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Sujet
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Château la Souche.
Fourmis de rêve . Souvenir indélébile. Mon frère et moi étions châtelains.
Sept et huit ans à peine.
Gardiens attitrés de cette Souche d’arbre, palais immense et royaume d’une multitude de fourmis noires.
Perpétuel va- et- vient, transport de brindilles, feuilles vertes aux nervures de l’automne. De minuscules œufs blancs ou d’énormes insectes parfois transportés et quelque fois vivants que nous jetions en pâture, en guise de victuailles, ravitaillement de choix pour la fourmilière.
D’ailleurs en parallèle avec ces mêmes insectes ou gastéropodes, avions improvisé une sorte de cirque aux multiples numéros .Escargots, limaces, sauterelles furent si l’on puis dire ainsi, hélas pour eux et notre cruauté à la fête.
Mais revenons aux tranchées, sous-terrains, trous à travers les allées du château au milieu du parc boisé d’un autre cette fois-ci vrai château dans lequel nous vivions en nourrice à Saint- Chartier, bourgade de l’Indre. Et c’est presque chaque soir que nous avions le droit à ce merveilleux spectacle hors pair. Entre hélicoptères libellules survolant le royaume et ses fourmis ailées en Prada pour cette représentation spéciale, une joie, hymne pour nos yeux d’enfants et sous l’indifférence des autres fourmis ouvrières qui elle étaient affairées comme d’habitude et imperturbables, comme si, comme ci ?
Comme si rien de spécial n’eut lieu dans la vallée noire fief de Nohant de Chopin et du mystère de George Sand.
Et c’est ainsi que tombait le soir se refermant sur un chemin de l’enfance.
Extrait d’innocence.Jean-Robert Dray. Cergy 19h.
Le 9/10/2023.
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