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Le Ricochet…nouvelle forme créée par Mr Michel O (alias mimi)

  • Ce sujet contient 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Sybilla, le 28-09-2022 21:16.
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    Sujet
  • #2634854
    Mascotte d'Oasis
    Marie-Thérèse H.
      • Sujet: 1727
      • Réponses: 26263

      ♦Le « ricochet » est une forme nouvelle, créée par Mr Michel Ó (alias Mimi).

      II-Appellation et définition

      ♦ Dans sa première acception, le mot « ricochet » signifie :« Bond ou rebond que fait un caillou léger et plat lancé par jeu presque horizontalement à la surface de l’eau. » //CNRTL/TLF

      ♦ Nous avons convenu d’appeler cette forme : « Ricochet » vu le « rebondissement », à intervalles prédéfinis, des premiers vers de chacune des deux strophes qui composent la pièce.

      ♦ Pas de thème spécifique.

      III- Structure globale

      A ♦ Ricochet simple (1 seul refrain → les deux premiers vers)

      1• Deux dizains (2 strophes de 10 vers chacune) de même structure.
      2• Reprise des deux premiers vers après deux vers nouveaux.
      3• Chaque strophe se bâtit sur trois rimes : S1 → A,B et C puis S2 →D, E et F.
      4• Disposition des rimes dans S1 => AABBA’A’CCA »A »
      5•A’A’ et A »A » sont les deux reprises intégrales des deux premiers vers AA
      6• Premier vers masculin →MMFFM’M’FFM »M »
      7• Premier vers féminin → FFMMF’F’MMF »F »
      8•Disposition des rimes dans S2 => DDEED’D’FFD »D »
      9• Le premier vers D doit être de genre oppsosé à celui du dernier vers de la première strophe ; en d’autres mots, l’alternance des rimes au passage de la première à la seconde strophe est obligatoire ; d’où les deux formules suivantes :
      ☺MMFFM’M’FFM »M » – FFMMF’F’MMF »F »
      ☺FFMMF’F’MMF »F » – MMFFM’M’FFM »M »
      10• Tous les mètres sont bons :
      ☺En vers isométriques → pairs ou impairs ; le poète est libre de choisir la mesure. (Voir essai 1 )
      ☺En vers sur deux mètres → Le poète a le choix d’écourter les deux vers repris (AA) ou les autres (BB et CC) , d’où deux possibilités :
      ☺ aaBBaaCCaa – eeFFeeGGee → (Voir essai 2)
      ☺ AAbbAAccAA – EEffEEggEE → (voir essai 3)
      ☻Le premier vers de la seconde strophe doit être de genre opposé à celui du dernier vers de la première strophe.

      B♦ Ricochet double (2 refrains → les quatre premiers vers, 2 à 2)

      1• Deux douzains (2 strophes de 12 vers chacune) de même structure.
      2• Reprise des quatre premiers vers, selon la formule indiquée au 7ème point ci-dessous.
      3• Chaque strophe se bâtit sur quatre rimes : S1 → A,B,C et D ; S2 → E, F, G et H
      4• Disposition des rimes dans S1 : AABBA’A’CCDDB’B’
      ☺ Premier vers masculin → MMFFM’M’FFMMF’F’
      ☺ Premier vers féminin → FFMMF’F’MMFFM’M’
      5• Disposition des rimes dans S2 : EEFFE’E’GGHHF’F’
      6• Le premier vers E doit être de genre oppsosé à celui du dernier vers de la première strophe ; en d’autres mots, l’alternance des rimes au passage de la première à la seconde strophe est obligatoire :
      ☺ AABBA’A’CCDDB’B’ – EEFFE’E’GGHHF’F’ ( avec E de genre opposé à celui de B=B’ ) ; d’où les deux formules suivantes :
      ☺ MMFFM’M’FFMMF’F’ – MMFFM’M’FFMMF’F’
      ☺ FFMMF’F’MMFFM’M’ – FFMMF’F’MMFFM’M’
      7• Notons (d) pour distique (deux vers qui se suivent), on a la formule :
      ☺ d1- d2 – (d3=d1) – d4 – d5 – (d6=d2)
      → Le premier distique (d1) est repris après un seul distique.
      → Le second distique de la pièce est repris après trois distiques et clôt la strophe.
      8• Tous les mètres sont bons :
      ☺ En vers isométriques → pairs ou impairs ; le poète est libre de choisir la mesure. → ( Voir essai 4 )
      ☺ En vers sur deux mètres → Le poète a le choix d’écourter (AA) ou (BB) puis vers longs et vers courts vont s’alterner ; ce qui donne (en notant LL pour deux vers longs et cc pour deux vers courts) :
      ☺ccLLccLLccLL → aaBBaaCCddBB – eeFFe’e’GGhhF’F’ → 6 vers longs et 6 vers courts dans chaque strophe → (voir essai 5)
      ☺LLccLLccLLcc → AAbbAAccDDbb – EEffE’E’ggHHf’f’ → 6 vers longs et 6 vers courts dans chaque strophe → (voir essai 6)

