a jamais quitté ses pensées : Laure ! Jésuite, le mec !

      Allez zou ! Il serait temps !

      A suivre

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      • #3547592
        Sybilla
        Maître des clés
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          • Réponses: 79667

          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Superbe récit de ces nouvelles aventures !

          Je vais attendre la suite !

          Belle soirée Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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