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[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=1559859497481310892ChemindesDames19171.jpg]
[/url](Le Chemin des Dames – 1917)
Or nous repassions sur la Vesle
Après six semaines deux mois
A huit cents mètres de Couvrelles
Qui sont ces défunts que l’on voit
Fosses fraîches et croix nouvelles
Arrêtez un peu le convoiCelui-ci je me le rappelle
Il jouait quand le ciel tonna
Pour nous dans le poste aux chandelles
Un petit air d’ocarina
La mort qui vint à tire-d’aile
Entre ses doigts le terminaCet autre enfant triste et frêle
S’agenouillait au bord de l’eau
Quand son âme a joué la belle
Comme de sa cage un oiseau
Et le tampon du colonel
L’a ramassé dans les roseauxMais l’inscription que dit-elle
Je lis et je ne comprends plus
C’est pourtant mon nom que j’épelle
J’ai-t-il mal vu j’ai-t-il mal lu
Si c’est ma demeure mortelle
Qui dort au pied de ce talusLe coeur muet les yeux au ciel
Depuis six semaines deux mois
Dans la terre au bord de la Vesle
A l’ombre d’une croix de bois
A huit cents mètres de Couvrelles
Quel est celui qu’on prend pour moi(Le 6 août 1918, Aragon, étudiant en médecine, avait été déclaré mort à Couvrelles, sous une pluie d’obus. Quelques jours plus tard, il découvre avec stupeur qu’une croix porte son nom..).
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=477085ableuet1.jpg]
[/url]Ouvrez l'oreille, chaque mot poss?de un coeur qui bouge. (Nimier)
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