      IV-Essais

      ☼ Ricochets simples (en deux dizains) :

      ♣ Essai 1 : AABBAACCAA (vers isométriques)

      Pour des gerbes de mots

      Ai-je vécu cent mille ans pour avoir
      Ce faix si lourd sur le dos, par devoir ?
      La plume en main, je cours monts et vallées,
      Pour des gerbes de mots, inégalées.
      Ai-je vécu cent mille ans pour avoir
      Ce faix si lourd sur le dos, par devoir ?
      La lyre m’asservit ; elle m’attelle,
      Tribart au cou, pour la rime immortelle.
      Ai-je vécu cent mille ans pour avoir
      Ce faix si lourd sur le dos, par devoir ?

      Labourer, désherber à perdre haleine,
      Arroser de mes pleurs la bonne graine :
      Voilà ce qu’elle veut, pour voir fleurir
      Ses beaux jardins. Je dois alors souffrir,
      Labourer, désherber à perdre haleine,
      Arroser de mes pleurs la bonne graine…
      Ayant juré d’être bon serviteur,
      Je me donne en entier à mon labeur :
      Labourer, désherber à perdre haleine,
      Arroser de mes pleurs la bonne graine…

      ♣ Essai 2 : aaBBaaCCaa (sur deux mètres, les deux premiers vers courts)

      Poésie éternelle

      Ta voix, Lyre, est un chant divin
      Dont mon âme en pleurs fait son vin
      Pour planer dans ton ciel à la clarté sereine
      Où trône pour toujours la Rime souveraine.
      Ta voix, Lyre, est un chant divin
      Dont mon âme en pleurs fait son vin :
      Seule liqueur prisée en cet ignoble monde
      Préférant le vertige à l’ivresse profonde.
      Ta voix, Lyre, est un chant divin
      Dont mon âme en pleurs fait son vin.

      Et chaque soir, j’entends les muses
      Fredonner l’air que tu diffuses
      A tout vent pour servir aux amoureux des vers
      L’élixir les prenant vers ton bel univers.
      Et chaque soir, j’entends les muses
      Fredonner l’air que tu diffuses,
      Sourire avec, pour éclairer leur firmament
      Etoilé de rubis disposés savamment.
      Et chaque soir, j’entends les muses
      Fredonner l’air que tu diffuses.

      ♣ Essai 3 : AAbbAAccAA (sur deux mètres ; les deux premiers vers longs)

      Coup de foudre

      Un sourire a suffi pour que je m’en éprenne.
      Ce fut l’éclair si doux qui chassa ma déveine.
      Je fis un pas, les bras tendus,
      Parole et souffle suspendus.
      Un sourire a suffi pour que je m’en éprenne.
      Ce fut l’éclair si doux qui chassa ma déveine.
      Je vis rayonner l’univers,
      Un printemps après cent hivers !
      Un sourire a suffi pour que je m’en éprenne.
      Ce fut l’éclair si doux qui chassa ma déveine.

      Pour exalter ses traits, je repris le chemin
      De la lyre d’antan que borde le jasmin.
      Les rimes, comme par magie,
      Sortirent de leur léthargie.
      Pour exalter ses traits, je repris le chemin
      De la lyre d’antan que borde le jasmin ;
      Mais les mots eurent l’air si pâles
      Face à ma rose aux frais pétales.
      Pour exalter ses traits, je repris le chemin
      De la lyre d’antan que borde le jasmin.

      ☼ Ricochets doubles en deux douzains

      ♣ Essai 4 : AABBAACCDDBB (vers isométriques)

      Vie sans amour n’est rien.

      Tes yeux sont beaux ; certes, mais sans amour
      Terne est leur lumière. O lune de jour
      Dont le cœur est épris à la folie,
      Je viens dissiper ta mélancolie !
      Tes yeux sont beaux ; certes, mais sans amour
      Terne est leur lumière. O lune de jour,
      L’ombre cernant ton regard me taillade
      L’âme ; j’en meurs ! Sens-tu que ton œillade
      N’a rien de cet éclair qui fait frémir
      Des cils aimants. Par la lyre d’Emir
      Dont le cœur est épris à la folie
      Je viens dissiper ta mélancolie !

