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Césaire (Brazzaville via Oujda) d’Abd Al Malik

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par zero, le 28-07-2009 18:18.
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    zero
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      J’étais allongé dans une chambre d’hôtel au Maroc et Césaire était mort
      Je pensais à ça, à lui, au fait que je suis Noir et à autres choses encore
      Le hall grouillait d’intellectuels d’artistes, j’en avais salué quelques uns avant de prendre l’ascenseur
      Lorsqu’on m’invitait à ce genre d’événement, non pas que j’étais pris par la peur
      Mais une sensation étrange de sentiments mêlés me questionnait sur ma place

      Sidi Badr était dans une autre chambre quelques étages plus bas au téléphone avec Bilal
      Réglant les derniers détails techniques de l’album que vous êtes en train d’écouter
      Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’y installer

      Noir comme un département de l’humanité
      Noir comme pour l’universel son singulier
      Noir comme s’il s’agissait d’aimer

      Césaire évidemment aurait pensé que la poésie est toujours une question d’entre deux
      Une sorte de trait d’union qui, interpellant l’histoire en la tutoyant dirait « je »
      Entre l’absence et la présence, comprendre qu’être subversif c’est passer de l’individuel au collectif
      Lorsque je rentrais dans ce genre de réflexion, non point que j’étais craintif
      Mais un questionnement profond quant à la responsabilité m’interpellait sur ma fonction
      Sidi Badr était dans une autre chambre quelques étages plus bas en train de faire ses ablutions
      Et Bilal à quelques milliers de Km de là composait la musique que vous écoutez
      Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer

      Noir comme un département de l’humanité
      Noir comme pour l’universel son singulier
      Noir comme s’il s’agissait d’aimer

      Quelle image avions nous de nous-mêmes au temps de Senghor et de Diop au fait ?
      Tout cela est tellement loin pour ma génération comment voulez-vous qu’on s’en souvienne ?
      De ceux qui ont fait que bien qu’ayant grandi dans le ghetto notre esprit n’y vive pas
      Lorsqu’on trouve normal d’être libre et debout eux se sont battus pour la fierté d’être soi
      Mais un sentiment me fait me demander ce que pensait réellement Césaire de nous
      Avec Sidi Badr on se dit souvent qu’être un homme ça va au-delà de tout appartenance c’est tout
      Et Bilal est d’accord et précise que dans l’émotion c’est ce que note musique doit refléter
      Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer

      Noir comme un département de l’humanité
      Noir comme pour l’universel son singulier
      Noir comme s’il s’agissait d’aimer

      J’étais allongé dans une chambre d’hôtel au Maroc et Césaire était mort
      Mais de Fort de France à Oujda, de Cayenne à Brazzaville, il rassemble encore
      Intellectuels, peuples des cités, Noir ou Blanc, je vous salut de la part du Nègre fondamental

      Lorsque je me rebelle c’est mu par le devoir impérieux de l’excellence de mon style
      Moi, laminaire, je reprends le flambeau avec mes flows, avec mon cœur, avec ma bande
      Sidi Badr pense qu’en fait c’est tout juste une question de conscience
      Pour Bilal, il faut révolutionner, partir de là où on aurait jamais dû quitter
      Quant à moi c’est par le mot, le mythe, l’Amour et l’humour qu’au cœur du vivant il s’agissait de s’installer

      Noir comme un département de l’humanité
      Noir comme pour l’universel son singulier
      Noir comme s’il s’agissait d’aimer

      " Il y a des volcans dont l'embouchure est ? la mesure exacte de l'antique d?chirure..." (Aim? C?saire)
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