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LA ROSE DE LOUVENCIENNES

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par grodele, le 10-09-2019 20:42.
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    Sujet
  • #2669369
    Plume de diamant
    ★★★★★★
    cyrael
      • Sujet: 4849
      • Réponses: 48873

      La Rose de Louveciennes

      Ces beaux arbres, témoins de tant d’amours anciennes,
      Qui fléchissaient, chargés du poids des jours sans fin,
      Respirent, rajeunis, ton arome divin,
      Ô Fleur, vivante Fleur, Rose de Louveciennes !

      Sous leur ombre un Poète immortel a chanté
      Dont ils gardent encor la mémoire pieuse.
      N’entends-tu pas errer cette âme harmonieuse
      Comme un battement d’aile autour de ta beauté ?

      Ah ! s’il pouvait renaître à la clarté bénie,
      Mieux que les noms charmants qui lui furent si chers,
      Il ferait resplendir dans l’or pur de ses vers
      Ton doux nom florentin sacré par son génie !

      LECONTE DE LISLE

      Le Lac

      Charles Leconte de Lisle

      C’est une mer, un Lac blême, maculé d’îles
      Sombres, et pullulant de vastes crocodiles
      Qui troublent l’eau sinistre et qui claquent des dents.
      Quand la nuit morne exhale et déroule sa brume,
      Un brusque tourbillon de moustiques stridents
      Sort de la fange chaude et de l’herbe qui fume,
      Et dans l’air alourdi vibre par millions ;
      Tandis que, çà et là, panthères et lions,
      À travers l’épaisseur de la broussaille noire,
      Gorgés de chair vivante et le mufle sanglant,
      À l’heure où le désert sommeille, viennent boire ;
      Les unes en rasant la terre, et miaulant
      De soif et de plaisir, et ceux-ci d’un pas lent,
      Dédaigneux d’éveiller les reptiles voraces,
      Ou d’entendre, parmi le fouillis des roseaux,
      L’hippopotame obèse aux palpitants naseaux,
      Qui se vautre et qui ronfle, et de ses pattes grasses
      Mêle la vase infecte à l’écume des eaux.
      Loin du bord, du milieu des roches erratiques,
      Solitaire, dressant au ciel son large front,
      Quelque vieux baobab, témoin des temps antiques,
      Tord les muscles noueux de l’immuable tronc
      Et prolonge l’informe ampleur de sa ramure
      Qu’aucun vent furieux ne courbe ni ne rompt,
      Mais qu’il emplit parfois d’un vague et long murmure.
      Et sur le sol visqueux, hérissé de blocs lourds,
      Saturé d’âcre arome et d’odeurs insalubres,
      Sur cette mer livide et ces îles lugubres,
      Sans relâche et sans fin, semble planer toujours
      Un silence de mort fait de mille bruits sourds.

      Charles Leconte de Lisle,

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