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Sujet
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J’aurais voulu construire un pont pour nos deux rives, un pont de mots pour relier nos univers mentaux. J’aurais voulu abandonner les rochers des cordillères, pour retrouver la vie et la regarder avec tes yeux, ô mon lecteur.
Je suis las de lutter avec l’ombre, les ponts de neige qui piègent. Il me faut des couleurs océanes pour illustrer mes poèmes. Le vent a trop soufflé de neige et la page peut se vider et se perdre sans le moindre pont ; il y a bien sûr la barque du passeur sans retour.
Mais toi qui lis mes poésies tu m’imagines tranquille au coin d’un feu pensant la belle vie ; j’ai appris mon existence sur les branches de l’araucaria et la bise sifflait dans mes oreilles ; le bâton des aveugles ou de ceux que la route fatigue était mon compagnon.
Peut-être qu’à défaut de pont, peut-on trouver un gué ? J’ai souvent remonté le cours du fleuve jusqu’à la première source pour chercher dans le scintillement de l’eau une image neuve et te l’apporter.
J’ai buté souvent sur les mystères du sphinx au féminin principalement. J’’aimais ce qui était humain comme la vie, et des yeux translucides. C’est par là que tout passe m’a dit un jour le joueur de lyre qui ne voyait plus le soleil briller ni celle que son regard lui avait dérobé.
Les choses ne peuvent être autrement que ce qu’elles sont puisque nous nous sommes rencontrés dans ce monde afin que je comprenne combien tu m’avais manqué, lecteur. Je ne peux plus rester aveugle de toi puisque nous allions malgré tout à la rencontre de l’un et de l’autre par à un carrefour de hasards.Le chant de vie du rossignol, veillait avec ses yeux d’aveugle sur les statues des acropoles.
Mais au plus près du soleil, il t’appartient, lecteur, que l’homme qui s’envole ne tombe pas et la cire ne soit pas brûlée mais fonde comme du miel.
Ainsi va la vie, les légendes et les ponts qui regardent passer le fil du temps.
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