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in memoriam: Georges Emmanuel Clancier (1914-2018)

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  • #2662012
    Daniel Dive
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      G.E. Clancier est un écrivain français, poète, auteur de contes e d’essais.

      Il publie en 1956 le premier tome, Le Pain noir, d’une suite romanesque dans laquelle il va raconter, jusqu’en 1961, l’histoire de sa famille maternelle et de sa grand-mère bergère illettrée.
      Le Pain noir sera adapté en 1974 pour la télévision par Françoise Verny et Serge Moati.

      Grand prix de la Société des gens de lettres en 1957
      Prix des Quatre Jurys lui sont attribués en 1958.
      Grand prix de littérature de l’Académie française en 1971.
      Prix Goncourt de la poésie pour Passagers du Temps en 1992.
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      Regards
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      pour Jacqueline

      L’herbe est rompue sur tout le sol,

      Seules les tiges couchées au-dessus de la

      Rivière se prolongent

      Vie offerte aux reflets du ciel

      Sur quoi le temps s’écoule.

      Au bout de mes doigts calmes qui pensent,

      Des visages caressent leur élan passé

      Et, lentement.

      De cette prairie volée, et par delà mes yeux,

      Plus loin que mon regard emporté

      Entre les berges,

      Il naît pour l’attente de ces visages

      Une tendre pulsation

      Vie offerte où s’écoule le ciel.

      II

      Vois cet inconnu marcher dans l’éclat.
      Là où le chemin à peine se devine
      Sur quoi repose ma vie.

      Tes mains et tes désirs le percent

      Mais ne sens-tu pas s’y cogner, déjà, ton cœur ?

      Et la lumière dont il te sourit.

      Bien plus loin,

      À l’horizon de ta présence,

      Si tes yeux

      A coups de cils et de rêves

      En brisent un reflet,

      Ils vont l’aimer

      D’un trop lent amour.

      Cris accrochés aux poussières de ciel qu’entraîne son élan.

      III

      Les hauts de la lande sont à l’autre monde,
      Les hauts du monde,

      Là où le balancement de rêve au sang n’est plus.
      Et c’est la promesse nue

      Celle d’où est tombé le temps comme un anneau de fruits.

      Prendre les routes : la blanche, la dure, la rebondissante,
      Les prendre pour aller où et où ?
      Au dernier ciel après les dernières lignes du ciel,

      Amours, désirs.

      Élargissant la roue, l’anneau de l’explosion.

      Tu seras de soleil.

      Tu seras les milliers de regards

      Humides au visage halluciné du cercle.

      Mais voir

      Il n’y a rien à voir.

      Nœud de serpents, belle étoile marine
      Tu rejailliras aux sources de ton cœur
      Humblement.

      Science sans conscience n'est que ruine de l'?me (Rabelais)
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