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Sujet
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( écrit par Houssayni Karima, traduit de l’arabe par Abidi Nourdine ( arc-en-ciel)
Merci pour votre patience !
À chaque hiver,
Comme à chaque hiver,
Nous avons une envie folle
De nous installer quelques parts
Sur un banc de bois humide loin du cafard
Et de nous étendre dessus
Comme la plage.
À la manière d’un troubadour,
D’un poète,
Ou d’un vieux sage.
Un banc teinté des restes
D’une histoire d’amour
Et de bribes de nostalgies
Qui nous hantent
Et font en passant des ravages.
Comme à chaque hiver.Comme à chaque hiver,
Nous avons besoin
De tendre haut nos mains
Dans ce jardin public
Ce lieu sain et serein
Pour étreindre les gouttes de pluie
Et planer
Avec les jolis nuages
Tandis que sous nos pieds,
Prise de nostalgie,
S’effrite tout doux la terre,
Se mélange aux parfums de pluie
S’enivre et se soulage,
Comme à chaque hiver.Comme à chaque hiver,
Nous faisons de notre mieux
Pour calmer les plus révoltés
Des vents
Que se soulèvent contre le pays
Et ce mauvais temps
Qui hurle et qui rage.
Comme à chaque hiver.Comme à chaque hiver,
Des sans lieu ni feu
Égarés, éparpillés dans tout lieu
Bouleversés, perturbés
– hors page –Ici, un vieil homme un peu tordu
Se traînant péniblement
Sur une carne usée par le temps ,
Les vents suffoquants
Et les perrieux voyagesLà bas, au pied d’un mur ,
Se jette un vielle femme
Une mamie édentée
Enveloppée d’une auréole de fumée
De cigarettes
Se rappelant peut-être
La douceur du foyer,
La chaleur des bals
Et la pluie ruisselante
Sur son visage.
Elle tendait sa main aux passants
Demandant un peu d’argent
Pour se procurer du tabac,
Oublier un instant ses douleurs
Ses cauchemars
Et avec eux les rides des âges
Oh mon dieu, aie pitié d’elle
Et donne lui un peu de couragePlus loin, à l’écart,
Un ivrogne touché par les remords
Ivire mort
Jetté à même les pierres
Armé de peu d’espoir,
D’une bouteille de bierre
Et d’un bouquet de douleurs sauvages.À perte de vue,
S’étendent deux anges
Se nourrissant d’amour,
D’eau fraîche
Et de magnifiques adages.
Se tenant par la main
S’embrasent, s’embrassent,
Et comme deux agnelets,
Ils se frottent et se lèchent .
Soudain, elle sursauta, s’arrêta
Je veux dire la fille
Troublée comme une fauve
Pleine de rage
Fixa l’autre d’un regard fâché,
Le repoussa
Les voilà qui se disputent tout deux
Il paraît qu’il l’avait trahie
Ou qu’il l’avait vixée un peu
Terrible image.Et moi là dedans,
Pauvre de moi,
Je contemple bouleversée l’âme de mon fils
Regagnant l’au-delà
Pour étreindre les plus sereins de cieux
Et les plus beaux des nuages.Enfin,
De froidure,
J’ai traisaillé
J’ai abandonné le banc
Pour d’autres gens,
J’ai levé l’ancre
Et j’ai quitté à jamais
Le lac et ses rivages.
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