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Je me fondis en elle

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Pierre Wattebled, le 25-10-2009 18:54.
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    Pierre Wattebled
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      JE ME FONDIS EN ELLE…

      Ma première rencontre sur les chemins de l’autonomie fut celle d’une ombre au jeu de la lumière de l’astre. Le soleil m’éblouissait, je clignai des yeux, mais voilà c’était dans l’ordre naturel des choses.
      Je ne saurais pas resituer chronologiquement ce premier rendez-vous et mon émoi profond.

      Ce jour là, l’ombre parut insidieusement au détour d’une toiture .Stupéfait, je m’immobilisai. La plus grande perplexité m’envahissant, je sentis tressaillir mes frêles mollets de petit coq. Après quelques secondes j’osai frapper l’ombre du pied. Relever le défi ne supprime pas la peur. L’ombre s’étendait de minute en minute comme si elle avait eu l’intention de me capturer.
      Je n’étais qu’un bambin à ses premiers pas et voilà que déjà le doute me tenaillait. Le cœur battant à tout rompre, je cherchais une issue : affronter ou fuir. En fuyant, j’aurais peut-être pu me mettre hors de danger. En affrontant…Oui, au fond, d’instinct je revendiquais la liberté, pressentais qu’elle s’acquérait en combattant. Alors, je me fondis en elle qui dévorait mon espace. Je fus autrement stupéfait, lorsque m’y trouvant je me sentis si bien. Ma respiration s’apaisa tandis que la lumière réclamait ma présence.

      Une ombre traversa mon esprit enfantin : « Pourrai-je passer maintenant de l’ombre à la lumière ? Je ne pouvais accepter l’ombre d’un doute. ». Aussi redressai-je le menton, puis serrant les dents et les poings je fonçai dans l’autre monde. Super, c’était si facile en fait ! La lumière m’avait séduit, l’ombre m’avait apprivoisé. Et puis l’ombre était si proche de lumière que les deux semblaient inséparables ; il revenait à l’une de me faire briller sous mille feux, à l’autre de me bercer en secret ; quelque chose me suggérait qu’elle aurait pu être le lit des larmes. Pourquoi ?

      Je me souvins brièvement du regard de ma mère, d’une certaine mélancolie qui dominait son sourire tandis qu’après une dernière caresse, elle s’en allait fermer les volets de ma chambre.
      Souvent, je me suis demandé si l’ombre où sombraient mes paupières pouvait effacer son chagrin.
      Au fond, déjà, j’imaginais la faire passer de l’ombre à lumière. J’aurais voulu bannir toutes ses craintes.

      Pierre WATTEBLED

      le 25 octobre 2009 😆

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