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« course contre la honte » Richard Bohringer et Fabien Marsaud

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Ogr3, le 06-05-2016 05:20.
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    Ogr3
      • Sujet: 475
      • Réponses: 4879

      Fabien Marsaud

      Eh Tonton, est-ce que t´as regardé dehors?
      Sur l´avenir de nos enfants il pleut de plus en plus fort
      Quand je pense à eux pourtant, j´aimerais chanter un autre thème
      Mais je suis plus trop serein, je fais pas confiance au système
      Ce système fait des enfants mais il les laisse sur le chemin
      Et il oublie que s´il existe, c´est pour gérer des êtres humains
      On avance tous tête baissée sans se soucier du plan final
      Ce système entasse des gosses et il les regarde crever la dalle
      Tonton on est du bon côté mais ce qu´on voit, on ne peut le nier
      J´ai grandi au milieu de ceux que le système a oubliés
      On vit sur le même sol mais les fins de mois n´ont pas le même parfum
      Et chaque année monte un peu plus la rumeur des crève-la-faim
      Le système a décidé qu´y avait pas de place pour tout le monde Tonton,
      T´as entendu les cris dehors, c´est bien notre futur qui gronde
      Le système s´est retourné contre l´homme, perdu dans ses ambitions
      L´égalité est en travaux et y´a beaucoup trop de déviations

      Eh Tonton… On va faire comment? Dis-moi Tonton, on va faire comment?
      Est-ce que les hommes ont voulu ça, est-ce qu´ils maîtrisent leur rôle
      Ou est-ce que la machine s´est emballée et qu´on a perdu le contrôle
      Est-ce qu´y a encore quelqu´un quelque part qui décide de quelque chose
      Ou est-ce qu´on est tous pieds et poings liés en attendant que tout explose
      Difficile de me rassurer Tonton, je te rappelle au passage
      Que l´homme descend bel et bien du singe pas du sage
      Et c´est bien l´homme qui regarde mourir la moitié de ses frères
      Qui arrache les derniers arbres et qui pourrit l´atmosphère
      Y´a de plus en plus de cases sombres et de pièges sur l´échiquier
      L´avenir n´a plus beaucoup de sens dans ce monde de banquiers
      C´est les marchés qui nous gouvernent, mais ces tous ces chiffres sont irréels
      On est dirigé par des graphiques, c´est de la branlette à grande échelle

      Eh Tonton, on va faire comment, tu peux me dire?
      Comme il faut que tout soit rentable, on privatisera l´air qu´on respire
      C´est une route sans issue, c´est ce qu´aujourd’hui, tout nous démontre
      On va tout droit vers la défaite dans cette course contre la honte

      Eh Tonton… On va faire comment? Dis-moi tonton, on va faire comment?
      Entre le fromage et le dessert, tout là-haut dans leur dîner
      Est-ce que les grands de ce monde ont entendu le cri des indignés
      Dans le viseur de la souffrance, y´a de plus en plus de cibles
      Pour l´avenir, pour les enfants, essayons de ne pas rester insensibles

      Réponse de Richard Bohringer

      Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne
      On va rien lâcher, on va aimer regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs
      On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu´il y a devant, c´est si grand
      Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne
      T´as bien le temps d´avoir le chagrin éternel
      S´ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot
      Il faudra de l´utopie et du courage
      Faudra remettre les pendules à l´heure, leur dire qu´on a pas le même tic tac, que nous, il est plutôt du côté du cœur
      Fini le compte à rebours du vide, du rien dedans
      Ma gueule d´amour, mon petit pote d´azur il est des jours où je ne peux rien faire pour toi
      Les conneries je les ai faites, et c´est un chagrin qui s´efface pas
      Faut pas manquer beaucoup pour plus être le héros, faut pas beaucoup
      Je t´jure petit frère, faut freiner à temps
      Va falloir chanter l´amour, encore plus fort
      Y´aura des révolutions qu´on voudra pas, et d´autres qui prennent leur temps, pourtant c´est urgent
      Où est la banque?
      Il faut que je mette une bombe, une bombe désodorante, une bombe désodorante pour les mauvaises odeurs du fric qui déborde
      Pas de place pour les gentils, pour les paumés de la vie
      Chez ces gens-là, on aime pas, on compte

      Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne
      P´tit frère, putain, on va le reconstruire ce monde
      Pour ça, Tonton, faut lui tendre la main
      Tonton, il peut rien faire si t´y crois pas
      Alors faudra se regarder, se découvrir, jamais se quitter
      On va rien lâcher
      On va rester groupé
      Y´a les frères, les cousines, les cousins, y a les petits de la voisines, y´a les gamins perdus qui deviennent des caïds de rien, des allumés qui s´enflamment pour faire les malins
      Y´a la mamie qui peut pas les aider, qu´a rien appris dans les livres, mais qui sait tout de la vie
      À force de ne plus croire en rien, c´est la vie qui désespère
      Faut aimer pour être aimé
      Faut donner pour recevoir
      Viens vers la lumière, p´tit frère
      Ta vie c´est comme du gruyère, mais personne te le dis que tu as une belle âme
      Ma petite gueule d´amour, mon Polo, mon ami Châtaigne
      On va rien lâcher
      On va aimer regarder derrière pour rien oublier

      "Aux moments les plus impr?vus nous nous demandons bien s?r qui nous sommes vraiment derri?re les couches de peinture dont la culture nous a recouverts." Jim Harrison
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