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Stéphane Mallarmé Poésies (l 887)
Ce célèbre sonnet nous présente un autre cygne (signe)… ici aucune recherche de description plastique de l’animal mais plutôt, dans cette blanche nudité qui tend vers l’abstraction, l’évocation d’une autre plume…
Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fuiUn cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligé à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris,Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.Raymond Queneau
Le liège, le titane et le sel aujourd’hui
Vont ils nous repiquer avec un bout d’âme ivre
Ce mac pur outillé que tente sous le givre
Le cancanant gravier des coqs qui n’ont pas fuiUn singe d’ocre loi me soutient que c’est lui
Satirique puis qui sans versoir se délivre
Pour n’avoir pas planté la lésion où vivre
Quand du puéril pivert a retenti l’ennui
Tout ce porc tatouera cette grande agoniePar l’escale intimée au poireau qui le nie
Mais non l’odeur du corps où le curare est pris
Grand pôle qu’à ce pieu son dur ébat assigne
Il cintre, ô cytise, un bonze droit de mépris
Que met parmi le style obnubilé le CygneBizarre. n’3.2 33, éd. J J. Pauvert, 1964
Ce poème est une variation musicale :il ne conserve que les voyelles du poème de Mallarmé (poème isovocalique)
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