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Le sonnet à Kyrielle …

  • Ce sujet contient 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Marie-Thérèse H., le 18-06-2022 06:06.
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    Mascotte d'Oasis
    Marie-Thérèse H.
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      Le sonnet à Kyrielle Sonnkyr-399b035

      I?Définition du mot : Kyrielle

      • En versification une kyrielle est la répétition d’un même vers en fin de chaque strophe, comme dans la Ballade* et le chant royal*.

      *Voir « La ballade des pendus » de François Villon (1431-1463 ?) , où toutes les strophes se terminent par ce vers :
      « Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre! »
      Wikipedia

      *Voir « Le chant royal de l’arbre de vie » de Guillaume Crétin (1460-1525), où toutes les strophes se terminent toutes par ce vers :
      «L’arbre de vie en tout temps bien gardee.»
      Wikipedia

      •« La rime kyrielle consiste à répéter un même vers à la fin de chaque couplet.» Th. de Banville, dans Petit traité de poésie française

      II?Structure

      ? Le sonnet à kyrielle est surtout cultivé « à l’anglaise »; il se bâtit à partir d’un sonnet simple anglais. Il est dit  » sonnet à écho ».

      ? Puisque la rime kyrielle consiste à finir les strophes d’un poème par un même vers, comme dans la ballade et le chant royal, on peut composer des sonnets à kyrielles, à la française, en prenant comme base des sonnets tradtionnels réguliers ou irréguliers (en quatre strophes compactes).

      III?Formule

      1•A partir de sonnets réguliers de forme marotique
      a-Quatrains identiques à rimes embrassées :
      ?ABBA’ – ABBA’ – CCA’ – DDA’
      ?mffm’ – mffm’ – ffm’ -ffm’
      ?fmmf’ – fmmf’ – mmf’ – mmf’
      b-Quatrains identiques à rimes croisées
      ?ABAB’ -ABAB’ – CCB’ – DDB’
      ?mfmf’ – mfmf’ – mmf’ – mmf’
      ?fmfm’ – fmfm’ – ffm’ – ffm’

      2•A partir de sonnets irréguliers avec tercets marotiques
      a-Quatrains différents à rimes embrassées
      ?ABBA’ – A’CCA’ – DDA’ – EEA’
      ?mffm’ – mffm’ – ffm’ – ffm’
      ?fmmf’ – fmmf’ – mmf’ – mmf’
      b-Quatrains différents à rimes croisées
      ?ABAB’ – CBCB’ – DDB’ – EEB’
      ?mfmf’ – mfmf’ – mmf’ – mmf’
      ?fmfm’ – fmfm’ – ffm’ – ffm’

      ? Note : La forme française ne peut convenir vu que le troisème vers du premier tercet doit être médian dans le dernier tercet.

      •Résumé : 4 formules possibles

      1?ABBA’ – ABBA’ – CCA’ – DDA’
      2?ABAB’ – ABAB’ – CCB’ – DDB’
      3?ABBA’ – A’CCA’- DDA’ – EEA’
      4?ABAB’ – CBCB’ – DDB’ – EEB’

      IV?Premiers essais par M ZEÏD

      ? Essai 1 selon la première formule :
      ?ABBA’ – ABBA’ – CCA’ – DDA’

      Sanglots d’un pâtre.

      Un vieux berger fait pleurer son flûteau
      Sous un poirier qui souffre la colère
      Du soleil d’août tarissant la rivière.
      La nature se vêt d’un noir manteau.

      Chèvres et boucs, au fond du boqueteau,
      Rongent les troncs au bois mort, ô misère !
      En ce bled nu, la vie est un calvaire.
      La nature se vêt d’un noir manteau.

      Le vent du soir vient soulever la cendre
      Des brûlis que l’on voit, au ciel, s’épandre.
      La nature se vêt d’un noir manteau.

      Pas une voix ! Seuls les pleurs en cadence
      Du chevrier, déchirent le silence.
      La nature se vêt d’un noir manteau.

