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Sujet
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L’histoire de fidji ne s’arrête pas au deuxième chapitre de « chatte perdue sans collier ».
Depuis, elle m’a adopté et fait partie de mon environnement, ou je fais partie du sien.
Elle est là tous les matins et une bonne partie de la journée dans le jardin, venant devant
Ma porte et miaulant doucement si je tarde trop. Ce n’est pas qu’une question de croquettes
Elle attend des caresses et une compagnie. Cela me gêne un peu, car elle passe sans doute
Très peu de temps avec sa « maîtresse », qualificatif que je n’aime pas, et, d’ailleurs
Un chat n’a pas de maître, juste un humain autorisé à s’occuper de lui.
Bref, c’est une nouvelle histoire d’amour avec une chatte tigrée, et dieu sait si j’adore
Les chats tigrés.
Cet amour a commencé, il y a bien longtemps dans un petit village du pas de calais
Lozinghem, où résidaient mes grands-parents, enfin, j’ai surtout connu ma grande mère (maternelle)
Mon grand-père nous ayant quittés alors que je devais avoir 4 ans.
Quelques images m’en sont restées malgré tout : Sa démarche glissante, ses pantoufles
Son visage et sa moustache à la Hitler, qui contrastait avec un visage très doux et
Son vieux fauteuil à bras en cuir marron élimé dans un recoin dans la cuisine qui faisait aussi
Office de petit salon.
Je me souviens aussi de ce jour dans la pâture où j’avais tenté de construire un barrage.
En briques, sur la rigole qui se perdait dans le jardin, je devais avoir 3 ans.
Cette rigole était la continuation de celle qui prenait naissance dans une cour intérieure
fermée par un mur, avec une porte donnant sur la pâture. Un petit passage dans ce mur en bas.
À droite, permettait à l’eau de s’écouler et ensuite de se perdre dans l’herbe un peu plus loin.
Pour bien situer le décor imaginez un espace carré délimité a gauche, par une maison en
briques rouges, au fond, par un hangar à toit incliné et sans mur, à droite ,par une petite grange
Avec une réserve de paille en haut, accessible par une échelle en bois et prolongée par une
Buanderie, et pour finir les toilettes ( oui, oui à l’extérieur glagla l’hiver)
Le tout était fermé par le mur décrit plus haut. Donc, tout en étant satisfait de mon
Travail d’architecte et de constructeur d’un magnifique barrage en briques, je n’avais pas
imaginé que mon action discrète entraînerait une montée des eaux en amont dans la cour
Intérieure. Pas d’inondation, mais j’étais démasqué ! Grand père alla voir ce qui obstruait
la rigole et tomba sur le petit chenapan qu’il gronda pour la forme.
Désolé, je me suis un peu éloigné du sujet et mon grand-père disparut de ma vie un an plus tard
Mais pas Ginette la chatte chargée de débarrasser la propriété des rongeurs.
Une vraie chatte de campagne habituée à la vie dure, nourrie de souris et d’un peu de mou
Par ma grande mère. Elle était tigrée et cette dure à cuire savait devenir tendre et se frotter
En ronronnant au petit garçon que j’étais. Nous nous adorions et elle acceptait que je monte
Sur l’échelle pour la voir allaiter ses petits dans la réserve à paille . Un spectacle attendrissant
Qui n’a fait que faire grandir ma tendresse et mon amour pour ces adorables petits félins.
Les années passèrent et Ginette vieillit et ne fut plus là un jour où je revins en vacances chez
Grand-mère. Elle avait gardé un petit, enfin une petite : Tigrette la copie conforme de Ginette.
Le cœur gros, je finis aussi par devenir amoureux de Tigrette, qui, je pense, m’aimait bien aussi.
Les années passèrent et un jour en revenant du Lycée en région parisienne j’appris la
Triste nouvelle : Ma grande mère avait quitté ce monde… Nous partîmes pour Lozinghem
Et nous assistâmes aux obsèques de ma grand-mère bien aimée. Beaucoup de peine, de tristesse.
La maison fut vidée, une page heureuse de ma vie était tournée, un monde que j’aimais
avait disparu et, bientôt, j’allais quitter pour toujours cette maison, ce jardin où j’avais
Passé tant de moments heureux. C’est une histoire que beaucoup d’entre nous ont vécu.
Et cela fait très mal.
Comme je l’ai raconté dans « miroir » je me suis promené une dernière fois dans le jardin
Et le potager. Dans la terre, j’ai vu les empreintes de pas de ma grand-mère, car il n’avait pas
Plu depuis son décès… et évidemment je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer.
De retour à la maison, sur le chemin j’ai vu Tigrette venir vers moi et se frotter à mes jambes.
Je ne sais pas comment elle s’était nourrie ces derniers jours et si elle « avait compris ».
Je m’en suis occupé et j’ai pris la décision de la ramener avec nous en région parisienne
Personne n’aurait pu s’opposer à ma décision.
Elle a vécu ainsi plusieurs années chez nous en banlieue parisienne et ce fut du bonheur pour moi.
Et ma mère. Ainsi, c’était encore un peu de grand-mère qui vivait avec nous.
Elle donna même naissance à des petits et nous avons gardé l’un d’entre eux que j’ai appelé.
Balou, Il était tout noir et il avait des petites touffes de poils blancs Sous les aisselles,
Je l’ai adoré lui aussi et il me l’a bien rendu.
Tigrette et Balou reconnaissaient le bruit de ma moto le soir et m’attendaient derrière le portail.
Des jeux et beaucoup de câlins avec eux.
Tigrette, pour que nous lui ouvrions la porte d’entrée, sautait sur le rebord extérieur d’une petite
Fenêtre de l’entrée constituée de blocs de verre. Voyant sa silhouette de l’intérieur nous lui
ouvrions la porte pour qu’elle puisse rentrer.
Un jour, je dus m’absenter pour une quinzaine de jours et à mon retour aucun de mes chats n’était.
Là pour m’accueillir. Mes parents me dirent qu’ils avaient disparu en même temps un peu après.
Mon départ. Je fus très triste… Sur le rebord de la fenêtre à l’extérieur il y avait encore les traces.
De salissure que tigtette avait laissée avec ses pattes.
Peut-être deux semaines plus tard, Tigette est revenue sur le bord de la fenêtre et ce fut une grande joie !
Mais quelques jours plus tard elle disparut et je ne la revis jamais….Messager
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