      Un sourire à la vie, un rire, un chant
      Dès l’aube, un air serein dès le couchant,
      Tels sont les armes qui, je t’en exhorte,
      T’ouvriront, du bonheur, la noble porte.
      Un sourire à la vie, un rire, un chant
      Dès l’aube, un air serein dès le couchant,
      Voilà ce qui rendra leur digne grâce
      A tes yeux flous dont le chagrin vorace
      Noircit les rais. Aimer, verbe divin,
      Chérir aussi, te dirait le devin,
      Tels sont les armes qui, je t’en exhorte,
      T’ouvriront, du bonheur, la noble porte.

      ♣ Essai 5 : AAbbAAccDDbb (sur deux mètres)

      Soir terrible

      T’en souviens-tu de ce soir sans lumière ?
      Le bourg n’était qu’un géant cimetière
      Englouti dans les eaux du ciel
      Au grondement démentiel.
      T’en souviens-tu de ce soir sans lumière ?
      Le bourg n’était qu’un géant cimetière.
      La nue avait, sur les tombeaux,
      Déployé ses aqueux lambeaux.
      Plus de courant ! On recourut au cierge
      Dans notre abri, planté loin de la berge,
      Englouti dans les eaux du ciel
      Au grondement démentiel.

      La grêle lapidait les toits de tôles
      Qui grinçaient en pissant dans les rigoles
      Qui cernaient les murs nous couvant
      En ce temps où beuglait le vent.
      La grêle lapidait les toits de tôles,
      Qui grinçaient en pissant dans les rigoles
      Qui ne furent d’aucun secours.
      Les flots montaient. Préaux et cours
      N’étaient plus qu’un étang de glus vaseuses
      Seules tenaient les grilles épineuses
      Qui cernaient les murs nous couvant
      En ce temps où beuglait le vent.

      ♣ Essai 6 : aaBBaaCCddBB (sur deux mètres)

      A quand la délivrance ?

      O Ciel, délivre-moi de l’infortune
      Où m’ont plongé les ans, loin de ma brune
      Qui, jadis, irriguait mon cœur de rimailleur
      Aujourd’hui desséché, fané telle une fleur.
      O Ciel, délivre-moi de l’infortune
      Où m’ont plongé les ans, loin de ma brune
      Dont le regard mettait en banle mon esprit
      Adorant exhumer, de tout vieux manuscrit,
      Les mots si purs de la lyre enjôleuse
      Pour vénérer cette encre glorieuse
      Qui, jadis, irriguait mon cœur de rimailleur
      Aujourd’hui desséché, fané telle une fleur.

      O Ciel, toi seul entends pleurer mon âme
      Dont l’infecte souffrance éteint la flamme ?
      Chaque jour qui s’en va la défait d’un lambeau,
      Lui promettant l’Eden à l’ombre d’un tombeau.
      O Ciel, toi seul entends pleurer mon âme
      Dont l’infecte souffrance éteint la flamme ?
      L’arme des vers ne peut faire face aux essaims
      Des maux dévastateurs brûlant tous mes desseins.
      A l’atroce douleur plus rien n’obvie
      J’ois sangloter sans fin ma pauvre vie.
      Chaque jour qui s’en va la défait d’un lambeau,
      Lui promettant l’Eden à l’ombre d’un tombeau.

      Nous créerons d’autres variantes au fil des jours.

      Tendresse à l’amour !

      Il est un mot qu’on ne dit plus d’une pudeur
      On se sent ridicule en y pansant son cœur
      Nous en faisons tout un mystère
      Tournant autour quelle misère !
      Il est un mot qu’on ne dit plus d’une pudeur
      On se sent ridicule en y pansant son cœur
      Il est si simple à dire « je t’aime »
      L’amour s’effritant devient blême
      Il est un mot qu’on ne dit plus d’une pudeur
      On se sent ridicule en y pansant son cœur.

      Dès lors il résonne éphémère
      Du temps, une saveur amère
      Est ce tant la pudeur qu’on en oublie un mot !
      Quand le cœur ridicule y pense en cet écho.
      Lorsqu’il vit même en sa tendresse
      «Tu l’aimes !» Seul revient l’ivresse
      Est ce tant la pudeur qu’on en oublie un mot !
      Quand le cœur ridicule y pense en cet écho.
      D’un bel écho ce mot « je t’aime »
      Semant l’amour comme un poème.

      AAbbAAccAA – EEffEEggEE

      Variante un ricochet iambique : aAbBaAcCdDbB -eEfFeEgGhHfF

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