      ? Essai 2 selon la deuxième formule
      ?ABAB’ – ABAB’ – CCB’ – DDB’

      Déveine d’un rimeur

      La nuit vient étaler ses ténèbres pleureuses
      Sur le hameau tapi dans le bois frissonnant
      De tout son noir feuillage aux larmettes cendreuses.
      Le rimeur met en vers son guignon de manant.

      Sa bougie, en témoin de ses ardeurs fiévreuses,
      Laisse couler ses pleurs en un ru consternant
      Et sa plume vomit ses phrases filandreuses.
      Le rimeur met en vers son guignon de manant.

      O vie, aux uns tu sers du miel de bonne ruche
      Aux autres, c’est du fiel visqueux à pleine cruche.
      Le rimeur met en vers son guignon de manant.

      N’as-tu pas, pour ce cœur, un zeste de tendresse ?
      N’as-tu pas, pour cette âme, une douce caresse ?
      Le rimeur met en vers son guignon de manant.

      ? Essai 3 selon la troisième formule
      ?ABBA’ – ACCA’- DDA’ – EEA’

      Epitaphe

      Sur marbre noir, en lettres d’or, on lit ces mots :
      « Ci-gît l’un des fakirs qui dut priser la lyre
      Des chantres qu’il aimait de tout cœur, au délire.
      Paix pour son âme ayant souffert un tas de maux! »

      Qui vient se recueillir, doit ses sacs lacrymaux
      Vider sur les cailloux amassés sur la tombe
      Couvant ses os près du bosquet qui la surplombe.
      Paix pour son âme ayant souffert un tas de maux!

      Sa muse en deuil ne descend plus sur cette terre
      Où son serin a dû, sous les pierres, se taire.
      Paix pour son âme ayant souffert un tas de maux!

      Pleurez, chers troubadours et vous nobles aèdes !
      Le séjour ici-bas n’est fait que de nuits laides.
      Paix pour son âme ayant souffert un tas de maux!

      ? Essai 4 selon la quatrième formule
      ?ABAB’ – ABAB’ – CCB’ – DDB’

      Cavaliers maudits

      Je vous maudis, rejetons de malheur !
      Vous avez amoindri mon appétence
      Mystique en dégradant toute vigueur.
      Aux enfers, cavaliers de la souffrance !

      Vos lances ont occis, tôt, mon ardeur.
      Pour me priver des gaîtés de jouvence
      Vos espadons m’ont transpercé le cœur
      Aux enfers, cavaliers de la souffrance !

      Point de répit, vous sillonnez mon corps
      Sur vos pernicieux chevaux sans mors.
      Aux enfers, cavaliers de la souffrance !

      Un soir, la mort viendra me délivrer
      De vos sabots, pour ma paix recouvrer.
      Aux enfers, cavaliers de la souffrance !

      V?Variantes

      •Les formules (2) et (4) peuvent donner lieu à quatre formules pour composer sur deux mètres :
      2/1?AbAb’ – AbAb’ – CCb’ – DDb’
      2/2?aBaB’ – aBaB’ – ccB’ – ddB’
      4/1?AbAb’ – CbCb’ – DDb’ – EEb’
      4/2?aBaB’ – cBcB’ – ddB’ – eeB’

      ? Un essai

      Combat contre la mort.

      -« De l’eau, dus-je crier, tel un fou que l’on bat.»
      Les autres ne m’entendaient guère.
      On m’avait allongé sur un mauvais grabat.
      La mort rôdait dans la clairière.

      Je la perçus, faux à la main, prête au combat.
      -« A boire, Sah, je suis en guerre ;
      Elle est là celle qui, tous, un jour nous abat ! »
      La mort rôdait dans la clairière.

      Une main se posa sur mon front tout mouillé
      De sueur, puis j’ouïs un mot fort embrouillé.
      La mort rôdait dans la clairière.

      On me tendit un carafon que d’un seul trait
      Je vidai. Mes enfants voyaient mais en retrait.
      La mort rôdait dans la clairière.

      Fiche élaborée par

      Le sonnet à Kyrielle Mz210

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