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Le prix du sang et de la douleur

  • Ce sujet contient 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par messager, le 11-03-2022 13:17.
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    Sujet
  • #2691577
    messager
      • Sujet: 33
      • Réponses: 238

      Il reprenait conscience progressivement. Il n’avait aucun souvenir de ce qu’il
      lui était arrivé et, encore plus angoissant, il ne se souvenait plus qui il était !
      Il était juste allongé là, sur l’herbe au milieu d’un paysage paradisiaque.
      Une symphonie de fleurs de toutes les couleurs, éclatantes, au milieu
      d’une prairie parsemée d’arbres portant une multitude de fleurs d’un blanc
      immaculé . Le vert des herbes était intense, tout était d’une luminosité
      éblouissante.
      Il admirait cette splendeur n’en croyant pas ses yeux…
      Mais tel un fondu enchaîne, ce paysage commença à se transformer en un décor
      de dessin animé avec les personnages fétiches de Walt Disney ! :
      Mickey, Minnie, pluto, dingo, les trois petits cochons, le loup et tout d’un coup
      Charlot rentra en scène avec sa démarche rigolote et le mouvement rapide de sa canne.
      Un délire ! Mais cette scène se modifia encore et tous ces personnages devinrent
      effrayants, blêmes, les yeux injectés de sang, leurs membres s’allongeant et se terminant
      par des doigts longs et crochus ! Charlot lui-même devint gigantesque et se mua
      en un horrible spectre. Tous se dirigeaient vers lui menaçants, terrifiants. Les
      arbres eux même étaient devenu squelettiques et se joignaient à l’attaque.
      Terrifié il perdit de nouveau conscience.
      Il se réveilla au milieu d’un paysage apocalyptique constitué d’une plaine aride
      parsemé de blocs rocheux immenses, le tout de couleur rouge sang sous un ciel
      de la même couleur. Alors qu’il se relevait pour contempler le sinistre paysage
      du sang commença à couler du bout de ses doigts, puis de ses yeux, de ses oreilles
      le transformant alors en une fontaine de sang, puis une rivière, un fleuve, un océan
      de sang submergeant tout. Le sang devint alors un acide le rongeant totalement
      lui faisant endurer une douleur indescriptible.
      Il reprit encore conscience, il était une petite fille terrifiée fuyant avec sa famille
      dans un champ, le bruit autour d’elle était assourdissant, des obus explosaient, les balles
      crépitaient, d’un coup toute sa famille fut pulvérisée devant elle et un flot de leur sang
      l’éclaboussa et la brûla comme de l’acide, elle poussa un cri de douleur inimaginable…

      Il était maintenant un canonnier dans ce chasseur bombardier, le ciel était embrasé
      d’explosions, l’avion tentait de se frayer un chemin au milieu d’une nuée d’aéroplanes
      il se trouva alors juste à la hauteur d’un bombardier ennemi, juste en face de la verrière
      de son mitrailleur. Il eu le premier le réflexe de tirer, c’est hallucinant de tirer au canon
      presque à bout portant sur un corps humain ! Celui-là explosa comme une pastèque
      trp mure qui tombe sur le sol projetant sur lui tout ce qui avait été un être humain
      Boyaux, fragments de chair, d’os et un flot de sang qui le fit hurler d’horreur et de douleur.

      Mais il était déjà transporté dans une carcasse d’acier assourdissante, un char au milieu
      de ce qui fut la plus grande confrontation de ces engins démoniaques, il tirait encore et encore
      il faisait mouche à chaque fois et il en était au moins au dixième char ennemi détruit.
      Parfois il voyait un de leurs occupants en flamme tenter de sortir de la tourelle
      achevant de se consumer au sol, déjà mort, si par chance le mitrailleur avait pu
      l’achever. Le bruit était assourdissant, la chaleur insupportable, la sueur coulait
      de son front sur ses yeux irrités qu’il avait du mal à garder ouverts. Soudain il aperçut
      sur sa gauche, mais trop tard , un char ennemi qui avait réussi à s’approcher tout près !
      Trop près…
      Le blindage épais de son char le protégeait de tirs ennemi portés à une distance de plus
      500 mètres, mais pas là à 50 mètres ! Il n’eut pas le temps de tourner la tourelle
      suffisamment tôt , elle explosa sous le tir ennemi,et il sentit qu’une partie de son visage
      était arraché juste avant d’être recouvert de son sang et de s’embraser, la douleur était infernale

      Il se retrouva fantassin sur un autre champ de bataille, la terreur au ventre essayant
      de s’abriter derrière les cadavres de ses copains déjà pulvérisés par la mitraille mais
      au moment où il se relevait un peu pour tirer, il fut cisaillé par les balles d’une mitrailleuse
      en face dont le serveur guettait sa sortie depuis un moment. Une dernière pensée désespérée
      pour ses enfants, sa femme avant d’être submergé de douleur .

      Il devient alors un enfant avançant nu comme sa maman dans une file
      constituée de vieillards, de femmes et d’enfants comme lui.
      Il serrait bien fort la main de sa maman qui était blême… Des hommes en uniformes
      vociférant frappaient à coups de crosse ceux qui n’avançaient pas assez vite.
      Parfois ceux ci tombaient par terre et ces hommes méchants » leur tiraient dessus.
      Un grande porte s’ouvrit devant eux, ils furent obligés d’entrer dans une salle sans fenêtres
      mais il fut réconforté d’y voir des douches ! Peut-être n’étaient ils pas si méchants que cela
      après tout …
      La porte se referma, mais curieusement il n’y avait pas d’eau sortant des pommeaux
      mais un sifflement et une sorte de fumée verdâtre …
      Ses poumons commençaient à le piquer très fort, il suffoquait dans les bras de sa maman
      qui pleurait, les cris… La douleur était effroyable… Dans un dernier souffle il cria
      « Maman… ».
      Les effroyables expériences se succédèrent sans répit …
      Il vécut, et il vit encore des millions de fois, des centaines de millions de fois
      la douleur physique et morale de tous ceux qu’il avait plongé dans l’horreur :
      les morts, mais aussi les blessés, les infirmes, leurs familles encore vivantes
      mais accablés de douleur morale, d’amours brisés, de peines infinies.

      Oui Adolf ce sera très long, presque une éternité , un océan de sang et de douleur
      à endurer encore …

      ( Dédié à un de ses dignes sucesseurs … et bien d’autres ).

      Messager

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      • #3364910
        Sybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 5464
          • Réponses: 79667

          Bonsoir Michel,

          Ravie de ton retour parmi nous toutes et tous!

          Un récit magnifiquement écrit et terriblement poignant retraçant toutes les horreurs de la dernière guerre mondiale perpétrées par Hitler !

          J’ai été très émue en te lisant !

          Belle soirée cher ami poète !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3365050
          messager
            • Sujet: 33
            • Réponses: 238

            Merci Sybilla, les événements actuels m’ont fait penser
            à ce texte qui s’applique à tous les tyrans sanguinaires.

            Amitiés.

            Michel

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