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CHRONIQUE D’UN VOYAGE DU BEAUJOLAIS EN ALSACE
(Escapade en camping-car, 9-13 juin 2004)C’était un Mercredi.
Nous sommes partis aux aurores de Pommiers, à sept heures et demie. Tout avait été préparé minutieusement par les pros du camping-car : Robert pour la technique et l’intendance, Maty pour la subsistance et le confort, chaque chose à sa place dans la maison roulante.
Nougat était devant la porte, des fois qu’on l’oublie et Capucine avait pris ses « quartiers d’absence » chez les amis portugais. Nul doute qu’elle serait là à notre retour, avertie par les sens mystérieux des matous….
Eh hop, en route chauffeur ! Nous sommes à l’aise au salon-cuisine-salle à manger-coucher du véhicule ; le clébard est dans son panier rembourré. On profite à plein du paysage. Franchie la Saône, route connue, direction Bourg-en-Bresse par la lisière des Dombes. On roule tranquilou, il fait beau et pas trop chaud…
De temps en temps, on ouvre les écoutilles pour aérer, car Nougat parfume l’atmosphère, à moins que ce ne soit Médor. Franche rigolade.
On oblique sur Lons-le-Saunier avant Bourg et découvrons le piémont jurassien. Enfin Besançon : arrêt buffet à la sortie au bord du Doubs.
A deux heures, après café et mini-sieste, promenade du canin, nous repartons sur Montbéliard, en profitant d’un petit bout d’autoroute gratos.
Le temps de prendre la mesure de la cité fortifiée, on file sur Belfort et enfin rejoignons Mulhouse. Nous nous assurons une chambre au F1 du parc de Gluck. On va aller dîner à l’entrée de Richwiller ; ça sent bien l’Alsace !
Pour nous, retour au F1, ablutions, garde-à-vous face au plafond, on a eu une journée bien remplie. Remarquable, le Nougat, il ne nous les a pas brisés….Jeudi matin….
Regroupement au camping-car dés potron-minet, petit déjeuner et roulez carrosse, le quartier a l’air de « craindre »…
Enfer et damnation, le musée du chemin de fer, que nous devions visiter, est fermé cause travaux. Pas mieux pour celui de l’auto qui n’ouvre que l’après-midi ; on louche de l’extérieur. Raz la casquette des zones industrielles de Mulhouse, on file vers la campagne.
Notre première étape sera Soultz : jolie bourgade, belle église, petites rues et fleuries ; beaucoup de maisons à colombages. Le syndicat d’initiative est sympa, l’accueil assuré par une hôtesse charmante et provençale ! On prend de la doc.Allez zou ! Guebwiller. Super, il y a des cigognes sur le clocher ! Nous sommes au pied du vignoble et la promenade commence sur les coteaux vosgiens, soigneusement complantés de vignes bien propres et alignées. Villages au gré du chemin : Bergholz, Bergholz-Zeu et Soultzwall. Nous nous posons sur une petite aire ombragée, pour déjeuner vers midi. Pique-nique au milieu des fleurs des champs, noyés dans un paysage magnifique. Caoua et mini-sieste. Nougat apprécie. Bucolique, cette halte…
C’est reparti ; au fil de la route, Westhalten, puis Rouffach. On redescend dans la plaine alsacienne. Je remarque la densité de voies rapides 2×2 et autoroutes qui maillent les lieux, et les cultures maraichères diverses en plein essor dessinent un damier coloré en cette fin de printemps. Pfaffenheim où Robert ne parvient pas à retrouver un resto qu’il a connu dans le temps : Le Relais de la Choucroute. De guerre lasse, on poursuit notre périple jusqu’au village d’Eguisheim, qui reste dans mon souvenir comme une petite merveille, même si le temps se fait orageux. L’architecture est typique et authentique. Beaucoup de cachet, décoration et fleurs, enseignes originales, propreté. Les gens sont accueillants et sympathiques. On achète quelques « produits locaux » et liquides chez Freudenreich. Les géraniums de toutes couleurs dégoulinent des entablements ; quelques nids de cigognes sur les toits ; des envies de choucroute ; beaucoup d’échoppes d’artisans du bois et dinandiers ; même une galerie atelier où je m’attarde près de l’Artiste pour causer pinceaux…
Nous filons vers Colmar pour nous assurer une chambre au F1 dans une zone industrielle, avec l’avantage de pouvoir garer le camping-car dans l’enceinte de l’hôtel. Et roule petit navire : Houssin et les environs d’Ostheim. On fait halte en rase campagne, prés d’un ruisseau : le Flecht. J’y trempe les pieds, car il fait très chaud aujourd’hui : 32-34 degrés ! On s’était arrêtés ailleurs pour le dîner dans un petit bois. Des gens du voisinage sont venus nous avertir que c’était très mal fréquenté ! On a donc dîné au bord du Flech. Nougat a pu vadrouiller… Après, retour au F1 à Colmar. Le soir : orage, enfin.
Vendredi, early morning,
…Et une nuit animée par l’orage et le bal des putes. Les filles ont été larguées autour du rond-point de la zone industrielle par des minicars vers neuf heures. On entend très bien les cris, les rires et les crêpages de chignons de ces dames qui causent caucasien, en se montrant leurs fesses. Elles seront récupérées tôt le matin par le service de minicars, après qu’elles aient soulagé l’humanité souffrante des travailleurs en déplacement. Ça, c’est de l’organisation ! La maison poulaga est aux abonnés absents… Bon, il faudra trouver un autre hôtel. Eh oui, comme il fait très chaud, c’est l’étuve ou le ramdam péripatéticien.
