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BONNE PÊCHE 34

  • Ce sujet contient 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 20-12-2024 02:06.
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    Parceval
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      BONNE PÊCHE 34

      LAURE

      Laure Monestier a retrouvé ses pénates et sa librairie quartier Saint Jean ; Elle a séché ses pleurs. S’est replongée dans le quotidien. Les voisins, les amis, la clientèle. Pas mal de touristes attirés par le pittoresque et l’ambiance des lieux. Du boulot, il y en a. Elle souhaite travailler sur l’agencement du magasin, donner un coup de jeune. Faire rentrer les ouvrages scolaires, s’informer des probables nominés des prix littéraires d’automne. Pour cela s’assurer le concours d’une étudiante en recherche d’un job d’été. Pas de quoi s’ennuyer. Elle est restée sur un petit nuage blanc qui flotte dans l’azur méditerranéen. Pierre. Malgré la réserve affichée de ses amies, elle est persuadée qu’il va se manifester d’une manière ou d’une autre courant juillet. Peut-être très vite. Du cœur à l’ouvrage donc. Fais attention de ne pas être ailleurs, dans la lune. Réserve ça pour les nuits. Non, ça ne peut pas finir là, ses copines sont d’un rabat-joie !
      Et puis la fin du mois venant, le petit nuage blanc s’est assombri et le ciel est devenu tout gris. Rien. Silence radio. Bonjour tristesse. Henriette et Eléonore s’en alarment, qui s’emploient à la distraire pour combattre sa morosité : déjeuners au resto, ciné, sorties à vélo, séances ludiques à la salle de sport, rien n’y fait. Ça tourne à la neurasthénie. Elle se crève au boulot pour oublier. Une quinzaine de jours après, les sisters décident de passer au niveau supérieur. Violentes diatribes sur les mecs, qu’ils sont tous pareils, comme Sardou le chante « … lui faire l’amour pour un soir, mettre le feu à sa mémoire, et puis disparaître en fumée. »
      ? Relativise ma chérie, ce fut un bon moment, à ranger au magasin des souvenirs. Regarde, nous, on n’a pas de problèmes, on a des copains, de bons amis, un cheptel sympa où puiser quand on est d’humeur badine ! Il faut sortir, aller en boîte, soigner le mal par le mâle !
      Le résultat immédiat mouille pas mal de mouchoirs. Pourtant, à force d’insister, elle finit par jeter l’éponge, va s’étourdir dans les lieux branchés, sans jamais trop répondre aux avances galantes. Sauf hier soir, où elle s’étourdit un peu plus que d’habitude dans le déluge sonore et le rythme de la salsa. Elle se laisse tenter par un garçon, beau, gentil, bien propre sur lui, et qui danse à ravir. C’est un four complet. Le charmant Adonis accueille un glaçon dans ses draps. Il assure, mais toute sa science est impuissante à vaincre sa passivité. Elle balbutie des excuses vaseuses : sais pas ce que j’ai ; pas la tête à ça. Le gars, beau joueur, la console d’un peu de tendresse, fair-play, mais au fond, il est mortifié. Elle ne saura jamais qu’en fait, il a été téléguidé par ses copines. Jusqu’où l’amitié peut aller, hein ?
      Pas tout à fait négatif, cet épisode décevant. Il l’amène à dresser le bilan de sa vie sentimentale. Sa première expérience, un grand amour d’adolescente. Dévastatrice. Le gars, complètement immature, s’est envolé dès qu’elle lui a dit être enceinte. Tiens, un Pierre aussi. C’est une malédiction. Et cet accident malencontreux qui l’a empêchée de mener à terme son espoir de maternité. Double peine. Changé radicalement sa vision des choses. Non, elle n’a pas opté pour une vie monacale. D’autres sont venus qui lui ont fait entrevoir les étoiles. Des amants de cœur, sans jamais la convaincre de s’engager plus avant, bien qu’il y en ait qui auraient bien voulu. Il manquait ce grain de folie. Jusqu’à Malte.
      La voila qui réagit : Non, elle ne va pas rester comme ça à se morfondre. Il faut conjurer le sort ; aller jusqu’au bout, mettre fin à l’incertitude. Tant pis si ça fait mal. Déjà un bail qu’elle à exploré l’annuaire du 31 dans son entier, avec l’idée un peu puérile d’être la première à avoir appelé. Même avec l’annuaire à l’envers, pas de Pierre Jandalby. Sans doute liste rouge ou portable. Elle n’a pas insisté. Mais aujourd’hui…
      Un club d’informatique. Elle va commencer par là. Chouette, Monsieur Google lui en désigne un à deux pas de chez elle. C’est un repaire de fondus du web. Inscription dans la foulée. Exposé du problème : comment retrouver les coordonnées de quelqu’un à partir du seul nom. Eh, ben ma p’tite dame ! En France quand même ? Et sans trop se ruiner.
      On lui propose quelques petits logiciels bidouillés, assortis du conseil d’aller voir du coté d’une association de généalogie, qu’on lui indique. On travaille pour elle. Une semaine ne nuits éreintantes à se crever les yeux à l’écran, de manips pas très licites pour arriver à quarante-sept Jandalby répartis sur le territoire. C’est un nom pas très répandu, heureusement. Généralement attribué à des enfants trouvés : Le prénom associé au lieu. Assez de détails, le généalogiste !
      A l’attaque ! Mais à des heures licites, elles. Grosso modo, entre dix huit et vingt et une. C’est laborieux, elle se présente comme clerc de notaire en recherche d’héritiers. Il y en a qui ne répondent pas, elle laisse des messages. Des hommes, des femmes. Non pas de Pierre dans la famille. Ce soir, elle en est au trente deuxième quand elle entame son pensum.
      Cette fois, c’est à Nancy. Cinq sonneries avant que l’on décroche. Une voix distinguée. Pas un jeune homme.
      ? Martin Jandalby. A qui ai-je l’honneur ?
      Elle débite sa petite histoire.
      ? Là, chère Madame, je ne comprends pas bien et vous m’étonnez, à moins qu’il y ait eu confusion dans votre étude. J’ai bien un petit cousin qui se prénomme Pierre, officier de renseignements dans l’armée…
      Ignorant sa réserve, elle le coupe :
      ? Oui, c’est certainement la personne que je recherche…
      ? Mais attendez, cela fait presque un mois que j’ai été averti par les services du Ministère qu’il….
      Elle écoute le reste sans vraiment l’enregistrer. Lorsqu’elle réalise enfin, Laure lâche le combiné et glisse au sol, anéantie par ce qu’elle vient d’entendre. A l’autre bout du fil, Martin Jandalby s’égosille et de guerre lasse, raccroche.

      Pôvre d’elle, rien ne lui sera épargné !!

      A suivre

      Parceval

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        Sybilla
        Maître des clés
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          Bonsoir Cher Ami poète Parceval,

          Pauvre Laure en effet…
          Cela tourne à la tragédie pour elle…

          J’ai hâte de connaitre la suite !

          Belle nuit Cher Ami poète Parceval !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
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