-
Sujet
-
CHANSON DE FOU
Je les ai vus, je les ai vus,
Ils passaient par les sentes,
Avec leurs yeux, comme des fentes,
Et leur barbe comme du chanvre.Deux bras de paille,
Un dos de foin,
Blessés, troués, disjoints,
Ils s’en venaient des loins,
Comme d’une bataille.Un chapeau mou sur leur oreille,
Un habit vert comme l’oseille ;
Ils étaient deux, ils étaient trois,
J’en ai vu dix qui revenaient du bois.L’un d’eux a pris mon âme.
Et mon âme comme une cloche
Vibre en sa poche.L’autre a pris ma peau
Ne le dites à personne –
Ma peau de vieux tambour qui sonne.Quant à mes pieds, ils sont liés
Par des cordes au terrain ferme ;
Regardez-moi, regardez-moi,
Je suis un terme.Un paysan est revenu
Qui nous piqua dans le sol nu,
Eux tous et moi, vieilles défroques,
Dont les enfants se moquent.Et nous servons d’épouvantails qui veillent
Aux corbeaux lourds et aux corneilles.Émile VERHAEREN
Puisque tu aimes Verhaeren, je transmets la chanson de fou. Vous avez déjà suggéré le Vent : Sur la bruyère longue infiniment… Deux textes que j’ai beaucoup dits quand j’allais au cours de déclamation!!! (J’adore!)
http://poesieetsculpture.jimdo.com/Retrouvez plus sur mon site !
La po?sie c'est une lettre d'amour adress?e au monde.
Charlie Chaplin
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