On petit déjeune et en route pour Rouffach pour faire les vidanges diverses et avariées. Nougat en profite pour faire une fugue. On galope un moment avant de le récupérer…
Le temps est plus que maussade, coupé d’averses bretonnes, nous allons donc nous rabattre sur Ungesheim et l’Ecomusée (Il se trouve sur l’aire d’anciennes mines de potasse)
Grandiose, l’Ecomusée, habitat et métiers de la vieille Alsace sont regroupés ou reconstitués là, avec des cigognes comme s’il en pleuvait et il a plu, beaucoup, beaucoup. Heureusement, pas au point de nous empêcher de visiter les lieux. On a commencé par prendre des forces : une taverne accueillante, une choucroute excellente arrosée de bonne bière, caoua et sorbet au kirsch.De quoi éclaircir le ciel.
Donc, on visite : l’ancienne scierie, le charpentier, le menuisier, le savetier, la poterie, les faïences, les étables, écuries et poulaillers, porcs et gallines charmants, vaches placides. Aussi les intérieurs anciens avec les ustensiles et les vêtements d’époque, les salles de bains, le trousseau des « novis ». Tout cela est vivant, car les artisans reçoivent et démontrent. Dans les rues de terre battue des attelages de chevaux de trait déambulent ainsi que les bovins.
Une mention spéciale pour l’atelier de forge et de charroi. D’abord le forgeron, ressemblance frappante avec Lénine, je le baptise illico Vladimir Ilitch, dans ses œuvres avec son grand tablier de cuir. Soufflet, forge, reflets rougeoyants et le fer qui se plie aux volontés de l’artiste ; Vulcain de chez Vulcain. Plus tard, on le verra restaurer les roues d’un attelage de malle poste.Un passage à la boulangerie traditionnelle, qui propose en sus les viennoiseries locales. On pose dans l’arène de la fête foraine à l’ancienne avec ses manèges les jeux de cirque.
Nous quittons l’Ecomusée en passant dans la friche industrielle des mines de potasse. Elle devrait être intégrée dans le site avec visite des galeries dans les années qui suivent…
Direction Turkheim pour dire bonjour à Charlotte et se poser sur une aire arborée pour casser la graine. Notre chauffeur écorne l’arrière du van en se garant, sans gravité. Orgie de pâtes au jambon. Retour à Colmar, on aura encor droit au bal des filles… Fermer le ban.Samedi
Colmar de bon matin : p’tit dèj. Ras le cul du cirque aux putes, adieu F1. Bon, on change les fusibles à NORAUTO. Le Chef a réparé ses arrières. Alléluia ! On fait nos appros de subsistance à MATCH supérette, nulle d’ailleurs et gens malgracieux. On est pris à partie par un atrabilaire que sa femme avait jeté du lit !
Et sus à l’Everest, en l’occurrence au château du Haut-Koenigsburg : 780 mètres ! Le paysage est à couper le souffle : on domine toute la plaine d’Alsace.
Quant au château, il est superbe, mais il ne fait pas vrai, car construit au début du vingtième siècle. On visite… Autour, car il y a des convois de cars et une queue pas possible pour entrer. On déjeune à la colline des singes ; Simone n’est pas trop verte (ça sinue) et elle n’a pas perdu l’appétit. Sieste pour le chauffeur, promenade sylvestre pour les autres. Le pied, quoi ?A deux heures et demie, cap sur Obernai, ville touristique très typée, grandes maisons à colombages de trois et quatre étages. On déambule, petites emplettes gourmandes ; Robert fait provision de crémant.
Retour à Sélestat, puis au bord du Rhin. Je découvre avec stupeur le barrage et les écluses de Markosheim. C’est gigantesque ! Et la taille de ces péniches autotractées, plus de cent mètres de long. Les bateliers ont un véritable appartement, voiture, motos et vélos à bord, tv satellite et tout le toutim. Et les convois de chalands avec pousseurs ! Je suis scotché par la manœuvre des écluses : c’est sidérant ! On opère une retraite stratégique car c’est l’orage. Retour à l’Etap’hôtel de Sélestat, casse croûte et dodo. Ouf !Dimanche,
A l’aube de Sélestat Etap’ultime de l’aventure alsacienne. Réveil a sept heures et petit déjeuner. On va repartir par les bords du Rhin jusqu’à Mulhouse.
Le retour se décline ainsi :
• Sélestat, Brisach, Mulhouse, ça suit bien le bord du fleuve, mais pour le voir : wallou !
• Direction Belfort et la Nationale 83. Nous laissons rugir le lion et rejoignons la vallée du Doubs ; escapade jurassique, on visite
• On déjeune à Quincey, au bord de l’eau, en compagnie de canards curieux et bavards. Puis la N83 ; escapade à la Chapelle Furieuse
• Passage à Lons-Le-Saunier, puis Beaufort et Bourg en Bresse. roulez manège, arrêtes et vidanges diverses…La Bête sent l’écurie, elle piaffe. Médor s’oublie.
• Villefranche et Le Carry. Home, sweet home. Capucine est là ! On est sur les rotules, sauf le chauffeur : impérial !
Mais non, je ne t’oublie pas : chapeau Maty, tu es la madone du camping-car ! La fée du mini-logis ! J’avoue, il faut gérer, et tu excelles…..Rédigé à partir du carnet de voyage…..
Pins-Justaret , le 24/05/2012Parceval
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